"Le suivi naturel" de Nicolas Cornier

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Je vous partage un extrait de livre Nicolas CORNIER "Dans le sens du poil ".

C'est un extrait que m'a envoyé notre éducateur canin et je tenais a vous le faire partager car j'ai trouvé ça très intéressant !

LE SUIVI NATUREL

Le suivi naturel est un véritable trésor comportemental que je veux faciliter, développer et enrichir.

Lorsque je suis allé chercher mon chien, quelque chose m'a frappé. Après l'avoir câliné dans mes bras quelques minutes, je l'ai reposé au sol et, lorsque je me suis éloigné, il m'a suivi.

Une fois chez moi, je renouvelle cette expérience. Je le caresse quelques minutes, l'apaise et puis, je marche du salon à la cuisine, j'accélère dans le couloir pour enfin m'arrêter devant la porte d'entrée. Tout au long de ce périple, il me suit comme mon ombre. J'ai compris alors que cette façon de me suivre est naturelle. Le plus étonnant, c'est que je n'ai pas besoin de l'appeler et de lui demander de me suivre pour qu'il le fasse. Il le fait sans conditions. Bien que notre relation soit encore précoce, c'est bien le lien qui nous unit qui le motive à me suivre aveuglément. Les quelques moments de tendresse, de réconfort mais aussi d'alimentation ont suffi pour permettre ce premier acte éducatif.

Le suivi naturel est un véritable trésor comportemental que je veux faciliter, développer et enrichir. Si j'ai un jardin clos, je commence par là. Je le laisse explorer tous les recoins de ce nouveau monde, puis je me déplace de long en large, de droite à gauche, je m'arrête, je repars, je fais demi-tour, je ralentis et j'accélère. Je finis par un gros câlin accompagné par une récompense haut de gamme. Dès le lendemain, je tente l'expérience dans un nouvel environnement , un peu plus distrayant. Cela peut être le jardin de mon voisin, un pré dans la campagne ou un chemin dans la forêt.

Non seulement le suivi naturel nous rapproche , mais il valorise ma communication.

Lorsque je suis dans un endroit qui n'est pas clos, j'attache au collier de mon chien une longe légère. Je ne la tiens pas, je la laisse traîner ; elle me permet de le lâcher sans avoir l'inquiétude de le perdre. Si je suis inquiet, ma communication sera plus fébrile, je serai tenté de l'appeler quand ce ne sera pas nécessaire, de l'obliger à me suivre plutôt que de lui en donner envie. La longe m'évite de l'attendre quand il s'arrête. Je veux qu'il s'inquiète et ainsi créer un stress positif qui le fasse me rejoindre avec enthousiasme. Tout cela sans qu'un seul mot ne soit prononcé. Si je l'attends ou si je vais le chercher, il n'apprend rien car il n'a aucune raison de me rejoindre.

Il existe quatre situations qui favorisent ce stress positif : lorsque marchant au pas, je me mets à courir, lorsque je fais demi-tour brutalement, lorsque je m'éloigne et me déplace latéralement, et enfin quand je disparais soudainement de sa vue. J'ai plaisir à le mettre dans de telles situations, et lui aussi s'amuse. J'obtiens exactement ce que je veux en dépensant peu d'énergie et en communiquant sobrement. Chaque fois qu'il me suit naturellement, notre lien se renforce un petit peu plus. Quand il me suit, je ne le sollicite pas, et si je dois l'appeler pour un rappel ou toute autre situation, je suis d'autant plus efficace. Non seulement le suivi naturel nous rapproche , mais il valorise ma communication.

Tout cela fonctionne à merveille tant que nous nous promenons dans un milieu peu ou pas distrayant. Encore une fois, pour qu'il apprenne, il doit réussir ce que je lui demande. S'il croise un chien, un joggeur ou un enfant qui veut le caresser, l'exercice s'arrête pour mieux reprendre une fois « l'élément perturbateur » éloigné. S'il cesse de me suivre parce qu'il est légèrement distrait (une reniflade, une mouche qui vole), je l'appelle et lui demande de venir, sans pour autant l'attendre, je le félicite et le récompense quand il me rejoint. Par contre dans le cas du suivi naturel, il me rejoint (et c'est bien !) alors que je ne lui ai pas demandé, et donc je ne le félicite pas. Je l'ignore et je continue ma balade.

