En France, aucune loi ne vous autorise à rester à la maison pour un animal malade
Oui, c’est un choc. Le Code du travail ne prévoit aucun congé spécifique pour soigner un animal, aussi chéri soit-il. En théorie, si vous vous absentez sans prévenir pour accompagner votre chat chez le vétérinaire, cela peut être vu comme une absence injustifiée. Et donc, passible de sanctions. Cela va de la simple retenue sur salaire à une procédure disciplinaire dans les cas les plus extrêmes.
Pourquoi une telle sévérité ? Parce que juridiquement, malgré les avancées symboliques (les animaux sont reconnus comme "êtres sensibles" depuis 2015), nos compagnons restent considérés comme des biens meubles. Un peu comme votre canapé, en moins moelleux et beaucoup plus attachant.
Télétravail, RTT, congé payé : les solutions légales à votre disposition
Heureusement, il existe quelques options, à condition d’avoir un employeur compréhensif. La première, la plus simple : poser un jour de congé ou un RTT. Rien ne vous oblige à en expliquer la raison, mais certains employeurs pourraient tiquer si les absences deviennent régulières…
Autre possibilité, très 2020 : le télétravail. De plus en plus courant, il permet de rester aux côtés de son animal tout en continuant à travailler. Cela suppose bien sûr que votre entreprise l'autorise, et que votre activité le permette.
Enfin, certains accords d'entreprise ou conventions collectives offrent des marges de manœuvre intéressantes : absences exceptionnelles, aménagement du temps de travail, etc. Ils ne parlent pas toujours explicitement d'animaux, mais peuvent parfois s’y prêter.
Certaines entreprises pionnières accordent des congés pour les animaux
Si la loi n’a rien prévu, des entreprises ont pris les devants. En France, c'est notamment le cas de Wamiz qui propose jusqu’à trois jours de congé pour soigner un animal malade, et même un jour en cas de décès ainsi que des jours dédiés à l'adoption. Une initiative encore rare, mais qui témoigne d’une évolution des mentalités.
À l’étranger, c’est parfois bien plus ambitieux : au Royaume-Uni, la marque BrewDog a inventé le "pawternity leave" : une semaine de congé pour accueillir un nouveau chien. Aux États-Unis, certaines entreprises offrent jusqu’à deux semaines de congé payé pour l’adoption d’un animal, et même des assurances santé pour couvrir leurs frais médicaux. Au Japon, on va encore plus loin : dans certaines sociétés, les chats circulent librement dans les bureaux pour apaiser les employés. Ronronthérapie intégrée.
Le rapport au travail évolue, et avec lui la place des animaux dans nos vies
Les mentalités évoluent. Lentement, certes, mais sûrement. En attendant que le législateur prenne en compte le rôle affectif et émotionnel de nos animaux dans nos vies, il revient aux entreprises, et à chacun de nous, de trouver des solutions humaines et équilibrées. Parce que soigner son animal ne devrait jamais être un dilemme professionnel.
D’autant que la présence d’un animal dans un foyer n’est pas un luxe ou un caprice. C’est souvent une source d’apaisement, un repère affectif, un soutien quotidien. Les reconnaître comme tels dans l’univers du travail, ce n’est pas exagérer leur importance : c’est simplement réaligner nos règles sociales avec la réalité émotionnelle de millions de Français.