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Pourquoi mon chat me réveille-il la nuit ?

Mercredi 10 Janvier 2018 |

C’est un témoignage fréquent du propriétaire de chat : il n’a aucun respect pour votre sommeil. Que ce soit le matin, où il miaule et gratte la porte dès le moindre signe de réveil, vous obligeant souvent à sortir du lit avec de précieuses minutes de sommeil en moins, ou que ce soit au milieu de la nuit, avec un quart d’heure folie qui le pousse à chasser vos orteils sous la couette… l’incompréhension est souvent de mise !

Il est un adage que n’importe quel propriétaire de chat valide sans sourciller : quand on adopte un chat, on vit chez lui ! Et en vérité, c’est un débat pertinent, car d'une certaine manière, le chat n’est pas une espèce domestique.

Le chat : une espèce plus apprivoisée que domestiquée

Et oui : la définition de la domestication implique que l’espèce domestiquée se reproduit dans un environnement humain, sous son contrôle (voire avec une sélection). C’est le cas du chien, et de la majorité des espèces qu’on consomme. Mais assez curieusement, le chat y échappe : en effet, la majorité des reproductions de chats n’ont pas lieu en élevage, mais à l’extérieur. Ils ne sont pas complètement sauvages, dans la mesure où cette reproduction a souvent lieu proche de nous, d’autant qu’ils vivent souvent de nos restes. Mais il n’y a presque aucun contrôle (on a même du mal à maintenir la population de chats en espace urbain).

Donc concrètement, le chat n’est pas une espèce domestique, il s’agirait plus d’une espèce apprivoisée. Et pour le coup, la relation entre l’homme et le chat ne date pas d’hier : elle a plus de 4000 ans. Nous avons depuis longtemps tissé des liens étroits avec cet animal, et nos deux espèces continuent d’évoluer ensemble. Par exemple, le ronronnement, qu’on n’entend presque jamais à l’état sauvage chez les félins, est un formidable outil de communication entre l’homme et le chat, favorisant une interaction positive entre les deux. On peut rapidement théoriser que le ronronnement est une adaptation du chat à l’homme.

C’est donc le premier élément à aborder pour comprendre la relation chat-humain : le chat est un opportuniste, qui profite allègrement du confort de nos maisons et de nos ressources, et en échange, il nous procure une compagnie. Mais au final, le chat sélectionne avant tout un environnement qui lui est confortable pour y vivre.

Un tempérament solitaire, à tendance sociale opportuniste

Et c’est le deuxième point important qui explique le tempérament du chat : c’est une espèce à tendance solitaire.

Contrairement à nous, ou aux chiens, qui sont dits sociaux, le chat à l’état sauvage vit souvent seul. Des études récentes ont montré que les chats peuvent former de petits groupes, notamment quand les conditions de l’environnement sont favorables : beaucoup de ressources alimentaires, de l’espace, des bonnes conditions climatiques vont rendre un chat plus tolérant à la présence d’autres chats. Mais sa tendance majoritaire est d'être indépendant.

chat lit

Cela dit, autant le chat est très délicat vis-à-vis de la présence d’autres chats, autant il montre une certaine tolérance pour l’homme. C’est probablement ce qui a évolué au cours de la relation homme/chat : on a peu à peu sélectionné les chats qui étaient attirés par nous, et au final, on figure pour le chat d’aujourd’hui comme de bons distributeurs à nourriture et caresses. Et c’est ce qui rend cette espèce facilement apprivoisable : même après plusieurs générations dans la rue, un chat qui nait près de l’humain et se retrouve dans un foyer s’y adapte très rapidement.

Et pour le coup, il est même possible de donner des besoins sociaux à un chat au point d’en faire un « chat-chien » : un chaton très manipulé, jamais seul, aura peu cette tendance solitaire qui caractérise les autres chats. C’est pourquoi ils aiment souvent avoir une activité près de nous (même si ça consiste à jouer seul : notre simple présence stimule l’activité naturelle du chat).

Mais tout ceci nous amène à mieux comprendre comment le chat gère ses relations : c’est un solitaire, qui cherche à satisfaire ses besoins avant tout. C’est tout l’inverse du chien (ou d’autres espèces sociales comme nous), qui pour se sentir bien, a besoin de se sentir entouré, et fera tout pour que son entourage se sente bien également.

C’est pourquoi on ne peut pas parler de hiérarchie chez le chat. Dans la mesure où il fait toujours passer ses besoins avant tout, il ne reconnaîtra aucune forme d’autorité, et ne sera pas en mesure de se soumettre. A l’inverse, il ne domine pas non plus : si vous avez le sentiment qu’il fait la loi, c’est parce que vous vous souciez de ses besoins et y répondez, mais pas lui.

Il n’est donc pas possible d’éduquer un chat sous la contrainte. Le renforcement positif a beaucoup de succès par contre, mais il faut trouver ce qui va faire plaisir au chat, car il ne se contentera pas de vouloir nous faire plaisir ! Autrement dit, le chat n’est pas du tout empathique. C’est finalement logique qu’une espèce à tendance solitaire ne soit pas amenée, dans son comportement inné, à faire d’effort pour satisfaire autrui !

Attention, cela ne veut pas dire qu’il ne perçoit pas les émotions : le chat reconnait une personne en colère par exemple. Mais ça veut dire qu’il fait attention aux émotions des autres uniquement pour ce que ça implique pour lui : il évitera un humain en colère car plus effrayant, mais il ne se souciera pas de ce qui cause la colère…

Le chat : une espèce diurne et nocturne

Ce qui nous amène enfin à parler de la situation qui nous intéresse. On comprend mieux maintenant pourquoi le chat nous dérange sans scrupule : en réalité, il n’a donc pas du tout conscience de déranger. Il vit sa vie de chat normalement sans même se poser cette question.

chat jeu

Le chat vit chez nous en exprimant ses besoins, et ils sont très différents des nôtres. Dans la nature, l’activité de chasse occupe le chat littéralement jour et nuit. C’est une activité à plein temps qu’il fait dès le réveil, de manière opportuniste également : il parcourt son domaine de vie, et à l’occasion d’une proie qui passe devant lui, il saute dessus.

