Le site des animaux de compagnie
  • Se connecter
  • Devenir membre
  • Wamiz Box

Mutations du chinchilla

Chinchilla
Chinchilla
Poids :
400 à 600 g
Longeur :
25 à 30 cm
Espérance de vie :
10 à 12 ans

Dans le cas du chinchilla, ce terme désigne en réalité des variantes de couleurs, les animaux étant par ailleurs totalement identiques au reste de l’espèce.

On sait que la sélection naturelle en biologie s’effectue par mutation, puis sélection par le milieu. Les choses se passent de la façon suivante : spontanément, un gène se modifie par le fait du hasard, ce qui donne à l’animal une caractéristique nouvelle (couleur, taille, capacité à digérer de nouvelles molécules, sensibilité ou, au contraire, résistance à telle ou telle maladie, etc.).

Si la mutation est un handicap pour l’animal, les individus qui en sont porteurs sont rapidement éliminés (par les prédateurs, les maladies, sous l’effet de la concurrence avec leurs congénères...). En revanche, ceux qui portent une mutation favorable, avantagés par rapport aux autres, survivent en plus grand nombre, vivent plus vieux, et ont une descendance plus importante. Aussi, à terme, leur mutation se transmet- elle à toute l’espèce, qui peut ensuite être considérée comme ayant acquis le caractère.

Chez les chinchillas sauvages, la couleur grise – qu’on qualifie également de couleur « standard » – constituait un avantage important, puisqu’elle permettait le camouflage au milieu des rochers. Les mutations de couleur qui se produisaient dans le milieu naturel constituaient au contraire un handicap, rendant les animaux qui en étaient porteurs plus visibles, et donc plus vulnérables, aux prédateurs. Aussi ces mutations étaient-elles systématiquement éliminées par la sélection naturelle.

Que le chinchilla soit devenu un animal familier change bien des choses. Les mutations de couleur qui se produisent maintenant sont – à l’inverse de ce qui se produit dans le milieu naturel – fort prisées des éleveurs, qui les apprécient sur le plan esthétique et à cause du cachet original qu’elles donnent aux animaux. Au lieu d’éliminer les porteurs de ces mutations, ils les sélectionnent, les mettent en reproduction et les accouplent entre eux. Ils sont ainsi parvenus, depuis les années cinquante, à fixer un certain nombre de mutations, qui portent d’ailleurs souvent le nom du propriétaire de leur élevage d’origine.

En outre, de nouvelles mutations de couleurs peuvent encore apparaître, et la diversification devrait se poursuivre. On distingue quatre catégories principales de mutations.

Les mutations à dominante noire

• Le « black velvet » (ou « Gunning black ») : cette mutation est apparue chez l’éleveur américain Gunning, qui vit un jour naître un chinchilla dont la tête était entièrement noire. Il parvint à fixer ce caractère en accouplant ce « phénomène » avec d’autres animaux très foncés. Son aspect actuel est celui d’un magnifique chinchilla dont la tête et le dos sont d’un noir très brillant, le reste du corps ayant la couleur standard.

Le gène qu’il porte a la particularité d’être létal chez les animaux homozygotes, ce qui signifie que ceux qui ont reçu un tel gène de chacun de leurs parents, et qui en portent donc deux, meurent à l’état foetal ou juste après leur naissance. Il ne faut donc jamais croiser entre eux deux animaux porteurs du gène « velvet », à savoir des animaux « black », « beige », « saphir » et « charcoal ».

• Le « charcoal » : contrairement au précédent, ce chinchilla a une livrée uniforme (c’est-à-dire qu’il n’a pas de bande ventrale blanche) et sa couleur peut aller du gris très foncé au noir complet, avec toutefois beaucoup moins d’éclat que le « black ». Le gène charcoal est récessif.

• L’« ebony » : cette mutation est identique à la précédente sur le plan de l’aspect qu’elle confère à l’animal. Elle correspond néanmoins à un comportement génétique différent, puisque le gène ebony est dominant.

