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Tarifs vétérinaires en France : des prix qui vont du simple au triple ?

Mercredi 07 Novembre 2018 | Par Stéphane Tardif

Beaucoup de propriétaires de chiens et de chats témoignent d’une certaine disparité dans les tarifs annoncés par les vétérinaires. Qu’en est-il réellement ? Comment ont évolué les tarifs des vétérinaires au cours des dernières décennies ?

Une enquête récente a été réalisée par l’équipe du magazine Que Choisir (n°574, novembre 2018) : par téléphone, 2332 cliniques vétérinaires ont été contactées entre le 9 et le 23 juin 2018. 11567 prix ont été récoltés, en utilisant trois scénarios : « chat », « labrador », et « yorkshire ». Quand une fourchette de prix était donnée, le plus bas était retenu.

L’enquête permet de comparer les tarifs vétérinaires entre eux, ainsi que de faire ressortir des différences entre les zones géographiques. En comparant ces résultats aux enquêtes précédentes (Que Choisir n°500, février 2012), elle permet également de juger de l’évolution des tarifs vétérinaires.

Des prix qui ont peu augmenté ces dernières décennies

La première surprise fut de constater une faible augmentation des tarifs vétérinaires : en 6 ans, l’augmentation des prix vétérinaires est proche l’inflation. Cela signifie que le vétérinaire ne coûte pas plus cher qu’avant, comparativement aux autres dépenses quotidiennes.

Ce qui est surprenant, c’est qu’en parallèle, le cahier des charges d’une clinique s’est furieusement complexifié, obligeant la clinique à des investissements onéreux dont il est difficile de se passer aujourd’hui. On citera par exemple les appareils d’anesthésie gazeuse ou d’imagerie médicale.

Mais pour palier à ces dépenses, certains actes ont augmenté plus que d’autres, comme la consultation de base. En effet, ajoutant de nombreux services non facturés (soins en hospitalisation, astreinte…), la clinique doit reporter ces coûts sur certains actes. L’idée, par exemple, est qu’en payant la consultation légèrement plus cher, vous permettez à la clinique de payer un vétérinaire la nuit pour avoir un service ouvert 24h sur 24.

Au final, les cliniques n’ont donc pas augmenté autant leurs tarifs que leurs dépenses. Voici ce qu'en dit Laurent Perrin, Secrétaire Général du SNVEL :

Le prix des actes vétérinaires a augmenté : pourquoi ?

SNVEL : L’enquête publiée par Que Choisir récemment, sur la base d’un échantillon très large de personnes interrogées, montre une augmentation modérée des tarifs proche de l’inflation. Il est tout à fait normal que les tarifs augmentent sur une période de 6 ans, mais cette hausse est modérée. D’autre part, les contraintes sur les structures se sont accrues sur cette période (en particulier suite à la modification du Code de déontologie en 2015). Cependant, il est important de noter deux choses : les tarifs vétérinaires sont libres et surtout soumis à la TVA (qui a augmenté pendant cette période).

Pourquoi certains actes plus que d’autres ?

SNVEL : L’accroissement des contraintes déontologiques a entrainé une augmentation des charges pesant sur les structures de manière globale. Cependant, on peut émettre l’hypothèse que le choix s’est porté d’augmenter plutôt les consultations de base que les grosses chirurgies dont les tarifs constituent parfois un plafond de verre en termes de dépenses pour les propriétaires. Cela reste de toute façon au libre choix de chaque entreprise.

Proportionnellement au « coût de la vie », peut-on dire que le vétérinaire est plus cher qu’avant ?

SNVEL : Du fait d’une augmentation des tarifs très proche de l’inflation (et parfois en dessous), je pense que l’on peut dire que le vétérinaire n’est pas plus cher qu’avant. En revanche, les équipements des structures vétérinaires, cabinets, cliniques ou centres hospitaliers, ont progressé apportant un service proche de celui de la médecine humaine pour un coût moindre.

Un métier en pleine évolution

Au final, non seulement on constate donc que la profession voit ses tarifs augmenter moins vite que le reste de la société, mais en plus on observe des stratégies de baisse de prix qui provoquent des disparités importantes.

