Un léchage de la région de l’anus peut être le signe d’un problème au niveau des sacs anaux… car ces petites glandes mal connues peuvent parfois se révéler bien agaçantes pour nos compagnons. On connaît tous ce moment de perplexité où l'on observe notre félin se comporter de façon inhabituelle. Mais de quoi parle-t-on exactement ?
Où se situent les glandes anales du chat ?
Comme leur nom l’indique, elles sont voisines de l’anus. Il s’agit en fait de deux glandes situées de part et d’autre de l’anus, sous la peau. Elles fabriquent une substance qui est éliminée via des petits canaux dont les orifices se situent dans l’épaisseur du pourtour anal. Ce sont 2 petits points noirs que l’on peut parfois observer lorsque l’animal est détendu.
- A quoi servent-elles ?
Ces glandes sécrètent un liquide plus ou moins pâteux qui peut être excrété quand l’animal fait ses selles, ou lorsqu’il a peur. Cette substance est très malodorante (pour les humains !). Elle joue un rôle de communication entre chats. Les félins ne sont pas les seuls à posséder des glandes anales. On en rencontre aussi chez le chien, chez le furet, et bien sûr chez la célèbre moufette (ou sconse) qui s’en sert comme moyen (radical) de défense.
- Peuvent-elles se boucher ?
Lorsque les canaux sont obstrués ou que le liquide est trop épais, les sacs anaux du chat peuvent s’engorger. La constipation et les diarrhées chroniques figurent parmi les principales causes d’engorgement. Des selles trop molles ou trop dures n’exercent pas la pression mécanique nécessaire pour vider naturellement les sacs anaux du chat lors de la défécation.
Certains facteurs de risque augmentent la probabilité de voir les glandes anales du chat qui coulent ou se bouchent :
- L'obésité : un surpoids complique la vidange naturelle car l'excès de graisse peut gêner la compression des glandes.
- L'âge avancé : les chats seniors présentent parfois une perte de tonicité musculaire.
- La sédentarité : le manque d'exercice impacte le transit.
- Les prédispositions individuelles : certains chats ont simplement des canaux plus étroits par nature.
Quels sont les symptômes d'un inconfort anal chez le chat ?
L’animal manifeste généralement sa gêne par des signes comportementaux clés que vous pouvez facilement identifier :
- Le « signe du traîneau » : le chat traîne son arrière-train sur le sol pour se gratter ou soulager une pression.
- Un léchage intense : il se toilette de manière récurrente et compulsive la zone anale.
- Des miaulements : votre compagnon peut émettre des vocalises lors de la défécation en raison de la douleur.
- Une odeur forte : si vous remarquez que les glandes anales de votre chat coulent en dehors des moments de stress, cela peut signaler un trop-plein ou une infection.
L’engorgement des glandes anales du chat nécessite une visite chez un vétérinaire qui procédera à leur vidange.
Mon chat a vidé ses glandes anales, est-ce grave ?
Non, en général, cette vidange est liée à un stress. Elle est sans conséquence, hormis l’odeur persistante. Cela peut arriver lors d’un voyage en voiture, une visite chez le vétérinaire, une bagarre entre chats ou une poursuite par un chien...
Les soucis de glandes anales sont moins fréquents chez le chat que chez le chien ; ils peuvent cependant exister. Un léchage intense ou un écoulement anormal sont des symptômes qui doivent vous alerter. Ils peuvent être le signe d’un engorgement, ou plus grave d’une infection.
Attention aux confusions : contrairement aux humains, les hémorroïdes ne sont pas une pathologie courante chez le chat. Si la zone est rouge et gonflée, il s'agit plus probablement d'un problème de glandes ou d'une irritation dermatologique due à une diarrhée chronique (acidité des selles).
L'abcès de la glande anale
La principale maladie est l’abcès de la glande anale ; il s’agit d’une colonisation du saccule par des bactéries. Dans un premier temps, on observe un gonflement rouge à côté de l’anus. L’abcès peut ensuite se percer et du pus s’écouler par la brèche. Cette affection est très douloureuse ; le chat peut présenter de la fièvre, des difficultés à déféquer et une baisse d’appétit.
