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Race de chien :

Evolution de l’animal domestique à l’animal familier

Le chien a pu s’associer à l’homme dans de nombreuses tâches. Grâce à la domestication, le chien a pu avoir accès à une intimité avec l’homme. D’animal domestique, le chien est devenu animal familier et a pu établir des relations plus tendres et plus gratuites.

Mais, au début, les hommes ont apprivoisé et éduqué le chien afin de lui attribuer des fonctions bien précises : le chien est devenu un gardien (pour les troupeaux et le foyer), un animal de trait, un animal  moteur, un animal de défense employé dans la guerre. À partir du XVIIe siècle, le chien a eu une nouvelle fonction : celle de tenir compagnie aux hommes, puisqu’il acquiert le statut d’animal familier.

Le chien, descendant du loup dont la particularité est de vivre en meute, n’éprouve aucune difficulté à trouver sa place dans les foyers : les membres de la famille humaine avec laquelle il vit constituent à ses yeux de véritables substituts de meute. La transition de l’animal domestique à l’animal familier est une étape fondamentale dans la mise en place d’une communication plus « égale » où chacun essaie de comprendre l’autre dans le respect des différences homme/chien sans domination excessive mais en gardant simplement le sens de la hiérarchie.

L’intégration du chien à la famille humaine a été rendue possible par l’augmentation de la socialisation du chien par rapport à son espèce d’origine. Les travaux de Zimen montrent que le facteur limitant la socialisation du loup avec l’homme est le développement précoce de la réaction de peur chez cette espèce.

Cependant la période de socialisation est identique dans le temps chez le loup et le chien. Elle correspond à la période entre 4 et 10 à 12 semaines d’âge avec un pic de socialisation à 6-7 semaines. Après 6 semaines, le loup évite toute relation inconnue nouvelle. À cette même période, le chien lui aussi commence à distinguer les espèces connues et amies avant la sixième semaine et les espèces inconnues susceptibles de devenir des proies par la suite.

Cependant, la réaction de peur vis-à-vis des autres espèces est retardée. Le fait que l’homme fasse l’acquisition de chiots très jeunes permet une bonne socialisation et son intégration dans la « société humaine ». L’aspect utilitaire passe désormais au second plan.

Les groupes d’hommes et les meutes de loups utilisaient les mêmes techniques de chasse : ils chassaient en groupe et des rabatteurs amenaient leur proie dans un piège où une partie des chasseurs attendaient la victime. Le loup par son odorat et son ouïe exceptionnels est un bien meilleur chasseur que l’homme. À l’époque des premières domestications, le loup est un concurrent de l’homme chasseur.

Les loups ont commencé à s’approcher des campements d’humains et à se nourrir de leurs déchets. Les loups les plus téméraires s’approchèrent de plus en plus de l’homme qui possédait des ressources providentielles. Des petits nés près des camps ont progressivement pénétré les campements pour finir par vivre au milieu des groupes d’humains.

Parallèlement à ces premiers contacts, nous ne pouvons négliger le rôle de l’allaitement de louveteaux par des femmes. Ce nourrissage des jeunes animaux sauvages par des femmes a été observé de tout temps et dans des tribus de toutes les cultures. Les raisons de cet allaitement sont mal connues, on suppose que les chasseurs les ramenaient au camp soit pour les engraisser dans un but alimentaire, soit pour servir de jouets aux enfants, soit encore pour favoriser la montée de lait chez les femmes. Mais les femmes allaitaient ces jeunes peut-être juste pour le plaisir de les materner, d’avoir des êtres dépendants d’elles. Quelle qu’en soit la raison, ces louveteaux devenaient des animaux domestiqués par un mécanisme d’imprégnation à l’homme

L’homme trouva vite son profit en coopérant à la chasse avec ces loups domestiqués. On peut penser qu’après que les loups sont entrés dans les campements, une sorte de symbiose entre eux et les hommes est née. Ils échangeaient de la nourriture, un abri contre un service de nettoyage, une compagnie mais surtout contre des qualités sensorielles et un système d’alarme. Cette relation qui présentait un avantage non négligeable dans les deux sens a perduré. Elle a permis l’évolution des loups les plus téméraires et les moins agressifs en des chiens proches de l’homme.

L’homme a pu alors remarquer l’avantage, voire devenir dépendant, de la présence de ces loups autour de son campement, pour l’hygiène de celui-ci – nettoyage des détritus et des vermines –, pour sa garde ou pour avertir de l’arrivée de dangers. Il aurait alors laissé l’animal devenir dépendant de ce refuge et s’autodomestiquer comme commensal des camps humains. De nos jours, ce type de rapport s’observe encore dans certaines sociétés africaines, où le chien joue même un rôle fondamental dans la délimitation des territoires autour des tentes de nomades.

Puis les hommes ont appris à mettre en commun leurs mêmes centres d’intérêt et leurs instincts de chasseurs avec les loups, pour en faire leurs alliés pour la chasse. Cette attitude s’est renforcée à la fin du paléolithique, où la chasse concernait des proies plus difficiles à rejoindre ou à piéger.

Avec le temps, les liens d’avantages mutuels ont pu se renforcer par une véritable affection, lien entre l’homme et l’animal par la chasse d’une part, mais aussi entre les femmes et les petits d’animaux sauvages tués d’autre part. Un certain attachement de l’homme au chien vice-versa est apparu permettant un communication « complète ».

S’il est possible que l’homme ait sélectionné des loups aux tempéraments favorables, il est sans doute plus probable que le passage du loup au chien domestique se soit réalisé par l’intermédiaire de ces jeunes louveteaux séparés de leurs parents. En effet, il existe un phénomène d’imprégnation ou d’« empreinte » au cours du développement du loup ou du chien, qui provoque l’attachement du nouveau-né à celui ou celle qui remplace sa mère naturelle. Cette période sensible se situe chez le chien entre la troisième et la douzième semaine, et en particulier vers 7 à 8 semaines.

Plus les animaux étaient capturés jeunes, plus l’homme pouvait créer, entre l’animal et lui, un lien très fort et stable de subordination dominance. Ainsi, au-delà d’un aspect utilitaire, les premiers chiens domestiqués étaient ou devinrent de véritables compagnons, participant aussi aux jeux des enfants, en plus des activités de travail.

Les premiers chiens domestiques sont apparus, se socialisant avec l’homme par l’apprentissage de signaux de communication émis et perçus entre individus, et par leur intégration dans leurs structures, conditionnant alors leur vie et leur comportement social à l’état adulte puis de génération en génération. Le loup est une espèce territoriale qui vit en bandes hiérarchisées, coopérant pour la chasse ; la meute obéit à un chef unique, individu a, et les rapports sont de type dominant/dominé : chaque individu mâle ou femelle a règle la position hiérarchique des individus subdominants.

Un maître consciencieux doit toujours garder cela à l’esprit pour une bonne communication. Toute cette évolution de l’animal sauvage en animal domestique puis familier constitue les bases du système de communication actuel.

 
Florence Desachy
  • Docteur vétérinaire comportementaliste, enseignante et directrice d'une collection d'ouvrages animaliers

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