En ce jour de mars, Uwe K., un habitant de Dortmund en Allemagne, circule à nouveau au volant de sa voiture électrique. Le véhicule glisse presque silencieusement sur l'asphalte – une caractéristique qui, ce jour-là, menace de devenir un piège mortel.
Au bord de la route, une ombre surgit de nulle part. Une chatte s'apprête à traverser la chaussée. Elle ignore qu'un véhicule de plusieurs tonnes approche. Il s'agit de fractions de seconde. Uwe réagit instinctivement, avec des conséquences inattendues !
Pour un chat : un automobiliste klaxonne
Pour éviter le pire, il klaxonne l'animal à quatre pattes pour le prévenir. La réaction est immédiate : la chatte sursaute, fait demi-tour et se réfugie dans le buisson salvateur. Danger écarté. Uwe K. respire profondément et poursuit sa route. Une fin heureuse apparente en pleine rue.
Huit semaines s'écoulent. L'incident est depuis longtemps sorti de sa mémoire lorsqu'une lettre officielle et sobre arrive soudainement dans la boîte aux lettres de l'habitant de Dortmund. Uwe déchire l'enveloppe – et reste figé.
Ce qu'il y lit est d'une absurdité difficilement surpassable. Une amende de cinq euros. L'accusation officielle des autorités est : « utilisation abusive de signaux sonores ». Il doit payer. Non pas parce qu'il roulait trop vite, mais parce qu'il a sauvé la vie d'un animal.
Une amende pour avoir sauvé une vie
Comment en est-on arrivé là ? Uwe K. et la chatte n'étaient pas seuls dans cette situation. Une cycliste avait observé l'intervention salvatrice de loin. Au lieu de se réjouir de la tragédie évitée, elle n'a pas hésité – et a signalé anonymement l'habitant de Dortmund aux autorités.
Pour les amis des animaux, cette procédure est un affront. Mais la législation implacable ne laisse aucune place à la compassion. Selon le Code de la route (StVO) en Allemagne, le klaxon ne peut être utilisé en agglomération que pour avertir les autres usagers de la route d'un danger concret.
Les autorités ont tranché froidement : un chat n'est pas un usager de la route au sens juridique. L'action salvatrice d'Uwe K. a donc été simplement considérée comme une nuisance sonore inadmissible. La sanction pour l'infraction : 5 euros d'amende.
Une preuve amère qu'une bonne action sur la route peut parfois se retourner contre soi de manière totalement incompréhensible.