A la maison, cela se traduit par le jeu. Le jeu est l’activité du chaton qui lui apprend à chasser, et dans une maison où la nourriture arrive sans effort, il ne reste que ça pour occuper la journée ! Cela remplace donc la chasse, et les phases de jeu se déclenchent un peu en même temps, c’est-à-dire à n’importe quelle heure du jour ou de na nuit

Dans la nature, il doit chasser presque toutes les deux heures : cela donne une idée de la durée du cycle du chat. Il est bien plus court que le nôtre : une courte phase d’activité (le fameux quart d’heure folie) associée souvent à une prise de nourriture, un peu de litière, puis du repos. Et il recommence, toutes les 2-4h, jour et nuit. C'est ce qu'on appelle le budget-temps. D'ailleurs, l'activité principale du chat, occupant 70% de son temps, est le repos; les phases d'activité (dont le toilettage, 6% de la journée) sont fréquentes mais très courtes.

D’ailleurs, comme dit plus haut, autant le chat gère ses besoins avant tout et il aime souvent être seul, autant il y a des évènements dans la maison qui sont très souvent associés à quelque chose de positif pour lui. C’est le cas du réveil au matin, ou du retour du travail : fréquemment la gamelle se remplit lors de ces moments, et même quand il reste encore de la nourriture, ça reste une activité très prisée des chats de venir quémander. Il suffit que cette habitude lui soit donnée pour qu’il réclame systématiquement lors de ces périodes.

Donc quand votre chat entend un mouvement de votre part qui signale un réveil imminent, il trépigne d’impatience pour réaliser son rituel. Et dieu sait que les chats aiment les rituels ; les propriétaires rapportent même souvent à quel point le chat intervient tout le temps à la même heure, et de la même façon. Et vous avez beau tenter de ne pas répondre, il fait preuve d’une patience et d’une persévérance à toute épreuve, qui a fréquemment raison de la nôtre.

Comment faire pour que mon chat arrête de me réveiller la nuit ?

C’est la grosse difficulté de cette situation. Si elle est apparue, c’est que le chat trouve un intérêt à vous réveiller. Cela ne paraît pas évident tant les propriétaires rapportent souvent être en colères, mais au final, ils accèdent sans s’en rendre compte à ce que voulait le chat. La première chose à faire est donc d’identifier pourquoi il vous réveille, et de corriger ça, autant que possible : si la gamelle est vide le matin, il faut faire en sorte que ça tienne la nuit ; s’il veut sortir, offrez-lui un accès à l’extérieur autonome, etc… Mais dites vous qu'il peut simplement vouloir de l'attention (et ça va être dur de le satisfaire par avance !).

Il faudra ensuite lutter contre le rituel : le chat a renforcé ce comportement chaque nuit où il a obtenu sa récompense, et il cherchera à l’obtenir par cette façon longtemps avant de constater qu’il y a un autre moyen.

chat dort

La bonne manière de faire disparaitre un comportement chez un chat est ce qu’on appelle la punition négative : un nom violent pour ce qui est au contraire la méthode douce, cela consiste juste à retirer le stimulus agréable entrainant du coup une diminution du comportement. Dans notre cas, il s’agit de retirer la récompense du chat au réveil pour l’inciter à ne plus nous réveiller en avance.

Pour le quart d’heure folie et le réveil brutal au milieu de la nuit, il ne faut surtout pas inciter le chat à jouer dans le lit, sous la couette. Il ne fait effectivement pas la différence entre les moments d’éveils et les moments où on dort, si il voit un truc bouger sous la couette ça va l’attirer, à tout moment. Il ne faut donc surtout pas lui donner cette habitude. Et pour le coup, le moindre mouvement de notre part peut être sa récompense, tout ce qu’il attend c’est qu’on bouge et qu’on réagisse.

Une étude a montré que pour faire disparaître un comportement après avoir stoppé la récompense, le chat peut persévérer jusqu’à 14 jours à produire ce comportement, même sans succès. C’est la grosse difficulté et la cause des échecs fréquents : notre patience a ses limites, et elles sont bien inférieures à celle du chat… il faut tenir sans craquer.

Car c’est très important : ne punissez surtout pas le chat physiquement ou verbalement : il ne faut jamais gronder un chat (ce qu’on appelle punition positive, car on ajoute un stimulus au lieu de le supprimer), c’est peu efficace et cela dégrade la relation qu’on a avec lui.

En réalité, il faut bien admettre que la meilleure solution reste de s’isoler du chat le matin ou pendant la nuit. Ce n’est pas toujours évident, mais dormir en sa présence est la meilleure façon de se rendre compte qu’effectivement, on vit chez lui, et que même s’il ne reconnait pas de chef ou de hiérarchie, en tant qu’être solitaire privilégiant ses besoins, il fait du coup passer ses critères avant tous les autres, ce qui donne cette impression qu’il fait la loi !

Dr Stéphane Tardif
Docteur vétérinaire et rédacteur pour Wamiz

A lire aussi : Les pour et les contre de laisser son chat sortir

Votre chat vous réveille-t'il avant l'heure ?

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# miaulement, nuit, chat
Crédits photo :

shutterstock

1 commentaire(s)
Il était super intéressant cet article, merci Wamiz !! Et oui, avec un chat, il faut être beaucoup plus patient qu'avec un chien...
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