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Enquête sur l’alimentation de nos animaux : que cachent les aliments pour chiens et chats ?

Dimanche 07 Mars 2021 |

Une enquête menée par la DGCCRF dénonce les nombreuses infractions commises par les fabricants d’aliments pour animaux.

« Poulet frais », « sans céréales », « sans additifs », … Avec un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros, le secteur des aliments pour animaux domestiques se porte très bien. Il attire d’ailleurs des petites entreprises à se positionner sur des aliments dits « haut de gamme » avec des arguments comme le « bien-être », « l’origine française », « manger sain » ou « équitable ». Des arguments qui font mouche puisque la santé et la nutrition sont des critères de choix pour 60 % des possesseurs d’animaux.

Mais face aux étiquettes, pas facile de savoir ce qu’il y a de meilleur pour son animal. Alors, peut-on avoir confiance dans les aliments pour animaux ?

Le bilan : des emballages trompeurs

L’enquête menée par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des Fraudes (DGCCRF) a pointé du doigt « une réglementation encore trop méconnue en matière de loyauté et de l’information ».

En effet, le rapport révèle une grande disparité entre les ingrédients affichés sur le paquet et la réelle composition des aliments à destination des animaux. Sur 141 établissements visités, 54 présentaient des anomalies, et sur 30 aliments analysés, 7 étaient déclarés non conformes.

De quoi induire sérieusement le consommateur en erreur puisque la réglementation prévoit un étiquetage lisible pour le consommateur ainsi que la présence d’un numéro de téléphone gratuit, ce qui n’est pas toujours le cas.

Face aux croquettes en tout genre (pour animaux âgés, stérilisés, sans céréales, adaptés à une maladie, etc.), la lisibilité n’est pas respectée, car les arguments invoqués ne sont faux ou du moins peu vérifiables.

La (longue) liste des infractions

Malgré une législation stricte, l’enquête menée par la DGCCRF a permis de montrer les nombreux manquements en matière d’aliments pour animaux.  Le rapport dénonce :

  • Un manquement sur des allégations et des mentions valorisantes. Avec des produits dits « made in France » alors que certains ingrédients viennent de l’étranger, du « sans gluten » alors que des céréales sont présentes, la mention produit « frais » sans être justifiée, « naturel » alors que l’aliment ne l’est pas, « sans conservateurs chimiques » alors qu’il y en a, ou même « viande à consommation humaine » alors que cela n’est pas autorisé par la législation.

À cela s’ajoutent des images trompeuses pour le consommateur avec des photos d’escalope de poulet ou de magret de canard. Or, ces aliments sont destinés à l’alimentation humaine et ne reflètent donc pas les ingrédients présents dans l’alimentation des animaux.

  • Le défaut de mentions obligatoires sur les étiquettes comme : le type d’aliments, les matières premières, la date de péremption, l’animal auquel il est destiné, etc.
    Certaines mentions ne sont parfois pas traduites en français.

     
  • Un manquement sur la composition. Elle diffère parfois entre celle décrite sur le site internet de vente et celle qui figure sur l’emballage. Par exemple, un pourcentage de poulet indiqué sur le paquet, supérieur au pourcentage réellement présent dans l’aliment.
     
  • Un manquement sur l’hygiène avec l’absence de procédure de nettoyage et de traçabilité ainsi que la présence de nuisibles dans les sites de vente.

Avec toutes ces infractions, quarante-deux établissements ont fait l’objet d’un avertissement, d’un procès-verbal pénal ou d’une injonction.

Une réglementation pourtant stricte

L’alimentation pour animaux est soumise à une réglementation stricte afin que l’étiquetage soit lisible pour le consommateur et qu’il puisse faire son choix de manière éclairée.

Pour cela, il existe pour les fabricants un code des « bonnes pratiques en matière d’étiquetage notamment avec des illustrations. Cette réglementation prévoit aussi de ne pas dénigrer les produits des concurrents.

Les mentions valorisantes sur le packaging des aliments doivent donc être prouvées scientifiquement. Pour ne pas tromper le consommateur, l’argument mis en avant doit être objectif, vérifiable et compréhensible, ce qui ne semble pas être toujours le cas.

Si cette réglementation n’est pas respectée, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) peut être saisie.

Et les additifs dans tout ça ?

Les additifs font partie des grandes préoccupations des propriétaires dans le choix de l’alimentation de leur compagnon.

Les additifs sont des substances, des micro-organismes ou même des préparations qui sont ajoutés aux aliments. Mais tous les additifs n’ont pas le même rôle. Ils ont pour vocation de remplir une fonction particulière comme : la conservation (conservateurs), la couleur (colorants), l’apport en vitamines, ou l’amélioration de la flore intestinale (probiotiques).

Cependant, les additifs qui sont utilisés en alimentation humaine ne peuvent pas être utilisés dans l’alimentation animale et inversement. Ils sont soumis à une réglementation stricte qui définit leur composition, leur identité, leur quantité ainsi que la manière dont ils peuvent être utilisés.

À lire aussi : Alerte sur les croquettes. Les vétérinaires tirent la sonnette d’alarme sur le marketing abusif

# chien bio, alimentation pour chien, alimentation pour chat
Crédits photo :

Ermolaev Alexander / Shutterstock

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