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L’origine du lapin

Lapin
Lapin
Poids :
800 à 2000 g
Longeur :
environ 20 cm
Espérance de vie :
5 à 8 ans

L’ordre des Lagomorphes a évolué en Asie du Nord, il y a environ 55 millions d’années, mais les principales caractéristiques du squelette et des dents sont restées pratiquement inchangées. Il y a environ deux millions d’années, les Lagomorphes sont arrivés en Europe, où ils se sont largement répandus. Le lapin en particulier a évolué en Europe et en Afrique nord-occidentale.

Après la dernière glaciation, sa présence sur le territoire européen s’est ensuite confinée à la péninsule ibérique et à quelques zones en France, où il existe toujours des populations sauvages. Un peu plus récemment, l’homme a favorisé sa diffusion sur tous les continents, sauf en Asie et en Antarctique.

La domestication du lapin

L’histoire de sa domestication commence avec les Phéniciens qui l’ont découvert en Espagne en 11 00 avant J.-C. et qui l’ont introduit dans d’autres pays où il était élevé pour sa chair. Ils appelaient cet animal shepam et ont donné le nom de i-shepan-im (terre des lapins) au sol qui les accueillait, un nom ensuite latinisé en Hispania, Espagne. Le lapin a toutefois été aussi élevé par les Romains qui ont contribué à leur façon à sa diffusion.

En effet, les sujets en captivité qui s’échappaient se sont rapidement reproduits et ont formé de nombreuses colonies sauvages qui se sont diffusées dans toute l’Europe. La dernière contribution à la diffusion du lapin est due aux marins qui, jusqu’à la fin du Moyen-Âge, avaient l’habitude d’abandonner ces animaux dans des îles situées sur les routes des navires afin qu’ils constituent, en se multipliant, une réserve de viande qu’ils pouvaient utiliser durant leur voyage de retour.

La véritable domestication, c’est-à-dire la sélection artificielle de caractères déterminés, n’a toutefois débuté qu’au XVIe siècle dans les monastères. Les moines ont commencé à sélectionner les lapins aussi bien pour leur docilité, c’est-à-dire leur capacité à s’adapter à la vie en captivité, que pour leur couleur, leur taille, leur type de poil ou pour d’autres caractéristiques, donnant ainsi naissance aux premières races.

Au cours des siècles suivants, la sélection artificielle a entraîné la création des soixante races et plus qui existent aujourd’hui (même si les résultats obtenus sont parfois discutables), faisant du lapin un animal domestique à part entière.

Le cas australien

L’histoire des lapins australiens est une des démonstrations les plus efficaces des graves dommages sur l’environnement que peut causer une espèce quand on la libère dans un écosystème qui lui est étranger. La première introduction connue du lapin sur ce continent remonte en 1839.

Grâce à la richesse de la végétation et à l’absence de prédateurs, les lapins qui s’échappaient de captivité ont commencé à se reproduire de façon incontrôlée, devenant en quelques années un véritable fléau, aussi bien pour les cultivateurs que pour les éleveurs. Toutefois, les dégâts les plus considérables ont été causés à la faune et surtout à la flore indigène : le territoire australien, comprenant déjà beaucoup de zones désertiques, est devenu en effet encore plus sujet aux érosions.

Au début du vingtième siècle, on estimait que le nombre de lapins était de 20 millions. Moins d’un siècle après le début de leur introduction, les lapins avaient colonisé le moindre terrain d’Australie favorable à leur développement et la seule limite à leur expansion était représentée par le manque d’eau.

Tous les moyens furent utilisés pour réduire la prolifération de ces animaux. La guerre déclarée contre ces animaux prévoyait la chasse, l’utilisation de pièges, d’appâts empoisonnés et d’enclos, un ensemble de moyens qui se révéla totalement inefficace pour circonscrire le problème. En 1950, on eut recours à un moyen faisant partie de l’arsenal de la « guerre biologique » en libérant dans le milieu le virus de la myxomatose, une maladie relativement bénigne pour les lapins sud-américains du genre Sylvilagus mais terrible pour le lapin européen, avec des pics de mortalité atteignant 98 %.

Ce virus n’a pas complètement éradiqué le lapin d’Australie, mais il en a réduit temporairement le nombre. En 1995, on a commencé à étudier la possibilité de mener un autre type de lutte biologique contre les lapins en utilisant le virus de la maladie hémorragique virale, hautement mortelle pour le lapin mais inoffensive pour les autres espèces australiennes.

Le virus a été introduit de façon expérimentale dans une petite île située à 4 km des côtes méridionales du continent australien, mais au bout de sept mois seulement, il a commencé à se diffuser sur la terre ferme et à envahir le reste de l’Australie. Très rapidement, les autorités se sont rendu compte qu’il était impossible de contenir la diffusion du virus et elles ont alors cessé toute tentative allant dans ce sens, choisissant plutôt d'explorer son action dévastatrice pour contrôler la population de lapins.

Des reproducteurs légendaires

Les lapins sont des animaux extrêmement prolifiques puisqu’une femelle peut mettre bas jusqu’à 50 petits par an. Ce taux de natalité très élevé permet de compenser le taux de mortalité très important que l’on observe dans la nature à cause des maladies et des prédateurs. On a par exemple calculé que pour cent lapins sauvages nés en Nouvelle-Zélande, dix seulement atteignaient l’âge de six mois et qu’uniquement un ou deux d’entre eux parvenaient à vivre jusqu’à trois ans, l’espérance de vie moyenne des lapins à l’état sauvage.

Croisements interdits

Le lapin ne peut être croisé avec aucune des autres espèces de Lagomorphes qui appartiennent toutes à des genres entièrement différents.

La myxomatose arrive en Europe

En 1953, la myxomatose a également été délibérément introduite en France afin de contrôler les populations de lapins sauvages. Cette décision inconséquente illustre bien les dégâts que peuvent provoquer les guerres biologiques.

En effet, le virus s’est rapidement répandu aussi bien parmi les lapins sauvages que chez les lapins domestiques, envahissant toute l’Europe et provoquant un véritable carnage. Cette maladie, encore présente aujourd’hui, continue à frapper les animaux mais les lapins domestiques peuvent être protégés grâce à un vaccin disponible depuis plusieurs années.

 
M. Avanzi
  • Docteur vétérinaire, spécialiste des animaux exotiques et des petits mammifères de compagnie

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