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Mon chien (ou mon chat) peut-il attraper la grippe ?

Vendredi 02 Février 2018 |

La grippe est une maladie qui touche aussi les animaux. Récemment, elle a fait parlé d'elle au Canada, avec l'étude de cas de grippe chez le chien. Comment analyser ce type d’actualité ? Peut-on parler d'épidémie (épizootie pour une maladie animale) ? Y-a-t-il un risque pour votre chien ou votre chat ? Quels sont les symptômes de la grippe chez le chien et comment la soigner ?

Sept cas de grippe canine H3N2 ont été détectés fin 2017 en Ontario. Les autorités ont pu déterminer l’origine du virus, qui viendrait de Corée du Sud, en passant par les Etats-Unis : deux chiens auraient rapporté le virus, contaminant les cinq autres. A ce jour, ce sont les premières apparitions visibles du virus de la grippe canine au Canada.

Mon chien ou mon chat peut-il attraper la grippe ?

Toutes les grippes ont des points communs, celle du chien et du chat n'y échappe pas (voir encadré en bas). Pour l'heure, on ne connait que deux souches qui peuvent toucher nos compagnons chiens et chats : H3N8 et H3N2, appelé influenza canine A. Les données sur cette grippe sont récentes (les premières études datent de 2004) : très contagieuse, elle se propage facilement chez les chiens en contact et, dans de rares cas, peut infecter les chats. Si environ 20 à 25% des chiens infectés restent asymptomatiques, ils peuvent néanmoins excréter et diffuser le virus à leurs congénères. En parallèle, 80% des chiens exposés au virus développent des signes cliniques de la maladie au cours des 48 heures qui suivent et peuvent excréter le virus jusqu’à 28 jours après l’exposition. En outre, le virus est capable de survivre jusqu’à 48 heures sur les surfaces dures, 24 heures sur les vêtements et 12 heures sur les mains.

Quels sont les symptômes de la grippe canine ?

Les symptômes sont sensiblement les mêmes que pour l’espèce humaine : principalement des signes respiratoires :

Ce n'est pas tant ces symtômes qui sont dangereux, que l'évolution, car comme chez nous, la grippe offre un terrain propice à des infections secondaires, notamment bactériennes. Les risques sont plus élevés chez un individu fragile au niveau immunitaire, comme un jeune, avec qui il faudra être plus vigilant.

Cependant, la grippe chez le chien et le chat est difficile à identifier en tant que telle, beaucoup de maladies y ressemblent, comme la toux du chenil. On parle de syndrome fébrile, comme un état fiévreux typique des infections virales, mais seul des analyses en laboratoire permettraient de conclure avec certitude à une grippe. En pratique, le traitement donné n’est pas spécifique, ce qui fait qu’réalise rarement ces analyses.

A ce jour, bien que l’une de ces souches soit très proche de la grippe humaine (également H3N2), il n’y a pas de cas de transmission homme-chien connu.

Mon chien (ou mon chat) peut-il attraper la grippe ?

Comment soigner la grippe canine ?

Le traitement donné en cas de grippe est identique au notre : un anti-inflammatoire pour lutter contre la fièvre, et une couverture antibiotique pour prévenir des surinfections vont aider le système immunitaire, et c’est le corps lui-même qui va se guérir. En général, l’infection donne 2 à 5 jours de symptômes avant de rétrocéder, la plupart des animaux sous traitement guérissent.

Mais si les signes disparaissent tôt, l’excrétion du virus peut se prolonger longtemps après. Une étude sur l’épizootie de 2015 en Géorgie, concernant la souche H3N2, a montré qu’une période d’isolement (de quarantaine) de 21 jours est nécessaire pour limiter drastiquement la propagation du virus dans les collectifs.

Un vaccin existe également, peu encore utilisé en France (et pour cause, la maladie n’y est pas détectée). Il est recommandé de vacciner son animal si on voyage dans des régions concernées, notamment en Asie où la maladie circule, et outre-Atlantique où des protocoles rigoureux tentent de limiter la propagation du virus.

De plus, ces souches ne résistent pas aux désinfectants usuels. Une bonne hygiène du corps, des objets et des vêtements en contact avec l’animal pendant la période d’isolement suffit alors à stopper le virus.

