La SPA aux abois face aux violences envers les animaux.Publié le vendredi 19 août 2011 à 07H03 - 6
Joëlle Léonardi, intendante du dispensaire de la SPA de Toulon, et Karine Dubourg, enquêtrice pour la société, entendent saisir la justice à chaque fois qu'elles constateront des dérives.
DAMIEN ALLEMAND
. société Depuis le début de l'été, les actes de cruauté envers les animaux se multiplient. La Société protectrice des animaux tire la sonnette d'alarme. Un chien jeté par la fenêtre d'une voiture sur l'A57. Plusieurs hérissons massacrés dans le parc des Lices. Et, dernièrement, un « staff » enfermé à double tour dans un appartement de Saint-Jean du Var jusqu'à sa lente mort. « Il est resté trois semaines enfermé sans eau ni nourriture. Il aurait mangé les deux chats du ménage pour se nourrir », raconte Katherine Dubourg, enquêtrice pour la Société protectrice des animaux (SPA) de Toulon.
Depuis le début de l'été, les actes de cruauté envers les animaux se multiplient dans le Var. « On ne sait plus où donner de la tête. Cela n'arrête pas, nous n'avons aucun répit. Nous sommes débordés par les abandons et par les problèmes de maltraitances envers les animaux », confie Joëlle Léonardi, intendante du dispensaire de la SPA de Toulon.
La SPA porte plainte
Quatre-vingts enquêtes depuis janvier. Quatorze, rien que cet été. Les statistiques sont comparables à celles de 2010. Mais ce qui inquiète, c'est que le phénomène n'est pas près de diminuer. « Nous avons l'impression que ces actes sont banalisés », poursuit-elle.
Un déclic. Dernièrement, l'histoire du chien enfermé intentionnellement dans un appartement jusqu'à sa lente agonie a fait hérisser les poils de la SPA qui a décidé de porter plainte auprès du procureur de la République de Toulon.
Une plainte à laquelle se sont jointes la Fondation Brigitte Bardot, assistance aux animaux et plusieurs associations toulonnaises. « Nous ne lâcherons pas cette affaire », glisse Joëlle Léonardi.
Le modus operandi a donc changé. Désormais, à chaque fois, que la SPA constatera des dérives, elle fera basculer le dossier du côté judiciaire.
Elle l'a également fait pour le « massacre » des hérissons.
« Pour faire changer les comportements, il faut attaquer au porte-monnaie et il n'y a que comme cela qu'il peut y avoir des amendes, explique Katherine Dubourg. Si le code pénal est appliqué, le propriétaire du chien est passible de deux ans de prison ferme et 30 000 euros d'amende. »
Appel aux députés
Principale cause de ces violences selon la SPA ? Les animaux non tatoués. « Les propriétaires pensent ainsi que l'on ne remontera pas jusqu'à eux en cas de maltraitances ou d'abandon. » Et de proposer : « A Toulon, une brigade canine a été créée à la police municipale. Il faudrait qu'elle multiplie les contrôles et dresse des PV en cas de défaut de tatouage avec obligation de se rendre chez le vétérinaire pour le faire. »
À la rentrée, l'antenne toulonnaise demandera aux deux députés toulonnais (Geneviève Lévy et Philippe Vitel, Ndlr) de poser une question à ce sujet à l'Assemblée nationale.
dallemand@varmatin.com