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SoliVet : une association lyonnaise qui soigne les animaux défavorisés de la Ville des Lumières

Mercredi 24 Juin 2020 | Par Nathalie D'Abbadie

Début juin, le prix Purina BetterwithPets 2020 récompensait des projets sociaux innovants qui relèvent du domaine des animaux de compagnie. Parmi eux, SoliVet, une association qui soigne de nombreux animaux de personnes sans domicile fixe en plus d’intervenir dans les centres d’hébergement pour aider à la réinsertion sociale aux côtés d’un animal.

Après avoir échangé avec Jade Street, la co-fondatrice de StreetVet, l’association qui a remporté le grand prix Purina BetterwithPets 2020, nous avons interviewé chacun des trois finalistes français du concours pour qu’ils nous présentent leurs projets !

Aujourd’hui, c’est au tour de Théo Noguer, le fondateur de SoliVet, une association lyonnaise qui vient en aide aux propriétaires d’animaux sans domicile fixe, leur offrant des soins vétérinaires ainsi qu’un accompagnement comportemental pour favoriser la réinsertion sociale aux côtés d’un animal de compagnie qui a toujours vécu à la rue.

Comment vous est venue l’idée de créer SoliVet ?

En 2014, pendant mes études vétérinaires, j’ai lancé un projet associatif avec d’autres étudiants : le DVEL, le Dispensaire Vétérinaire Etudiant de Lyon, qui offre des soins vétérinaires aux propriétaires d’animaux sans abri à Lyon depuis plus de 5 ans.

Lorsque j’étais en 4ème année, j’ai suspendu mes études pour me consacrer à temps plein à ce projet associatif qui a décollé, puis j’ai décidé de créer SoliVet en septembre 2019.

Car en travaillant sur le terrain, nous avons été confrontés à la question du retour en logement avec un chien. Il y a souvent beaucoup de blocages autour des animaux dans les centres d’hébergement, et j’ai voulu agir là-dessus, pour aller plus loin et apporter plus d’aide.

Quelles sont vos différentes actions sur le terrain ?

Nous accompagnons les structures qui viennent en aide aux personnes sans abri, pour répondre à leurs questions et les aider à faire en sorte que l’animal soit un atout dans leurs structures.

On s’est rendu compte que les soins vétérinaires offerts étaient d’une grande aide aux personnes dans le besoin, mais que ce n’était pas suffisant pour changer les choses.

J’ai voulu avoir une approche globale, et former le personnel social pour les aider à ne pas avoir peur des chiens, et faire de la médiation animale au quotidien.

Je suis entouré de beaucoup d’autres acteurs associatifs et structures sociales qui me permettent d’effectuer un accompagnement comportemental du chien qui retrouve un logement avec son propriétaire. Car c’est une phase qui peut être difficile pour le maître comme le chien ! L’animal a souvent vécu toute sa vie dehors en liberté, avec d’autres chiens, et la réinsertion peut être difficile, surtout si le maître s’absente pour trouver du travail, etc.

On organise aussi des journées vaccination et identification, avec un réseau de vétérinaires et d’éducateurs qui interviennent directement dans les structures, car le suivi vétérinaire est interdit dans la rue en France.

Pouvez-vous nous parler du lien entre les animaux et les humains avec lesquels vous travaillez dans le cadre de votre projet ?

Je ne connaissais pas ce milieu avant, alors j’ai été surpris ! J’avais, comme beaucoup de personnes, plein de préjugés sur ces animaux de SDF qui ne devaient manger qu’un jour sur deux, et ce projet a chamboulé tout ça.

Il y a un lien très fort entre ces personnes et leurs animaux. C’est souvent la seule bouée de sauvetage qui les retient, et leur évite de sombrer dans la drogue ou la dépression.

Ces animaux leur permettent de lutter contre la solitude, se réchauffer l’hiver, parler avec les autres, et avoir de la compagnie au quotidien.

Et ces maîtres rendent très bien tout cela à l’animal, et font passer l’animal avant eux. L’animal passe toute la journée avec son propriétaire, et est très sociabilisé et équilibré.

Ce lien propriétaire-animal est difficile à appréhender quand on ne le connaît pas, car il est très différent entre un maître et un chien « classiques ». Car quand on a une vie classique qui comporte un chien, on a beaucoup d’autres obligations, un travail, etc. Mais pour ces personnes, c’est tout ce qu’ils ont dans leur vie, et toutes leurs actions tournent autour de leurs chiens. Pour le moment, je n’ai pas retrouvé ce type de rapport humain-animal ailleurs.

Quelle est la leçon la plus précieuse que vous avez apprise grâce à votre projet ?

Que ces propriétaires d’animaux sans abri, ce sont des personnes responsables, et l’animal est un super médiateur qui permet d’accélérer la réinsertion sociale de son propriétaire.

Comment la compétition BetterwithPets a-t-elle impactée votre projet ?

C’était la première compétition que je faisais avec Solivet, et c’est une preuve de confiance énorme qui me motive à continuer, et me rassure que je suis dans la bonne voie.

L’accompagnement de la compétition permet de coucher les idées sur le papier, de réfléchir à des questions précises et faire murir le projet. C’est ainsi que j’ai pris le temps de réfléchir à comment je pourrais étendre le projet s’il marche !

Quels sont vos projets pour vos gains du prix BetterwithPets ?

Ce prix va accélérer le lancement du projet, et nous permettre de commencer plus vite et plus fort.

Les gains permettront de lancer des soins vétérinaires sur la Péniche Accueil à Lyon, ainsi que le démarrage de l’accompagnement comportemental au service TOTEM du Relais Ozanam à Grenoble, qui rencontre beaucoup de problèmes de comportement des chiens de ceux qui s’y rendent pour retrouver un logement.

***

Un immense merci à Théo Noguer, le fondateur de SoliVet, de nous avoir parlé de son projet !

A lire aussi : Gamelles Pleines : une association qui nourrit et soigne les chiens des personnes sans abri

# SDF, association
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