Les mutations à dominante blanche

• Le « blanc Wilson » : cette mutation, apparue chez l’éleveur américain Wilson en 1955, est en fait la première mutation de couleur officiellement recensée. Le « blanc Wilson » se distingue de l’« albinos » par la couleur de l’oeil, qui est normale et non pas rouge.

De plus, sa couleur n’est pas toujours entièrement blanche, et il est même assez rare d’obtenir un animal blanc à l’état pur. Souvent, les « Wilson » naissent avec des poils de garde noirs et sont qualifiés d’« argentés », ou ils possèdent quelques taches grises et sont nommés « mosaïque ». Ils ont la même particularité sur le plan génétique que les « velvet », c’est-àdire que le gène est létal quand il est homozygote ; il ne faut donc jamais croiser deux « Wilson », ou un « Wilson » et un « starlite ».

• Le « starlite » : celui-ci, contrairement au précédent, est assez souvent entièrement blanc ; mais il peut se produire qu’il porte quelques taches beiges. L’oeil, en revanche, est de couleur rubis. Ce chinchilla est issu du croisement entre un « Wilson » et un « beige » dominant.

• L’« albinos » : cette mutation est assez rare (mais elle existe dans presque tout le règne animal) ; elle confère une couleur d’ensemble ivoire, et l’oeil est rougeâtre.

Les mutations à dominante beige

• Le « beige Tower » : cette mutation existe sous deux formes, l’une, dite homozygote, où l’oeil est rosé, le dos et les flancs crème et le ventre blanc ; l’autre, dite hétérozygote, où l’oeil est rubis, le dos et les flancs beiges et le ventre blanc.

• Le « champagne » : celui-ci est légèrement plus clair que le « Tower » hétérozygote, mais son oeil est noir. Comme l’« albinos », cette mutation récessive est abandonnée par les éleveurs.

• L’« almond blossom » : il ressemble beaucoup au « Tower » homozygote, mais en plus clair. On l’obtient d’ailleurs par croisement d’un « starlite » et d’un « beige » homozygote.

• Le « beige velvet » : c’est le produit du croisement entre un « black velvet » et un « beige Tower ». Son aspect est très élégant, la tête et le dos étant beige assez foncé, les flancs beige plus clair, le ventre blanc et l’oeil rubis.

• L’ « afro-violet » : cette mutation est la plus récente existant actuellement, et elle est apparue dans un élevage d’Afrique du Sud. Elle est pour l’instant peu connue, car extrêmement rare et d’un prix exorbitant. La couleur est assez difficile à définir et semble associer le bleu et le beige, tout en conservant la bande ventrale blanche. Il s’agit d’une mutation récessive pouvant se combiner avec le gène « velvet ».

• Le « pastel » : c’est un très beau chinchilla qui s’obtient par croisement d’un « charcoal » ou d’un « ebony » avec un « beige Tower ». Sa couleur est uniformément brune, de teinte assez foncée.

Les mutations à dominante bleutée

• Le « saphir » : il présente l’aspect d’un « standard » très clair et très bleuté, qui aurait conservé sa bande ventrale blanche classique. Il ne peut être obtenu que par croisement de deux porteurs du gène « saphir » entre eux.

• Le « saphir velvet » : c’est une des plus belles mutations de chinchilla qui soient, avec le « black velvet ». La tête et le dos de l’animal présentent un aspect bleuté assez foncé, qui tranche avec les flancs du « saphir » classique. La bande ventrale blanche est également conservée. L’obtention de cette mutation se fait à partir de « saphirs » classiques et de « black velvet », que l’on croise selon certaines procédures sur plusieurs générations ; mais elle est compliquée par le fait que le gène « velvet » est létal s’il est transmis par les deux parents.

 
Masiac
  • Journaliste scientifique, spécialiste des rongeurs et auteur de nombreux ouvrages de référence en la matière

0 commentaire(s)

Réagissez ! Soyez le premier à donner votre avis !

Pour rédiger votre propre commentaire, vous devez vous connecter ou vous inscrire
Wamiz est gratuit grâce à la publicité, si vous aimez Wamiz merci de ne pas bloquer les pubs ;-)