Ce qu’il faut bien comprendre avec les tarifs vétérinaires, c’est qu’ils sont déjà bien inférieurs à ce qu’ils devraient être : un vétérinaire français est bien moins cher qu’un vétérinaire anglo-saxon. En effet, le niveau de technicité de la profession a vraiment évolué au cours des dernières décennies, proposant aujourd’hui des prestations équivalentes à celles pratiquées en humaine.

Or, les vétérinaires anglophones ont évolué sur le même modèle que le secteur hospitalier humain, ainsi que leurs tarifs. Là où en France, la Sécurité Sociale empêche de voir combien nous coutons à la collectivité pour la santé : la population n'a pas conscience de ces frais et n'est pas habituée à payer de grosses sommes pour un acte médical.

On constate donc que le coût de la santé est élevé, mais que les vétérinaires sont dévalorisés par rapport à d’autres secteurs de la santé. On note des secteurs où la rentabilité d’une clinique est difficile à maintenir par rapport aux moyens financiers de la population, et des déserts médicaux apparaissent en médecine rurale. En effet, les jeunes vétérinaires s'installent plutôt en pratique chien et chat, qu'ils jugent plus avantageuse (feriez-vous une césarienne sur une vache à 2h du matin, pour ne gagner in fine que quelques dizaines d’euros ?).

Tarifs vétérinaires en France : des prix qui vont du simple au triple ?

Les assurances vétérinaires, courantes dans les pays anglophones, ne sont pas très développées en France également. L’enquête met en avant les frais d’assurance trop élevé, et un remboursement parfois difficile des prestations, qui découragent les propriétaires de chiens et chats. A peine 7% des chiens et 3% des chats sont assurés.

Des différences de prix importantes entre les cliniques

L’enquête révèle des tarifs qui présentent peu d’écart entre les différentes régions. L’Île de France est discrètement plus chère que le reste de la France, mais la différence n’est pas énorme.

Par contre, au sein des différentes régions, on note des tarifs qui vont allègrement du simple au triple, pour les différents actes demandés (consultation, stérilisation, premier vaccin et rappel). On note aussi de grosses différences entre les zones urbaines et rurales.

Il faut donc faire attention : pour une même dénomination, un service peut être différent d’une clinique à l’autre (durée de la consultation, qualité des soins apportés,…). Le vétérinaire a un devoir d’information : il se doit d’être transparent sur ses actes et leur coût. Il faut donc lui demander exactement la nature de la prestation et ce qui justifie son tarif.

Comment expliquer des variations du simple au triple, entre les différents praticiens, pour un même acte ?

SNVEL : Les tarifs vétérinaires, qui sont libres, sont fonction des charges qui pèsent sur les cliniques, à la fois sur l’immobilier, le plateau technique et le personnel. D’autre part, ce qui s’appelle de la même façon entre deux cliniques peut recouvrir des prestations différentes. Ainsi, certains vont choisir d’inclure un certain nombre de services complémentaires qui chez d’autres vont être ajouter en supplément. C’est un choix d’entreprise, cependant nous pouvons conseiller aux propriétaires de toujours s’informer auprès de leur vétérinaire notamment en demandant des devis explicites.

Peut-on parler de « lowcost » vétérinaire ?

SNVEL : Cette dénomination de « low cost » est abusive car en fait il s’agit avant tout de structures qui proposent une palette restreinte de services. Le plateau technique est généralement restreint ne donnant pas accès à l’ensemble des prestations généralement pratiquées dans une clinique vétérinaire.

N’y a-t-il pas une interdiction de ces pratiques dans le code de déontologie ?

SNVEL : Comment l’Ordre gère les praticiens qui « cassent les prix » ? Le code de déontologie définit une obligation de moyens à mettre à disposition selon le type de la structure (cabinet, clinique, centre hospitalier). L’Ordre s’attache à la qualité du service rendu.

Comment expliquer les différences de prix entre les zones rurales et urbaines ? Est-ce lié au pouvoir économique de la région ?

SNVEL : Comme pour le reste de l’économie, il existe des différences entre zones urbaines et rurales, essentiellement liées à l’immobilier.

