C'est une image familière lors des promenades en pleine nature : de mystérieuses touffes de poils jonchent le bord du chemin, les sous-bois ou, comme maintenant, simplement la neige. En y regardant de plus près, on s'aperçoit qu'il s'agit de poils de chien.
De nombreux propriétaires ont pris l'habitude de débarrasser leur compagnon à quatre pattes de ses poils morts en pleine nature pendant la mue. C'est pratique, car cela évite de salir la maison. Mais cette pratique a un inconvénient de taille !
Peut-on jeter les poils dans la nature ?
« C'est bio et les oiseaux seront ravis d'avoir du matériel doux pour leur nid », se justifient de nombreux maîtres qui brossent leur chien dans les champs ou en forêt pendant la mue. Pourtant, cette pensée bien intentionnée est une erreur fatale qui peut coûter la vie à des centaines d'oisillons.
Une publication virale sur Facebook du célèbre vétérinaire allemand Ralph Rückert secoue actuellement la toile. En quelques heures, son appel poignant a été partagé plus de 6 300 fois. Son message est clair : ce que les propriétaires de chiens laissent derrière eux après le brossage en forêt devient une arme chimique et mécanique contre la nature.
Du poison dans un nid douillet
Le problème est invisible : de nombreux chiens portent des produits spot-on ou des colliers pour se protéger des parasites. Ce qui protège le chien est cependant mortel pour d'autres animaux. « Si le chien dont proviennent ces poils a été traité avec un antiparasitaire externe contre les tiques, ces substances actives peuvent coûter la vie aux oisillons », explique le Dr Rückert.
Les oiseaux collectent les poils contaminés, construisent leur nid avec et couchent leurs oisillons nus directement sur le poison. La conséquence : une mort silencieuse dans le nid.
Des pattes sectionnées
Mais même pour les chiens « sans produits chimiques », l'expert met en garde contre la « mauvaise habitude » de jeter les poils en forêt. Les poils fins sont extrêmement résistants. Si les petites pattes des oisillons s'y emmêlent, elles finissent par être sectionnées. « En tant que vétérinaire, on a déjà tout vu », déclare le Dr Rückert de manière catégorique.
Un débat houleux sur internet
La publication a touché une corde sensible. De nombreux internautes se montrent choqués et reconnaissants : « Je ne savais pas que les conséquences étaient si graves. Je ne le ferai plus à l'avenir », écrit une utilisatrice, au nom de beaucoup d'autres.
Mais il y a aussi les incorrigibles. Des commentaires comme « Et quand un loup laisse des restes, ce n'est pas un problème ? » se trouvent en abondance. Une comparaison qui ne tient pas la route, car les loups et autres animaux sauvages n'ont pas de neurotoxines chimiques sur la peau.
La conclusion du vétérinaire est sans équivoque : protégez vos chiens contre les tiques (c'est important !), mais jetez les poils brossés là où ils doivent être : dans les ordures ménagères, et non dans la nurserie de nos oiseaux locaux.