C'est la première étape d'une perte d'état plus que triste. Dolly devient malpropre, elle s'oublie parfois en dormant, parfois elle urine simplement dans la maison comme si elle oubliait la propreté. On nettoie, on râle un peu intérieurement quand la journée est déjà longue, un bisou, un peu d'inquiétude et la vie continue.
Et là arrive le moins drôle, bien pire qu'une vague histoire de pipi sur du carrelage. Dolly commence petit à petit à aboyer, elle qui a toujours été silencieuse. Un wouf dans le vent, parfois des pleurs, parfois des aboiements agressifs. Toujours dans le vent, lancés contre rien du tout.
Au-lieu de se coucher et de dormir comme elle semble en avoir tant besoin, elle reste debout, halète même s'il fait bon. Si on l'invite à se coucher, elle ne nous entend pas, ne nous regarde pas... et si par miracle on arrive à l'en convaincre, elle se relève dans la foulée.
Elle tourne sur elle-même, souvent. Parfois durant ces longs moments où elle reste debout, l'air perdue, parfois quand on l'appelle. Un tour sur elle-même et elle arrive.
Pour manger, faire ses besoins, on doit tout lui montrer, répéter. Elle regarde dans le vide et semble ne plus nous entendre.
Sourde ? Non. Elle a des moments de lucidité où elle écoute bien, arrive dès qu'on l'appelle. Le matin, la machine à café la réveille et je tape dans mes mains pour l'inviter à sortir, c'est le son à lequel elle est la plus réactive. Et ensuite ?
La vétérinaire nous donne un traitement contre les troubles neuros, logiques et peu surprenants quand le chien est âgé. Chaque jour, des gouttes pour hydrater ses yeux (elle a fait 2 ulcères il y a 2 ans, depuis elle a des gouttes 3x/jour), médicaments contre l'arthrose, contre l'incontinence, contre les troubles neuros. De quoi ralentir, mais pas empêcher le vieillissement naturel.
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