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Race de chien :

Comment raisonne un chien ?

Il y a encore moins de cinquante ans, l’idée de tests de caractère pour chiens aurait fait sourire les cynophiles les plus passionnés : en effet, on pensait que le chien n’avait ni caractère ni personnalité. On se limitait à imposer une volonté (souvent de façon coercitive) à cet « animal inférieur » qui n’était capable d’apprendre à exécuter quelques exercices utiles que parce qu’il craignait une punition ou bien parce qu’il espérait une récompense.

Les recherches scientifiques récentes (éthologiques et psychologiques) nous ont permis de découvrir que les animaux ont un monde intérieur bien plus complexe et plus riche en nuances que ce que l’on pensait autrefois : le chien, en particulier, n’est pas seulement intelligent, mais ses comportements se rapprochent beaucoup des comportements « rationnels » que l’on imaginait jusqu’à présent exclusivement liés à l’espèce humaine.

Cela ne veut pas dire qu’un chien raisonne « comme un homme » au sens strict du terme : imaginer cela est une grave erreur que l’on définit en éthologie sous le terme de « anthropomorphisme » et qui conduit de nombreux maîtres à commettre des erreurs d’éducation ou de dressage.

L’exemple typique est celui du monsieur qui laisse son chien seul à la maison pendant quelques heures et qui, quand il revient, retrouve des « dégâts » (par exemple, le pipi sur le tapis) et un chien très triste qui le regarde d’un air affligé.

Que pense alors ce maître ? Il pense que son chien a voulu lui marquer son « dépit ». Si l’on tente alors d’expliquer au maître que l’esprit d’un chien est absolument incapable d’élaborer une notion abstraite aussi complexe, il répond que « son » chien en est tout à fait capable ; autrement, pourquoi aurait-il cette expression coupable de celui qui sait bien qu’il a fait une bêtise ?

La vérité est pourtant très simple et complètement différente. Le chien resté à la maison (surtout s’il s’agit d’un chiot ou d’un jeune chien encore fragile psychiquement) s'est senti seul et a eu peur : en d’autres termes, il a subi un stress qu’il a essayé d’évacuer comme il a pu.

Au début, il a certainement gémi ou aboyé, puis tourné nerveusement dans toutes les pièces ; enfin, son stress augmentant avec le prolongement de l’absence de son maître, il a vidé sa vessie (réaction normale, même chez les enfants, en cas de peur). Et voilà le maître qui rentre chez lui.
Le chien ne sait absolument pas qu’il a fait quelque chose de mal et il court vers son maître pour lui faire la fête ; mais le maître voit le pipi sur le tapis, crie et tape son chien.

Attention : dans toutes les histoires de ce genre, il existe une « première fois » où le chien, au retour de son maître, ne prenait pas un air coupable. Toutefois, aucun maître n’arrive à s’en souvenir ni à attribuer à cette attitude la bonne signification.

Les maîtres ne se souviennent que des (nombreuses) fois suivantes, quand ils sont rentrés chez eux et qu’ils ont trouvé leur chien qui rampait et qui s’approchait d’eux le ventre en l’air, parce qu’il avait fait pipi. Pourtant, cela n’était pas dû à une marque de « dépit » consciente, mais plutôt à l’association qui s’était instaurée la première fois : retour du maître plus pipi sur le tapis égale coups.

Il faut remarquer que cette association ne dissuade pas du tout le chien de faire à nouveau pipi sur le tapis : cet acte « dissocié » de la présence du maître ne lui cause aucune douleur et il continue donc à l’exécuter comme soupape de sûreté pour évacuer ses tensions émotives.

En revanche, le chien associe l’idée des réprimandes et des coups au retour de son maître : ce n’est qu’à cet instant qu’il prend un air accablé et soumis. Pour s’en convaincre, il suffirait au maître de regarder discrètement par une fenêtre avant de rentrer chez lui : il verrait un chien joyeux, ne ressentant aucun sentiment de « culpabilité ».

Ceci n’est qu’un petit exemple de la tendance qu’a l’homme à « anthropomorphiser » au lieu d’essayer de comprendre comment fonctionne vraiment l’esprit canin. Il est impossible d’en faire le tour dans ce site car il faudrait consacrer plusieurs tomes à ce sujet (de tels livres existent et vous pouvez les trouver dans les bonnes librairies) : nous nous limiterons ici à aborder quelques notions de base pour vous aider à mieux comprendre la signification et le déroulement des tests de caractère et d’aptitudes.

 
Florence Desachy, Bianca Frosolini
  • Docteur vétérinaire comportementaliste, enseignante et directrice d'une collection d'ouvrages animaliers
  • B. Frosolini est éleveuse de chiens de défense et participe à des expositions canines dans le monde entier

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