Pour confirmer le diagnostic, le vétérinaire peut réaliser :
- Une cytoponction (prélèvement du contenu avec une aiguille fine) ;
- Une analyse du pus pour identifier les germes ;
- Une échographie en cas de suspicion de tumeur ou de masse profonde.
Le traitement est variable en fonction du stade de l’affection. Il doit être réalisé par un vétérinaire.
- Abcès non percé : le vétérinaire va alors inciser la boule pour vider le pus et nettoyer l’intérieur. L’abcès n’est généralement pas refermé pour laisser les sérosités s’évacuer.
- Abcès percé : on effectue également un nettoyage. En fonction de l’état de la peau, une chirurgie reconstructrice peut êne nécessaire.
Bien sûr, ces soins sont réalisés sous anesthésie générale. Ils sont complétés par l’administration d’antibiotiques et d’anti-douleurs, et le port d’une collerette pour éviter le léchage.
Autres causes d'inflammation anale
Il arrive que l'irritation ne provienne pas directement des glandes anales. D'autres pistes doivent être explorées :
- Causes dermatologiques : Une allergie aux piqûres de puces (DAPP) ou la présence d'aoûtats peut provoquer des démangeaisons féroces dans cette zone. L'utilisation régulière d'antiparasitaires externes est essentielle.
- Causes immunitaires : Plus rarement, une infiltration immunitaire non allergique ou une maladie auto-immune comme le pemphigus (un dérèglement des défenses naturelles) peut toucher la zone mucocutanée.
Diagnostic et prévention : les bons réflexes
Assez souvent, l’origine est rapidement diagnostiquée grâce aux commémoratifs : ce sont les informations précieuses que vous donnez à votre vétérinaire. Vos observations quotidiennes (fréquence des léchages, consistance des selles, comportement au sol) sont déterminantes pour un diagnostic rapide.
Pour éviter les récidives, instaurez une routine hygiénique et de santé :
| Action | Bénéfice |
|---|---|
| Alimentation riche en fibres | Favorise des selles fermes pour une vidange naturelle. |
| Contrôle du poids | Limite les risques liés à l'obésité. |
| Vermifugation régulière | Certains vers provoquent des démangeaisons anales. |
| Surveillance visuelle | Détecter précocement une rougeur ou un gonflement. |
Si l’abcès de la glande anale du chat est une affection relativement bénigne, il peut provoquer des lésions cutanées (nécroses) importantes et nécessitant des soins longs et pénibles pour l’animal. Il est donc conseillé de ne pas attendre et de consulter rapidement un vétérinaire en cas de boule près de l’anus chez un chat, ou un chien.
La vidange manuelle se procède comme chez le chien en pressant fortement l’anus entre 2 doigts. Pour plus d’efficacité, le vétérinaire pratique parfois un toucher rectal… ce qui peut nécessiter une sédation chez un félin. Autant dire que c’est un acte qui est rarement effectué en routine chez cette espèce, contrairement à ce qui se fait chez le chien. Mais pas de panique, la plupart des matous et des minettes n’a jamais besoin d’une vidange des glandes anales.
Quand faut-il les retirer ?
L’exérèse chirurgicale des glandes anales du chat est possible. Il s’agit cependant d’une opération délicate qui n’est réservée qu’aux cas graves (abcès à répétition, tumeur…).
Face à la récurrence ou à la gravité des soins, le coût peut vite grimper (entre 50€ pour une vidange simple et plusieurs centaines d'euros pour une chirurgie). Une assurance santé pour chat peut s'avérer précieuse pour couvrir ces frais imprévus, incluant les examens complémentaires (bilan sanguin, imagerie) parfois nécessaires si l'inflammation est liée à un souci de santé global.
Et n’oubliez pas de vermifuger votre chat. Certains vers peuvent favoriser l’engorgement des glandes anales du chat.