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Granulome éosinophilique félin : causes, symptômes et traitements

Chat © @Shuttestock Krakenimages.com

Le granulome éosinophilique du chat fait partie d’une entité plus large : le complexe granulome éosinophilique félin (CGEF). C’est une affection dermatologique féline assez fréquente qui se caractérise par des lésions sous formes de plaques ou d’ulcères. Son origine est mal élucidée. Des traitements efficaces existent, mais les rechutes sont courantes.

La rédaction

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Des plaques rouges sur le ventre de votre chat ? Des boutons en ligne sur ses cuisses ? Peut-être souffre-t-il du complexe granulome éosinophilique félin. Ce syndrome cutané est assez courant et apparaît chez le jeune chat. Quoique bénin, il peut retentir fortement sur la qualité de vie de votre animal. Rendez-vous chez votre vétérinaire qui, seul, peut poser le diagnostic avec certitude et proposer un traitement adapté pour votre petit compagnon.

A quoi ressemble le granulome éosinophilique félin ?

Le complexe granulome éosinophilique félin peut se présenter sous 3 formes différentes :

  • Les granulomes éosinophiliques : sorte de petits boutons durs rouges, un peu surélevés, souvent suintants et sans poils. Ils sont parfois groupés en ligne ; on parle d’ailleurs de granulome éosinophilique linéaire. Ils sont fréquents sur la face postérieure des cuisses et peuvent mimer une plaie.
  • Les plaques éosinophiliques : d’un diamètre plus large que le granulome, elles sont souvent multiples et regroupées sur le ventre ou les flancs.

Les chats présentant des granulomes ou des plaques éosinophiliques souffrent généralement de démangeaisons (léchage ou grattage). La surinfection des lésions par des bactéries est fréquente et accentue le prurit.

  • L’ulcère des lèvres ou ulcère atone du chat. Il s’agit d’une lésion de la lèvre supérieure qui forme comme un creux. De couleur jaune à marron, elle ne saigne pas. Quoiqu’impressionnant, l’ulcère atone du chat est non douloureux et non prurigineux. Il peut être localisé au niveau d’un croc ou atteindre toute la lèvre supérieure.

Le complexe granulome éosinophilique félin apparaît généralement chez le jeune adulte (entre 1 et 6 ans).

L’aspect des lésions est assez caractéristique et permet souvent au vétérinaire d’établir un diagnostic. Dans les cas plus douteux, il peut avoir recours à des examens, comme des calques cutanés (examen des cellules au microscope après avoir pressé une lame sur le granulome) ou des biopsies (prélèvement d’un petit bout de lésion sous anesthésie et examen histologique en laboratoire spécialisé).

@Shutterstock vimolsiri.s

A quoi est dû le granulome éosinophilique du chat ?

Le CGEF doit son nom à un type de globules blancs que l’on retrouve dans les lésions : les éosinophiles. Ces globules se situent habituellement dans le flux sanguin, mais ils peuvent parfois sortir des vaisseaux pour gagner des tissus inflammés, en l'occurrence la peau dans le granulome éosinophilique félin. Les éosinophiles seraient plutôt recrutés en cas d’allergie ou de parasitisme. Cette migration des éosinophiles est à l’origine des symptômes caractéristiques du CGEF, mais n’en est pas la cause.

Les causes du complexe granulome éosinophilique félin sont variées et encore mal connues. On suspecte majoritairement un processus allergique, et en priorité une allergie aux piqûres de puces ou de moustiques, une atopie ou une allergie alimentaire.

Une origine génétique est également suspectée.

Cependant, dans certains cas, aucune cause n’est retrouvée. On parle de complexe granulome éosinophilique félin idiopathique.

@Shutterstock Dina da

Comment soigner le granulome éosinophilique félin ?

Le traitement fait appel aux anti-inflammatoires, essentiellement les corticoïdes. On peut les administrer par voie générale ou localement. Malheureusement, on constate souvent des rechutes à l’arrêt des médicaments. De plus, au long cours, les corticoïdes peuvent entraîner des effets secondaires graves chez le chat, comme le développement d’un diabète.

Les cas rebelles peuvent être soulagés par des immunosuppresseurs plus puissants comme la ciclosporine. Cette molécule est assez sûre chez le chat, mais elle est dotée d’un goût amer qui rend parfois sa distribution difficile.

Enfin, en cas de surinfection bactérienne, des antibiotiques sont prescrits. Des antiseptiques locaux qui ne piquent pas, type Biseptine®, peuvent aussi être appliqués sur les lésions.

Les acides gras par voie orale peuvent se révéler bénéfiques grâce à une action anti-inflammatoire et protectrice au niveau cutané.

Si un léchage important est rapporté, une collerette ou un pansement peuvent être mis en place afin d’éviter que le chat n’aggrave ses lésions.

Il est également important d’essayer de découvrir la cause sous-jacente du granulome éosinophilique félin. Cela passe souvent par des essais :

  • Traitement antiparasitaire draconien pendant plusieurs mois pour éliminer une allergie aux piqûres de puces. L’allergie aux puces étant très répandue chez le chat, c’est la première cause à envisager. Si l’animal ne rechute pas grâce à un traitement antiparasitaire bien mené (pipettes, collier ou comprimés voire un mix de plusieurs produits), c’était probablement la cause du complexe granulome éosinophilique félin dans ce cas.
  • Proposition d’un aliment hypoallergénique si on suspecte une allergie alimentaire. L’animal doit être nourri exclusivement avec cette nourriture pendant plusieurs semaines. Cela peut impliquer de l’empêcher de sortir ! En cas d’amélioration, on peut essayer de réintroduire les anciennes croquettes. Si les symptômes réapparaissent, l’allergie alimentaire est très probable.

Dans certains cas, le granulome éosinophilique félin régresse spontanément sans traitement.

Isabelle Vixège

Dr vétérinaire

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