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Race de chien :

Coup d’œil : Dr Alain Fontbonne

Samedi 05 Août 2017 |

Pouvez-vous nous confier vos débuts dans la Cynophilie ?

Mon père n’ayant pas réussi à être vétérinaire, j’ai donc été conditionné dès le plus jeune âge à prendre cette voie. J’enseigne aux étudiants vétérinaires depuis 1993. De 1993 à 2000, j’ai enseigné à l’école vétérinaire de Lyon.

Depuis 2000, je suis Maître de Conférence à l’école vétérinaire de MaisonsAlfort, spécialisé en reproduction du chien et du chat.

Dans le cadre de Maisons-Alfort, je forme les étudiants vétérinaires dans cette discipline qu’est la reproduction, l’équivalent de la gynécologie obstétrique en médecine humaine. En médecine vétérinaire, cela comprend également l’appareil reproducteur mâle, à savoir l’andrologie.

Je m’intéresse également à l’élevage, son environnement et les maladies en élevage. Je fais partie de l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (UMES), qui est dirigée par le professeur Dominique Grandjean, où je suis en charge de la reproduction et de la médecine de l’élevage. J’ai actuellement 4 vétérinaires qui travaillent avec moi dans ces différents domaines et que je coordonne.

Dans vos activités avec le chien de race, avez-vous vu des différences dans la sélection des chiens de race ou dans la façon de les élever ?

Quand j’ai commencé à travailler à la fin des années 80, j’ai été pendant 6 ans salarié de la Société Centrale Canine avant de devenir enseignant, et je m’occupais du service de la banque de semence canine à Maisons-Alfort. Je trouve que, par rapport à d’autres pays européens notamment, le chien de race ne s’est pas beaucoup développé au cours des vingt dernières années. L’avantage du chien de race est que nous connaissons à l’avance le type de caractère du chien, sa taille, son mode de vie, quelles vont être ses aptitudes. Il est plus facile de trouver un chien qui nous correspond réellement avec un chien de race qu’en prenant un chien croisé avec lequel nous ne connaîtrons pas vraiment sa taille, son caractère,… Le chien de race est une formidable opportunité pour intégrer le chien dans la société. Par rapport aux pays scandinaves où il y a 90% de chiens de race, en France le chien de race reste encore trop peu développé. Il est vrai que certaines associations ont tendance à ne pas recommander les chiens de race en raison de soi-disant problèmes génétiques et - selon elles - il vaut mieux prendre un chien dans un refuge. Il est clair que ces campagnes anti chien de race ne favorisent pas son développement, ce qui est vraiment dommage.

J’ai également remarqué qu’il y a moins d’éleveurs passionnés par rapport à ce qui existait il y’a une vingtaine d’années où les éleveurs sélectionneurs étaient passionnés par la lecture des pédigrées, par l’étude des lignées et des origines des chiens et qui cherchaient à obtenir un type d’aptitude et de morphologie particuliers. Aujourd’hui, il y a toujours des passionnés, mais nous avons également des cas où l’élevage est fait plus de manière financière que par amour des chiens.

Pouvez-vous nous parler des innovations du moment et des recherches en cours sur ce vaste sujet qu’est la reproduction canine ?

Une des innovations concerne toutes les études effectuées sur le nouveau né pour la prévention de ses maladies. Il y a également de plus en plus d’échanges de semence entre les pays et les continents. Nous avons maintenant des possibilités d’inséminer des chiennes qui vivent à de très grandes distances du mâle choisi. Cela ouvre le champ des possibles pour ce qui est du choix du géniteur. Il y a également des équipes qui débutent des recherches sur l’embryon. On peut espérer, que dans quelques années, il sera possible de congeler des embryons, dépister des maladies génétiques à ce stade pour éviter l’implantation d’embryons porteurs de maladies. On pourra également sexer les embryons en fonction des besoins de la race. Si un mariage a produit des chiots extraordinaires, il sera également possible de congeler des embryons de ce couple afin de les réimplanter sur une autre femelle, qui sera alors mère-porteuse d’embryons de très grande qualité. Il y a donc beaucoup de choses qui sont sur le point de voir le jour dans ce domaine. Tout cela a déjà lieu chez les bovins et les chevaux, mais c’est plus difficile pour le chien. La jument ou la vache produisent des ovocytes déjà arrivées à maturation, ce qui n’est pas le cas des canidés. Le défi est donc d’arriver à une maturation des ovocytes in-vitro, ce qui n’est pas encore complètement au point chez les chiens, car nous sommes en train de chercher les conditions qui permettent cette maturation dans les trompes. Le jour où cette étape sera franchie, une multitude de possibilités seront à la disposition des cynophiles. 

Le colloque international de la reproduction a eu lieu à Paris cet été, pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est la première fois que nous avons accueilli en France ce congrès qui se tient tous les 4 ans. Nous avons eu 380 vétérinaires présents de tous les continents. Le congrès a eu lieu sur 2 jours et demi et nous a permis de faire le point des actualités dans le domaine de la reproduction.

Avez-vous connaissance de pays très en avance sur la reproduction canine ou au contraire les pays partagent beaucoup entre eux et il y a peu de différences ?

Certains pays sont en retard, comme les pays anglo-saxons, tels que la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis. Il y a beaucoup moins de travail effectué sur la reproduction canine. Le niveau technique des éleveurs en Angleterre n’est pas très bon par rapport à la France. Cela vient du fait que beaucoup d’animaux sont castrés dans ces pays. De ce fait, le problème principal pour ces pays est d’empêcher la reproduction. Aux Etats-Unis par exemple, il y a des lobbys très forts, notamment de la protection animale, pour encourager la castration précoce et pour faire culpabiliser les propriétaires de chien de race qui souhaitent faire reproduire leur chien. L’élevage n’est pas encouragé. Les pays européens sont donc plus en avance que le reste du monde.

Vous animez depuis quelques mois les roadshows Royal Canin en partenariat avec Ceva Adaptil, vous faites le tour de la France afin de rencontrer et partager votre savoir avec les éleveurs. Que ressortez-vous de ces rencontres ?

Que pensez-vous du niveau de connaissances des éleveurs dans le domaine de la reproduction ? Il me semble que le niveau technique des éleveurs canins est en retard par rapport à ce qu’ils pourraient faire. Beaucoup d’éleveurs ne savent pas pratiquer les gestes techniques qui pourraient les aider à sauver des chiots nouveaunés. Par exemple, j’ai reçu il y a 2 jours un email touchant d’un éleveur de Yorkshire qui me remerciait car, grâce au point d’acupuncture Jen Chung que j’avais mentionné, il a pu sauver un chiot qui ne respirait pas à la naissance. Effectivement en mettant une aiguille fine dans le philtrum au niveau du nez, entre le nez et la lèvre supérieure, il a tenté et il a réussi à faire respirer et ainsi sauver ce chiot. Nous sommes en train d’en discuter, car nous pensons qu’il est important de mettre en place des journées de formations techniques pour les éleveurs : comment ausculter un chiot, prendre sa température, le nourrir par sondage gastrique, le frictionner… bref un tas de gestes techniques qui leur permettraient de prendre soin de certains chiots en difficulté et qu’ils devraient savoir faire. 95% des éleveurs sondés seraient très intéressés par ces formations.

Retrouvez l'intégralité des articles Dogs Revelation sur leur site officiel.

Yoann Latouche

Crédits photo :

Dogs Revelation

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