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Syndrome du chiot nageur : causes, symptômes et traitements

Un chiot qui souffre du. syndrome du chiot nageur

Un chiot qui souffre du. syndrome du chiot nageur

© © Instagram / puppyrescuemd

Le syndrome du chiot nageur est une maladie rare (environ 2 à 3 % des naissances) et peu étudiée. Elle se caractérise par une impossibilité du chiot à acquérir la marche. L’animal se déplace alors en rampant, pattes écartées sur les côtés. L’origine de la pathologie est génétique et environnementale. Le traitement du syndrome du chiot nageur doit être précoce et fait appel à des soins de nursing attentifs.

Par Isabelle Vixège

Publié le

Il est fort à parier que vous n’ayez jamais entendu parler du syndrome du chiot nageur. Et c’est bien normal puisqu’il concerne des animaux très jeunes, à un âge où ils sont encore auprès de leur maman et loin d’être adoptés. Cependant, les éleveurs, mais aussi les personnes souhaitant faire reproduire leur chienne, doivent être capables de le repérer pour le soigner au plus vite.

Symptômes du syndrome du chiot nageur

Petit rappel ! Les chiens sont une espèce nidicole, c’est-à-dire que les chiots naissent sans moyen de se déplacer et se nourrir seuls et doivent rester un certain temps dans le giron de leur maman. Les bébés chiens ouvrent généralement les yeux au 10ème jour après la naissance. Vers la 3ème semaine de vie, ils commencent à s’asseoir, à se lever puis à marcher.

Le syndrome du chiot nageur est une pathologie qui apparaît vers 2-3 semaines, au moment où le chiot commence normalement à marcher. Les animaux n’arrivent pas à se redresser et restent aplatis au sol, pattes écartées de chaque côté du corps. Les membres postérieurs sont plus fréquemment atteints, mais les 4 pattes peuvent être impliquées. Les chiots se déplacent par des mouvements de reptation qui font penser à la natation, d’où le nom donné à ce syndrome. En anglais, on le nomme aussi flat-puppy syndrome (Syndrome du chiot plat).

Cette position entraîne des déformations au niveau du thorax, des pattes, mais également des problèmes respiratoires ou des régurgitations de lait. Des pneumonies par fausse déglutition peuvent être constatées.

Des radiographies sont susceptibles d’objectiver les anomalies : thorax aplati avec compression des poumons et déplacement du cœur, épaules et coudes écartés, rotules rentrées vers l’intérieur.

Causes du syndrome du chiot nageur

L’origine de ce syndrome rare est encore mal connue. On invoque des problèmes de myélinisation des nerfs, une alimentation trop protéinée de la mère, voire une infection à herpès virus ou une origine génétique…

Une récente étude japonaise (2022) sur un élevage de chiens d’aveugle (Labradors) dans lesquels le syndrome était observé régulièrement (16 cas en 7 ans) a mis en évidence 2 facteurs favorisants intéressants :

  • La taille de la portée
  • Le gain de poids des chiots dans les premiers jours de vie

Outre l’intervention probable de facteurs génétiques, les chercheurs de cette étude estiment que les chiots lourds, grossissant rapidement, et issus de petites portées ont plus de risque de développer le syndrome du chiot nageur. Ces 2 facteurs sont bien sûr liés, les chiots peu nombreux étant plus nourris par la femelle.

Une observation à prendre en compte par les éleveurs. Un chiot unique ou provenant d’une portée peu nombreuse pour sa race a plus de risque d’être atteint du syndrome. Il faudra donc veiller au poids des chiots (qui ne doivent pas être trop gros) et à repérer tout retard à la marche pour mettre en œuvre un traitement précoce.

De nombreuses races semblent prédisposées au syndrome du chiot nageur (qui reste cependant rare) : Bulldog, Beagle, Basset Hound, Teckel, Westie

Il est à noter que ce syndrome peut également toucher les chats.

Traitements du syndrome du chiot nageur

Il s’agit essentiellement de soins de nursing :

  • Placer régulièrement les chiots sur le côté droit ou gauche afin d’éviter l’aplatissement du thorax
  • Leur fournir un sol antidérapant (proscrire le carrelage)
  • Eviter le surpoids
  • Les soutenir avec une ceinture sous le ventre pour les aider à marcher
  • Placer des sparadraps anallergiques pour lier les pattes entre elles et éviter l’écartèlement
  • Masser/bouger les pattes et les coussinets

Le traitement doit être entrepris précocement afin de permettre aux os encore malléables des chiots de reprendre une forme normale.

Dans l’étude japonaise, 15 des 16 chiots atteints étaient nettement améliorés après 1 mois de soins (le 16ème étant décédé d’une autre malformation). Au bout de 2 mois, tous se tenaient debout.

Quoiqu’encore d’origine obscure, le syndrome du chiot nageur semble bien répondre à la modification de facteurs environnementaux et à des soins simples. Un espoir pour ces petits éclopés.

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