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Dysthymie du chien : mon chien est-il bipolaire ?

chien allongé dans l'herbe © Shutterstock

La dysthymie du chien est un trouble de l’humeur. Dans cette affection, l’animal alterne des périodes de grande excitabilité, voire d’agressivité, avec des périodes normales ou dépressives. La dysthymie est une affection psychiatrique rare du chien, proche du trouble bipolaire chez l’humain. Son traitement est difficile.

La rédaction

Publié le

Un chien soudain agressif, bizarre, comme déconnecté de la réalité… Les symptômes de la dysthymie sont particulièrement déroutants. « Je ne reconnais plus mon chien » est souvent la constatation désolée des propriétaires d’un chien bipolaire. Ange ou bien démon ? Et si mon chien était tout simplement bipolaire ?

Origines de la dysthymie du chien

Les causes de la maladie ne sont pas clairement élucidées ; cependant, on suspecte une origine génétique. Cette hypothèse est étayée par le fait que certaines lignées de Cockers sont affectées par ce trouble bipolaire. Cela ne veut pas dire que tous les chiens de race Cocker sont susceptibles de développer une dysthymie, mais seulement ceux ayant un certain ancêtre commun.

La bipolarité se rencontre également dans d’autres races comme :

Chez l’humain, pour lequel l’affection a été mieux étudiée, l’origine génétique de la maladie est fortement suspectée. Cela a été démontré grâce aux études sur jumeaux séparés à la naissance. Si l’un des jumeaux développe un trouble bipolaire, il y a 65 % de risque pour que l’autre en soit également atteint.

Toujours chez l’humain, le mécanisme de la maladie semble être lié à des taux anormaux des différents médiateurs chimiques au niveau du cerveau (Dopamine et sérotonine notamment).

Symptômes du chien bipolaire

La dysthymie canine se caractérise par l’alternance de phases dites productives (l’animal agit) et de phases où le chien a un comportement normal ou dépressif. On parle de dysthymie unipolaire dans le premier cas, et de dysthymie bipolaire dans le second cas. Les symptômes apparaissent en général vers l’âge de 1 à 3 ans.

Cette affection est très comparable à la bipolarité de l’humain qui se manifeste par une alternance d’épisodes maniaques et de périodes de dépression (d’où l’ancienne dénomination de trouble maniaco-dépressif).

Dans la phase maniaque ou productive, les sujets se comportent de façon totalement désinhibée, faisant de grands projets, prenant des risques inconsidérés… Le trouble bipolaire est une pathologie très invalidante dans laquelle on rencontre un fort taux de suicides.

Chez le chien, les symptômes les plus marquants de la dysthymie ont également lieu lors de la phase dite productive. Ils surgissent de façon brutale. Il peut s’agir de :

  • Hyperexcitabilité et hypervigilance : le chien réagit excessivement à des stimuli banaux
  • Boulimie
  • Grognements sans raison
  • Agression soudaine et violente
  • Garde d’objet
  • Stéréotypies (chien qui tourne après sa queue, qui gobe des mouches imaginaires)
  • Mydriase (dilatation des pupilles)

Lors des épisodes dépressifs, l’animal va au contraire dormir beaucoup et se désintéresser de son environnement.

Ce changement brutal et incompréhensible de comportement est particulièrement traumatisant pour les maîtres. Les propriétaires rapportent souvent ne plus reconnaître leur animal ou penser qu’il « devient fou ».

Mais, attention, un chien qui finit sa gamelle en 30 secondes n’est pas forcément bipolaire, mais plus sûrement très gourmand. De même une morsure, aussi surprenante soit-elle, peut avoir bien d’autre cause qu’une dysthymie. Quant au chien qui est toujours hypervigilant, il souffre plus probablement d’un trouble anxieux

C’est l’alternance des phases productives avec des périodes où l’animal est normal ou dépressif qui permet de poser le diagnostic de dysthymie canine.

Traitement de la bipolarité du chien

Le traitement fait appel à des régulateurs de l’humeur comme la sélégiline. Il doit être donné toute la vie de l’animal.

Malheureusement, certains chiens ne sont pas stabilisés par les médicaments. Il faudra alors être très vigilant, notamment en cas d’attaques et de morsures incontrôlées. Il faut bien avoir à l’esprit que ces agressions peuvent être graves et qu’elles ne sont pas le fait d’un chien méchant ou mal éduqué, mais bien celui d’un animal souffrant d’une maladie psychiatrique.

Il est important d’aménager l’environnement d’un chien bipolaire. L’idéal est qu’il ait une vie calme, sans changements brutaux. Il est aussi préférable de disposer d’un espace dans lequel on peut le confiner en cas de crise ou lors de la venue d’enfants à la maison par exemple.

Un chien bipolaire est un animal imprévisible. La dysthymie est une affection psychiatrique, au même titre que le trouble bipolaire ou la schizophrénie chez l’humain, et l’aide d’un vétérinaire comportementaliste vous sera grandement utile pour gérer cette maladie compliquée, mais heureusement fort rare chez nos toutous.

Isabelle Vixège
Dr vétérinaire

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