Conclusion : le vétérinaire, cher ou pas cher ?

La santé est un service qui se paie cher, mais dans le cas du vétérinaire, on peut allègrement affirmé qu’il est bon marché. Cela signifie que la prestation offerte par un vétérinaire, à niveau de technicité équivalent, est moins cher que de nombreuses autres professions d’expertise.

Ce qui ne signifie pas que le vétérinaire est bon marché. C’est de loin le plus important à retenir : la santé coûte cher ! Et ce n’est pas qu’une question économique : il faut du matériel, des années d’étude, et de l’expérience, pour soigner correctement un être vivant ; cela se paie.

Un animal coûte pour sa santé en moyenne (d’après l’enquête) 166€ pour un chat, et 211€ pour un chien sur un an. C’est donc très faible si on compare ça à d’autres dépenses (il faut ajouter à cela l’alimentation, toutefois). Si vous n’avez pas les moyens d’assurer de telles dépenses quand vous prenez la responsabilité d’accueillir et entretenir un animal, il ne faut pas le prendre, sous peine de devoir un jour choisir entre sa santé ou votre portefeuille !

Dr Stéphane Tardif
Docteur vétérinaire et rédacteur pour Wamiz

A lire aussi : Mon chat tue excessivement, faut-il réagir ?

Crédits photo :

shutterstock

6 commentaire(s)
Et oui, ce ne sont pas des " gourmands" ce sont des affamés du fric ... mais je vais laisser quelques commentaires sur les réseaux sociaux vis à vis de ce vétérinaire , je n'ai plus rien à perdre et de toute façon, je ne suis pas la seule à m'en plaindre . Mais si personne ne dit rien, rien ne changera donc allons- y gaiement !
Votre vétérinaire semble aimer plus son portefeuille que les animaux. Dans ce cas, si c'est possible, il faut vite en changer. Je comprends votre colère. Quant aux assurances, elles voient aussi leur intérêt en premier lieu. Normalement, elles refusent d'assurer un animal de plus de 5 ans. Lorsqu' j'ai assuré ma chatte, elle avait 4 ans et je payais une cotisation mensuelle de 16€. 6 ans plus tard, la cotisation avait doublé et j'apprenais que je n'avais plus droit à aucun remboursement. Très fâchée, j'ai fait aussitôt opposition aux prélèvements. La compagnie, après plusieurs rappels, a menacé de m'envoyer un huissier. J'ai répondu que j'étais prête à aller jusqu'au tribunal. Cela s'est passé il y a 3 ans et depuis, je n'ai plus de nouvelles. C'est pourquoi je conseille de faire attention aux propositions des compagnies d'assurance qui pratiquent ce genre d'arnaque.
Je crois que vu les prix pratiqués par le vétérinaire dont je parle et après une opération très couteuse, opération de la " cataracte ratée" à cause de la pupille qui ne se dilatait pas ( il aurait pu essayer à l'autre oeil , mais ça ne lui est pas venue à l'idée ! donc pas mit d'implan) puis les visites "post opératoire" une goutte dans l'oeil et vérification avec appareil électronique , payer des 100 euros, puis 62 puis 50 , et me facturer les médicaments au double du prix , excusez-moi mais j'en suis à plus de 2.000 euros je pense qu'il y a de quoi être fâchée en voulant prendre soin de ma chienne récupérée à la SPA et à avoir à faire à un vétérinaire pompe fric et de plus je ne suis pas la seule à m'en plaindre !
Quand aux assurances ma chienne est âgée de plus de 9 ans ( venant de la SPA, l'aâge est incertain . Donc peu de celles - ci acceptent de l'assurer .
Cela ne m'étonne pas et c'est bien pour cela que je parle de personnes plus gourmandes que les autres. Il faut aussi tenir compte du prix grossiste des médicaments, inversement proportionnel à la quantité demandée. Dans votre cas Titinou17, il faut bien reconnaître qu'une telle différence est surprenante et demande des explications au vétérinaire.
Mais les vétérinaires qui demandent le double du prix des médicaments par rapport à ceux de la pharmacie ? Oui oui, véridique, j'en ai fais les frais au vrai sens du therme !
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