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Election SPA 2019 : les propositions de Jacques-Charles Fombonne

Lundi 03 Juin 2019 | Par Elise Petter

Candidat à un nouveau mandat pour la présidence de la SPA avec sa liste « Acteurs pour la SPA  », Jacques-Charles Fombonne a répondu aux questions de Wamiz. L'occasion d'aborder des thématiques clés comme la stérilisation, les chiens catégorisés et bien d'autres. 

Quels sont les grands chantiers qui seront mis en œuvre grâce aux dons des particuliers ?

La SPA ne vit que grâce à la générosité du public. Je souhaite continuer de soutenir la rénovation des refuges pour donner envie d’adopter et offrir aux animaux de meilleures conditions de vie. C’est notamment en réfléchissant à un nouveau concept des refuges, qui soient au plus proche des animaux, pour les chiens, qu’ils soient en liberté, qu’ils puissent courir, jouer et se sociabiliser. Ils ne doivent rentrer que pour manger et dormir. Ainsi, ils seront moins stressés et auront ainsi toutes les chances d’être adoptés.  

Du côté des signalements, il est parfois difficile pour nos Délégués-Enquêteurs d’agir au plus vite dans l’intérêt des animaux. Je veux les valoriser et leur donner davantage de poids en les faisant assermenter.

Je voudrais proposer aux parlementaires la création de la notion de « Légitime défense » pour les animaux, comme elle existe déjà pour les personnes et parfois, pour les biens. Actuellement, si un de nos délégués-enquêteurs saisit, de sa propre initiative, un animal en danger, il commet en réalité un vol susceptible de le faire condamner. Je souhaiterais qu’en cas de danger imminent pour l’animal (démontré par vidéo, par exemple), on puisse avoir le droit de le saisir, à charge d’aviser immédiatement la police ou la gendarmerie.

Je souhaite continuer à améliorer et valoriser le bénévolat des délégués-enquêteurs qui sont au nombre de 700, et qui font un travail extraordinaire sur le terrain. Je voudrais que l’on fasse un vrai effort sur leur encadrement. Ils sont actuellement rattachés aux responsables de refuge. Nous sommes en train de mettre en place des représentants régionaux délégués-enquêteurs, dédiés à ce bénévolat spécifique et si précieux dans la lutte contre la maltraitance - mission principale de la SPA. Cela permettra d’agir plus rapidement en coordonnant mieux leurs interventions.

Je crois aussi beaucoup à la valorisation du travail des agents d’accueil, dans le contact notamment avec le public afin d’inciter les personnes à venir adopter.

En lien avec les autorités locales, je voudrais augmenter le nombre de refuges : un en Corse, où l’action de nos équipes luttent contre une réelle souffrance animale, et un second à Pau où le maire nous sollicite.

Je souhaite également ouvrir un dispensaire en Guyane, la situation des animaux dans les territoires ultramarins étant très problématique. Je souhaite aussi un second Grand Refuge pour les équidés car le premier est déjà saturé.

J’aimerais que la SPA continue d'aider les petites associations indépendantes car il ne doit pas y avoir de lutte entre les acteurs de la protection animale, ce sont toujours les animaux qui en pâtissent. Je ne vois aucun inconvénient à ce que l’on se rapproche. Il faut s’entraider. Je ne veux juste pas que d’autres utilisent le nom de la SPA car cela entretient une confusion. 

Enfin j’aimerais développer un partenariat avec l’éducation nationale parce qu’il est fondamental de former et d’éduquer les adultes de demain à respecter les animaux. Les interventions de la SPA dans les écoles et au travers de ses clubs jeunes ont des effets bénéfiques, que nous constatons immédiatement. Il faut que cela se pérennise sur toute la France. Le respect des animaux ne pourra exister sans les futures générations.

Comment comptez-vous réduire le nombre d’euthanasies ? On parle de 50.000 euthanasies en 2014 en France dans les refuges et fourrières.

La SPA n’a procédé qu’à 662 euthanasies l’an dernier pour plus de 44.000 animaux recueillis, soit un taux de 1,5%.

La SPA a inscrit en 2014 dans ses statuts l’interdiction à l’euthanasie qui ne soit justifiée par des impératifs médicaux ou comportementaux de nature à mettre en danger l’intégrité physique d’autrui.

Sur cette question, je serai le garant de nos statuts et m’assurerai que les procédures internes seront respectées.

Prévoyez-vous de mettre en place des campagnes de stérilisation des chats errants ?

La SPA mène déjà des campagnes de stérilisation et d’identification de chats libres depuis de très nombreuses années. Elles s’organisent soit par le biais de conventions signées avec les associations locales, soit directement par les équipes de la SPA avec le soutien des communes, soit directement par le biais d’émission de bons de stérilisation spécifiques pour les chats libres. Il faut continuer, il en va de leur protection et de celle de la biodiversité.