Il faut favoriser le suivi naturel non seulement pendant les premiers mois de la vie de mon chien, mais également tout au long de notre aventure commune. C'est ce qui me permet très vite de pouvoir le promener sans devoir m'inquiéter de savoir où il est, puisque c'est lui qui a appris à s'inquiéter où je suis et où je vais. Je n'ai pas besoin qu'il me suive comme un petit chien, je veux qu'il puisse explorer son environnement, rencontrer ses congénères et renifler les odeurs, puis me rejoindre !

Le suivi naturel, c'est aussi lui apprendre à jeter un coup d'œil toutes les dix ou vingt secondes pour vérifier ma position. Quel que soit son âge, tant qu'il est valide j'entretiens ce processus. Qu'il ne prenne jamais pour acquis que je l'attends. Ce n'est pas de l'inconscience mais du détachement qui me permet d'oser lâcher mon chien (au bout d'une longe au début) dès ses premières sorties. Le suivi naturel, c'est la promesse de balades harmonieuses, tranquilles pour les années à venir.

20 réponses
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Comme j'ai dit Harkos c'est sauvé une fois pendant 3 heures j'étais en larmes ! se sont des gens qui habite pas très loin de chez nous qui l'on recueillis (ils trouvaient qu'il était mignon et bien entretenu donc ils n'ont pas voulu le laisser a la rue).

Donc après j'étais tout le temps sur son dos pour pas qu'il se sauve ... :-(

Et la il est blessé a la patte il n'a pas le droit de courir donc c'est balade uniquement a la laisse....

et tout ça fait que maintenant j'ai peur de le laisser détaché :-(

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la je l'ai laissé dehors sans être attaché et j'ai joué avec lui ! (il y a quelques mois je "l'arnaquait" quand je voulais le faire rentré je pouic-pouic avec son jouet du coup il m'apportait plus son jouet)

Et l'a j'ai joué avec lui ça m'a trop fait plaisir et lui aussi ! ! ! !

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merci de vos conseils fanny et melly ça me "redonne du courage" lol

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Melly
Melly

Il est tombé sur de bonnes personnes le gros nounours ;) Mais oui ne t'en fais pas il va avoir de nouveau "confiance" en ta confiance lol un peu compliqué tout sa XD

Puis tu sais je te dis Toumaï me suit blabla et tout à l'heure ce petit *** a joué avec un copain chien au parc il revenait pas XD

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Utilisateur anonyme
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franchement ça doit être difficile d'avoir un rappel "parfait" malgré les distractions ... puis il y a l'âge du chien aussi.... quand ils sont jeunots ils fougueux lol

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Melly
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Tout à fait XD Surtout quand ils n'ont pas l'habitude de jouer avec un chien inconnu ^^

J'ai remercié le mec parce que c'est rare que des gens veulent bien...

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Je promène régulièrement mes chiens en les lâchant et personnellement, je n'ai pas trop de problème de rappel. J'en ai eu beaucoup au début avec mon labrador, mais comme conseillé dans le texte, je lui laissais une longe et je marchais dessus quand il s'éloignait trop. Je faisais un peu d'exercices d'éducation avec lui, le récompensais et le laissais repartir. Quand il y a plusieurs chiens, c'est plus facile car ils ont tendance à rester ensemble, ils jouent parfois même un peu trop dans nos pieds 🙄

Certaines races comme les chiens style bergers restent souvent plus près de leur maîtres que les chiens de chasse qui aiment bien fureter partout à l'affut d'une proie potentielle, une de mes croisée griffonne a tendance à courir partout, mais elle sait toujours où on est et nous rejoint, je me fais moins de soucis pour elle que pour ma petite dernière que ne s'éloigne jamais et donc n'a pas l'habitude de me perdre de vue.

