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CAPdouleur : la douleur de nos animaux de compagnie n'est pas une fatalité et il faut "lutter contre ces préjugés"

Vendredi 04 Juin 2021 | Par July Legendart

Il a fallu attendre 2015 pour que les animaux soient considérés comme des êtres sensibles dans le Code civil. Mais combien de temps encore avant que leur douleur soit enfin prise en compte ? A l'occasion des 5 ans de CAPdouleur, nous avons rencontré son fondateur : Thierry Poitte.

Doté d'une plateforme digitale unique, CAPdouleur est un réseau visant à sensibiliser à la douleur chez l'animal de compagnie et à la traiter. Comment ? Grâce à des outils pratiques comme sa nouvelle application d'évaluation de la douleur. Son approche se base sur une alliance thérapeutique entre vétérinaires et propriétaires, une évaluation partagée (le propriétaire peut évaluer la douleur de son animal via des outils connectés), un traitement individualisé. 

L'application vous aide à évaluer la douleur de votre animal de compagnie

Fondée par Thierry Poitte, docteur vétérinaire praticien, également titulaire d’un certificat d’Études supérieures de chirurgie ostéo-articulaire et orthopédie animales et d’un diplôme interuniversitaire de formation des professionnels de santé à la prise en charge de la douleur, CAPdouleur fédère aujourd'hui plus de 500 cliniques, 1 700 vétérinaires et 2000 auxiliaires spécialisés partout en France.

Pour fêter ses 5 ans, CAPdouleur souhaite désormais sensibiliser davantage le grand public, et plus particulièrement les propriétaires de chiens, de chats et de NAC (nouveaux animaux de compagnie), car "aucune douleur n'est normale ! (...) Un animal qui souffre doit être soulagé sans attendre" comme l'explique Thierry Poitte, son fondateur. Interview :

Quelles sont les douleures les plus fréquentes chez nos animaux de compagnie ?

Thierry Poitte : "La première cause de douleur chronique est l’arthrose. On estime qu’il y a environ 20% de chiens qui en souffrent, pourcentage probablement sous-estimé qui grimperait en réalité autour de 40 % en raison de l'allongement de la durée de vie et du surpoids. Du côté des félins, 80 % des + de 12 ans ont des lésions radiologiques. Et la moitié d'entre elles sont cliniquement douloureuses. Bon nombre d’animaux de compagnie souffrent donc d’arthrose.

Comment savoir si notre animal souffre ?

T. P : "Le chien est un animal de compagnie que l’on promène, on remarque vite s’il boite, a du mal à se lever ou refuse d'aller se promener. Nos rapports avec les chat sont différents. Notre félin va davantage compenser sur le registre émotionnel (état anxieux, dépressif, irritabilité, perturbations du sommeil et altération des relations avec son maître). Résultat : l’évaluation de la douleur en est souvent retardée. La bonne nouvelle, c'est qu'aujourd'hui, la majorité des cliniques en France voit désormais plus de chats que de chiens alors qu'il y a encore quelques années, elles recevaient très peu de félins. L'autre combat consiste à défaire cette croyance commune consistant à penser que les animaux supportent mieux la douleur que nous".

CAPdouleur : la douleur de nos animaux de compagnie n'est pas une fatalité et il faut
Kittima05 / Shutterstock

Comment évaluer et soulager la douleur de notre compagnon à quatre pattes ?

T. P : "On sait désormais mieux identifier la douleur que ce soit au niveau fonctionnel et émotionnel. On a également acquis une meilleure connaissance des mécanismes de la douleur. Et puis, notre arsenal thérapeutique s’est considérablement développé, ce qui nous permet d'améliorer son seulement sa qualité de vie (alimentation, environnement), mais aussi de puiser des solutions dans la pharmacologie ou via d'autres moyens thérapeutiques personnalisés comme la physiothérapie, les massages, les biothérapies".

Une meilleure prise en charge de la douleur peut-être accroître l'espérance de vie des animaux ?

T. P : "Non seulement l’espérance de vie augmente grâce à l’alimentation, le confort de vie, les médicaments et les meilleures connaissances des maladies mais, il y a aussi le fait qu’il y a de moins en moins d'arrêts de vie (euthanasie) parce qu’on arrive mieux à prendre en charge la douleur. Aujourd’hui, on croise de plus en plus de Labrador âgés de 15 ans et encore vaillants. Quelques années en arrière, passés les 10 ans, les chiens de cette race souffraient et on ne savait pas bien les soulager".

Traiter la douleur d'un animal de compagnie n'est-t-elle pas trop onéreuse pour certains propriétaires ? Y a-t-il des prises en charge possibles ?

T. P : "Il est vrai que soigner un animal a un coût mais, des solutions comme l'association Vétérinaires pour tous peuvent faciliter la prise en charge. De même, les assurances pour animaux se développent et permettent à tous de pouvoir mieux supporter les frais vétérinaires. Il existe aussi des moyens simples et peu onéreux pour soulager la douleur comme la physiothérapie manuelle, les massages et la modification de l’environnement. En revanche, les médicaments vétérinaires et les prothèses restent chers. D’où l’intérêt de notre médecine préventive avec un accompagnement sur le long terme pour éviter des crises trop aiguës. Et observer son animal, dialoguer avec son véto, évaluer sa douleur sont des outils précieux pour la prévenir, la limiter ou/et la soulager". 

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# animaux de compagnie, médicaments, maladie, bien-être animal
Par July Legendart Crédits photo :

Pixabay / Chiemsee2016

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