Il faut inciter les maires à prendre leurs responsabilités et à stériliser les animaux. Des campagnes de sensibilisation seront menées, mais également en lien direct avec les autorités afin de leur faire comprendre les enjeux de la stérilisation, et ce en collaboration avec les vétérinaires.

Des mesures contre la vente d’animaux en animalerie pourraient-elles être prises ?

Les animaleries sont des commerces. Les animaux sont vendus comme des objets par des gens qui ne les connaissent pas. Ils sont sous des lampes, dans des conditions de vie inappropriées. Ce n’est pas acceptable. Cela entraîne de nombreux abandons et accentue les risques de trafics d’animaux. Cette démarche va à l’encontre de l’éthique de la SPA qui prône l’adoption responsable. Il est également important de rappeler que l’animal domestique est considéré comme un être vivant doué de sensibilité depuis la loi du 16 février 2015.

Je veux faire interdire la vente des animaux dans des animaleries, afin qu’il y ait enfin une cohérence entre les textes et le terrain.

Que pensez-vous des problèmes autour des annonces de cession d’animaux postées par des particuliers ? 

Il y a déjà une réglementation. Le problème c’est qu’elle n’est ni suffisante ni efficacement appliquée. Le contrôle du respect de la législation est impossible pour les autorités.

Par exemple, la cession à titre gratuit, il n’est pas toujours certain que ce soit un don, cela cache souvent une vente déguisée.

Il est intolérable que les animaux puissent être cédés, vendus, de la même façon qu’une voiture, un réfrigérateur, ou autre matériel. La reconnaissance du caractère d’être sensible des animaux en est la preuve même.

Lorsque l’on veut acquérir un animal, il faut pouvoir connaitre son histoire, les conditions dans lesquelles il vit, son état de santé… sinon ils finissent abandonnés dans nos refuges, voire pire ils sont délaissés, maltraités.

Je propose donc que seuls les éleveurs professionnels déclarés, et dont nous sommes assurés des bonnes conditions dans lesquelles ils détiennent les animaux, puissent les vendre sur Internet. 

Une modification de la loi pour les chiens de catégorie est-elle envisageable ?

Oui, je veux modifier cette loi. La catégorisation à partir de la race me parait une mauvaise approche. Ce ne sont pas les animaux qui sont difficiles, ce sont les maîtres qui les élèvent mal. Je voudrais que l’on modifie la loi et que l’on évalue les chiens individu par individu et non par races. Les fourrières accueillent de plus en plus de chiens de 1ère catégorie très sympa qui ne peuvent être cédés aux associations de protection animale ayant des refuges, la loi actuelle interdit leur cession.

Or lorsque l’on recueille un chien catégorisé, il faudrait des alternatives à l’euthanasie, selon son comportement et non selon sa morphologie.

Il faudrait faire venir un ou deux vétérinaires après une phase de sociabilisation. Le vétérinaire rend ensuite un avis : dangereux ou non. Si le chien ne représente pas un danger, on retire la catégorisation. Et on le remet dans le circuit de l’adoption. Faisons confiance aux vétérinaires.

Ce n’est pas la « gueule du chien » qui doit guider nos jugements, mais son comportement. C’est le chien qui paye l’inconséquence de son maître, ce n’est pas acceptable.

Une application plus stricte des sanctions en cas de maltraitance est-elle possible ?

Je voudrais uniformiser le corpus législatif. Je souhaite que l’on rajoute à la formation initiale des gendarmes et policiers un opuscule sur la maltraitance animale.

Et puis, augmenter le nombre de nos interventions à l’Ecole de la Magistrature, ainsi que dans les juridictions pour sensibiliser encore davantage les magistrats aux moyens dont ils disposent pour la protection animale. Je ne suis pas favorable aux amendes forfaitaires : le fait de comparaitre devant un tribunal est, au-delà de la sanction encourue, un acte symbolique et pédagogique qui peut générer une prise de conscience.

En dehors des animaux de compagnie, comptez-vous vous engager pour une autre cause : delphinarium, cirque, chasse…

Je pense que les endroits où on montre des animaux pouvaient avoir un sens au début du siècle dernier, mais ce n’est plus le cas. Un animal n’est pas bien quand il est sorti de son milieu. Les zoos sont à regarder au cas par cas en fonction de leur programme de protection des animaux.

L’exploitation d’animaux sauvages dans les cirques est pour eux source d’une grande souffrance et je souhaite que la France mette fin à cette exploitation commerciale. Concernant la chasse, plutôt qu’un partage des territoires, je proposerais un partage du temps qui me paraît plus acceptable.

 

>> Retrouvez toutes les interviews des candidats à l'élection dans notre dossier

 
# SPA
Crédits photo :

La SPA

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