C'est vrai que pour pouvoir lâcher ainsi, que ce soit à la campagne ou dans les parcs, il faut commencer par un endroit clos, ce que j'ai la chance d'avoir dans un parc de Bruxelles.

Nous avions jusqu'à présent la chance d'avoir des parcs ou bois dans lesquels la traditions voulait encore tolérer les chiens en liberté. Malheureusement, la ministre de l'environnement a changé la règle et ne veut plus de chiens lâchés, ce qui est une terrible souffrance pour les maîtres et leurs chiens qui avaient tant l'habitude de s’ébattre, jouer ensemble, courir, jouer à la balle...

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Utilisateur anonyme
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J'ai adopté Lillo il y a 9 mois maintenant, il a 10 ans et je l'ai lâché dès la 1e sortie (pourtant on me l'avait décrit comme fugueur au refuge, c'était soi disant la raison de son abandon mais il ne me lâchait pas quand nous étions à l'intérieur et j'ai profité de ce lien qui s'est créé très rapidement)en me cachant dès que possible et en faisant des demi tour ou changements de direction inattendus. Je l'appelle très peu, juste quand nécessaire et c'est lui qui se retourne régulièrement pour voir si je le suis. Quand il y a une tentation que je ne prévois pas il file mais je fais demi tour et lui demande doucement de revenir et en disant que je retourne à la maison (sans crier, je ne laisse pas le stress teinter le son de ma voix), 4 fois sur 5 il revient avant d'être aller jusqu'à la tentation (chien, vache, cheval, promeneur...) Biensûr il y a la 5è fois, car Lillo est un chasseur né, c'est arrivé 2 fois en 9 mois. il n'y a pas eu de problème mais il pourrait y en avoir. C'est donc un choix, un risque à prendre, le prix à payer pour ces sorties paisibles où il profite de sa liberté et choisit d'être en lien avec moi. Pour avoir contrôlé mon chien précédent à l'extrême, en me laissant dominer par la peur je ne saurais que vous conseiller de faire confiance, le lien qu'on développe avec son chien est un vrai cadeaux et travailler sur la peur m'aide à plein de niveaux et puis les accidents arrive même lorsqu'on contrôle tout...

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Energiesolaire
Energiesolaire

C'est un très beau témoignage que vous avez livré, merci beaucoup pour ça.

Et oui, vous avez entièrement raison. Dans bien des cas, assumant qu'on ait le bonne état d'esprit, et qu'on accepte de faire confiance à l'animal, il nous rend bien cette confiance. Il nous donne l'impression qu'il n'y a pas meilleur endroit, qu'être à nos côtés pendant une marche.

Ce style de vie donne un tout autre sens à la relation humain-chien.

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Energiesolaire
Energiesolaire

Hier soir, pendant une autre de nos épopées, une maitresse me lance "Hey dites-donc, on dirait que vous vous amusez encore plus que votre chien?". J'ignore si c'était vrai dans la circonstance, nous étions tous 2 absorbés dans notre sortie.

J'explore cette méthode depuis notre premier jour (il y a un an et demie maintenant), et ce au sens littéral. Je l'ai vraiment libérée le tout premier jour. Et donc après plus de 500 jours, donc 500 sorties en liberté puisqu'on y va chaque soir, la teneur de nos activités a évoluée. Hier nous étions sur un site en forêt, très vaste. Je tente de lui enseigner à chasser l'écureuil. Elle doit parfaire l'approche, elle se rue beaucoup trop rapidement au lieu d'approcher comme un chat. Cette connexion que je sens lorsque nous "chassons" ensemble, donc lorsque nous sommes tous 2 à l'affût des mêmes sons, des mêmes mouvements, c'est vraiment magnifique.

Parfois, c'est elle l'exploratrice, et je la suis. Et parfois, comme c'était le cas hier, je me sens en forme, et là je la stimule à fond. Je porte son attention sur un nouveau truc à chaque 2 minutes. Changements de direction nombreux, objets de toutes sortes, insectes, annonce d'écureuils. Vers la fin de la sortie, j'ai tenté de l'inspirer à traverser un ruisseau à la nage, ça y était presque:

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=c8lscN6kBnY]

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