Si votre chat se mord la queue avec insistance, c’est peut-être le signe d’un inconfort physique ou un mal-être psychologique. On connaît tous ce moment où notre petit félin semble "disjoncter" un court instant, mais quand le geste devient répétitif, il faut trouver la raison de ce comportement pour le traiter en conséquence !

Un comportement anodin ou un "quart d'heure de folie" ?
Les chats sont connus pour leur tendance à maintenir une hygiène irréprochable, ils se lèchent, se mordillent les moindres endroits de leur corps. Cette attitude à maintenir un toilettage routinier au quotidien implique qu’ils se mordillent parfois la queue. C’est un comportement tout à fait anodin qui ne devrait pas vous inquiéter.
Si vous avez été témoin au moins une fois du "coup de folie" d’un chat (ce que les anglophones appellent les zoomies), il y a de quoi s’inquiéter au premier abord ! Votre adorable minet se met soudainement à courir et sauter partout comme s'il était poursuivi. C'est sa façon de dépenser un surplus d'énergie. Chez les chatons, se mordre la queue survient souvent lors de ces phases de jeu où il "chasse" cet appendice mouvant qu'il ne semble pas encore totalement identifier comme sien. Son instinct de chasseur fait surface : il vise la pointe, saute dessus et la mordille.
Cela devient inquiétant quand ce comportement se manifeste de manière répétive, compulsive ou frénétique. Outre les blessures qu’il pourrait s’infliger, il est essentiel de faire examiner votre chat par un vétérinaire pour éliminer une cause pathologique.

Blessures, douleurs et problèmes physiques
Le chat est sujet à de nombreux accidents domestiques. Une fracture ou une luxation de la base de la queue peut expliquer pourquoi votre compagnon s'en prend à cette zone. Les écorchures ou les morsures par d’autres chats (fréquentes si votre félin sort) sont aussi des causes courantes de douleur localisée.
D'autres soucis médicaux moins évidents peuvent pousser un chat à se mordiller frénétiquement l'arrière-train :
- Dysfonctionnement au niveau des glandes anales : Si elles sont engorgées, elles provoquent une irritation intense qui pousse le chat à se mordre la base de la queue. Une vidange chez le vétérinaire règle généralement le problème.
- Sensibilité lors des soins : Un chat qui souffre peut se transformer en tigre. S'il grogne, feule, griffe ou mord quand le vétérinaire (ou vous-même) l’examine, c'est souvent un signal de détresse lié à la douleur.
S’il s’agit d’une plaie visible, procédez à une désinfection douce, mais consultez rapidement pour éviter toute infection ou complication osseuse.

Acné, parasites et allergies : quand la peau gratte trop
Si les poils de la queue sont gras, emmêlés, avec des points noirs, il s’agit probablement de l’acné du chat ou du syndrome de la queue de cheval. Ces sécrétions glandulaires trop actives engendrent des irritations, une accumulation de cire et une perte de poils.
Les puces sont également de grandes coupables. Une infestation pousse le chat à se mordre l’arrière-train sans repos. Un traitement à base de produits antiparasitaires est alors indispensable, car même après leur disparition, les démangeaisons peuvent persister.
Enfin, n'oublions pas les allergies (alimentaires ou environnementales). Un chat peut devenir allergique à des croquettes qu'il mange depuis des années ! Un test complet chez le vétérinaire permettra d’identifier avec précision les allergènes en cause.

Votre chat serait-il stressé ou en hyperesthésie ?
Si vous remarquez des ondulations de la peau sur son dos ou des spasmes musculaires quand vous le touchez, votre chat souffre peut-être d'hyperesthésie (une sensibilité extrême). Ce trouble est souvent lié au stress ou à l’ennui.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce mal-être :
- Un passé traumatique : Si vous avez adopté un chat trouvé, il n’a peut-être pas été manipulé tôt. Le contact peut rester un problème pour lui, sauf quand il l'a décidé. Parfois, une peur du contact est simplement le souvenir d'une douleur passée.
- L'agressivité territoriale : Un chat d'appartement peut se sentir acculé s'il n'a pas d'échappatoire. Il peut alors se transformer en tigre face à des visiteurs ou d'autres animaux. Réservez-lui toujours une pièce où il peut se retirer au calme.
- Signaux vocaux : Un chat qui feule fréquemment ou qui miaule et gémit en permanence cherche à exprimer un inconfort.
Pour l'aider, l'usage de phéromones en spray ou en diffuseur peut être très bénéfique pour apaiser l'atmosphère. Enrichir son environnement avec des jeux et des arbres à chats est aussi une excellente solution pour lutter contre l'ennui.

Les autres signes d'appel à ne pas ignorer
Le mordillage de la queue n'est parfois que la partie émergée de l'iceberg. Si vous observez les comportements suivants, le malaise est plus global :
Malpropreté et marquage
La malpropreté fécale ou urinaire est souvent le signe d'une perturbation comportementale ou médicale. Si votre chat urine sur les murs ou les meubles, plusieurs pistes sont à explorer :
- Marquage hormonal : Fréquent si le chat n'est pas stérilisé.
- Stress ou maladie : Une cystite peut rendre le chat malpropre. S'il est stérilisé et urine hors litière, consultez vite, car il est en souffrance.
- Apprentissage : Rappelons que la propreté s'acquiert vers 4 ou 5 mois. Avant cela, des petits accidents sont possibles !
Obsessions alimentaires et griffades
Un chat qui réclame tout le temps de la nourriture, malgré des doses respectées, peut être frustré ou mal rassasié. Certains régimes trop brutaux rendent l'animal irritable. Pensez à des aliments qui augmentent le volume de la ration sans les calories ! De même, s'il fait ses griffes sur votre canapé malgré les griffoirs, c'est qu'il cherche à marquer son territoire de manière plus visible. Placez les griffoirs sur ses lieux de passage stratégiques.
Le cas du chat senior
Le vieux chat qui perd ses repères peut changer brusquement de comportement : il ne dort plus la nuit, gémit, ou semble désorienté. C'est souvent un signe de vieillissement cérébral. Un bilan de santé est conseillé pour déceler d'autres maux liés à l'âge (arthrose, hyperthyroïdie, diabète) qui pourraient le rendre nerveux.
Gardez espoir : 99% des problèmes comportementaux se résolvent avec un peu d'engagement, de patience et un accompagnement adapté. Une solution existe toujours pour rendre le sourire (et la sérénité) à votre petit compagnon ! 🙂
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