La grippe du chien : une maladie dangereuse pour mon animal ?

Au final, il convient d’être informé et sensibilisé à cette maladie pour être correctement préparé. La grippe canine étant peu présente chez nous, la vaccination n’est pas couramment proposée par les vétérinaires. En pratique, cela reste pertinent en cas de voyage dans un pays exposé, mais le risque n’est pas élevé en France. C'est encore plus vrai pour les chats, dont on voit des cas de grippe très rarement.

La polémique autours des risques de transmission à l'homme n'a pas été évoquée, et pour cause : autant elle avait fait parler d'elle autours de la grippe aviaire, ou encore la grippe A, autant les quelques cas canins ne suffisent pas pour inquiéter ni les autorités, ni l'opinion public.

La bonne chose à faire est donc de rester vigilant d’une manière générale : une baisse de l’état général, avec perte d’appétit, doit immédiatement vous alerter et déclencher une visite médicale chez le vétérinaire, que ce soit pour la grippe ou une autre maladie !

Dr Stéphane Tardif
Docteur vétérinaire et rédacteur pour Wamiz

A lire aussi : Mon chien a un rhume : causes, symptômes, traitements

Qu'est ce que la grippe ?

La grippe est une maladie connue pour nous, humains, qui vivons régulièrement des épidémies hivernales. La grippe est une maladie respiratoire, due à un virus, qui peut toucher aussi bien les animaux que les humains. 

Ce virus est très particulier : les chercheurs et médecins utilisent deux marqueurs, deux protéines, pour identifier les virus : H pour hémagglutinine (au nombre de 16) et N pour neuraminidase (avec 9 versions différentes). Les scientifiques ont à ce jour identifié plus d’une vingtaine de souches sur les 135 combinaisons possibles avec ces marqueurs, et il peut y avoir plusieurs grippes différentes avec le même marqueur. 

Ce qui est très important pour bien comprendre cette maladie, c’est la notion d’espèces sensibles, par rapport aux différents virus de la grippe. Chaque souche peut toucher une ou plusieurs espèces : les grippes saisonnières humaines sont de type H1, H2 ou H3 associé à N1 ou N2. Les grippes porcines sont, elles, de trois sous-types, H1N1, H1N2 et H3N2. Quinze sous-types, H1 à H15, se trouvent chez les oiseaux mais seuls trois (H5, H7 ou H9) sont pathogènes. C’est donc relativement compliqué, car pour chaque souche, la maladie a des caractéristiques qui lui sont propres.

Déjà, on va définir si l’individu déclare des symptômes, on parle de pathogénicité. Quand la souche est mortelle, on définit même un seuil de létalité. A l’inverse, une souche peut infecter un individu sans symptôme ; l’espèce sert alors de réservoir, on dit qu’elle transmet et dissémine le virus sans trop en souffrir. C’est le cas des oiseaux par exemple.

Un point commun à ces virus est leur mode d’évolution : le virus de la grippe mute très vite, et il est capable d’échanger du matériel génétique en se reproduisant dans un même organisme. Concrètement, les souches peuvent alors échanger leurs forces et leurs faiblesses : un haut pouvoir pathogène mélangé à la capacité d’infecter une nouvelle espèce (comme l’homme) est ce que craignent les autorités sanitaires. En pratique, la probabilité d’un tel évènement est faible, mais le danger qui y est associé est élevé, donc les autorités ont conclu à un risque non négligeable pour les humains, d’où les polémiques autour des épidémies de grippes animales. La grippe aviaire H5N1 de 2005, par exemple, comptait 248 décès humains sur les 394 cas constatés, on dépassait donc les 60% de taux de mortalité. Avec la grippe A qui a sévit peu après, on recensait en 2013 environ 127 000 cas dans le monde et 684 décès, soit une mortalité d’environ 0,5% : ce qui a fait peur avec cette version était la contagiosité. On imagine très bien ce que la combinaison des deux pourrait faire !

Rassurez-vous, cette hybridation n’a pour l’instant pas eu lieu dans la nature, et c’est le mode d’élevage intensif où les espèces sont concentrées et mélangées qui fait craindre cette évolution. De plus, en laboratoire, les souches mélangées artificiellement ont un faible pouvoir pathogène.

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