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Adoption pendant le confinement : entre bénéfices et inquiétudes

Jeudi 16 Avril 2020 | Par Anaïs Drux

La nouvelle mesure gouvermentale qui permet l'adoption d'animaux pendant la période de confinement entre en vigueur ce 16 avril, sous certaines conditions strictes. Entre bénéfices et inquiétudes sur l'adoption dématérialisée, Wamiz fait le point. 

Peut-on adopter dans toutes les associations pendant la période de confinement ? Est-ce que tous les animaux sont concernés ? Comment savoir si une association a mis en place ce nouveau protocole d'adoption dématérialisée ? Et si je suis une association, comment mettre en place cette procédure ?

Que l'on soit un potentiel adoptant ou un responsable d'association, beaucoup de questions sont encore en suspens au jour d'efffectivité de cette dérogation.

Pourquoi le gouvernement a mis en place cette dérogation pour les adoptions ?

Cette dérogation a été acceptée par le gouvernement suite à un appel au secours de plusieurs associations (SPA de Paris et associations indépendantes) qui ont fait part de leur crainte sur la surcharge des refuges pendant l'épidémie du Covid-19. En effet, depuis le début du confinement le 17 mars, les refuges et associations ont dû totalement cesser leurs contacts avec le public et ne pouvaient plus réaliser d'adoptions. Cependant, ils recevaient toujours de nouveaux pensionnaires depuis les fourrières ou en abandons directs. Face à cette continuité d'entrées sans pouvoir effectuer de sorties, les refuges ont commencé à sentir une surcharge difficilement gérable, malgré l'aval temporaire de recevoir plus d'animaux qu'autorisés au sein des établissements.

Cependant, face à la période des abandons estivaux qui arrive, il était urgent de trouver un moyen de débloquer la situation, pour limiter notamment les euthanasies pour cause de surpopulation dans des structures aux murs non extensibles. 

Comment se déroule une adoption dématérialisée en refuge ?

Une adoption dématérialisée se déroule en plusieurs étapes : 

  • L'adoptant repère l'animal qu'il souhaite adopter sur le site internet (ou autre support numérique type Facebook) d'une association.
  • Contact téléphonique ou par email avec le refuge pour informations et prise de rendez-vous.
  • L'adoptant doit se rendre au rendez-vous seul, muni de son attestation de déplacement dérogatoire avec la case "motif familial impérieux" cochée, et d'une attestation fournie par l'association.
  • Respect des gestes barrières au moment de la remise de l'animal.

Adoption pendant le confinement : entre bénéfices et inquiétudes

Est-ce que toutes les associations sont concernées ?

Pour le moment, seules les associations qui possèdent un refuge physique sont concernées par la possibilité de mettre en place l'adoption dématérialisée. Les associations qui fonctionnent uniquement avec des familles d'accueil ne sont pas considérées comme sensibles à la surcharge, et pourtant la situation est également dommageable pour tous ces animaux ne pouvant être adoptés, et les actions de sauvetages qui sont actuellement bloquées. Notamment, les associations indépendantes félines qui sont amenées au printemps à prendre en charge de nombreuses stérilisations ou portées de chatons, nous nous posons donc la question sur le devenir des populations de chats errants si la situation n'est pas rapidement débloquée pour ces associations également. 

Est-ce que tous les refuges physiques pratiquent cette procédure ?

Porté initialement par la SPA de Paris, ce projet d'adoption dématéralisée est actuellement en place dans tous leurs refuges. Concernant les refuges appartenant à la Confédération Nationale (Lyon) il n'est pour le moment pas clair qu'il soit développé dans leurs structures. Pour les autres refuges indépendants, la procédure n'est pas forcément aisée à appliquer d'un point de vue physique ou technique, et il reste encore à travailler sur la mise en place. 

Dès l'annonce de la dérogation par le Ministère de l'Intérieur, le député Loïc Dombreval, Président du groupe d’études « Condition Animale » de l’Assemblée Nationale, s'est d'ailleurs exprimé à ce sujet sur son compte Twitter : "Tous les refuges qui mettront en place un dispositif dématérialisé d’adoption pourront accueillir des adoptants. J’invite donc la SPA à partager son dispositif d’adoption par internet avec les très nombreux petits refuges qui font l’immense majorité des adoptions en France."

Certains refuges ne souhaitent par ailleurs pas mettre en place ce dispositif qui leur apporte plutôt des inquiétudes sur les motivations des adoptants lors du confinement, ainsi que sur la gestion et le suivi des placements d'animaux par les associations durant cette période. 

Adoption pendant le confinement : entre bénéfices et inquiétudes

Les inquiétudes face à l'adoption dématérialisée

Comment s'assurer du sérieux des adoptants ? Comment vérifier les futures conditions de vie de l'animal adopté quand il n'y a pas de possibilité de faire une visite du domicile avant l'adoption, ou même une rencontre en bonne et due forme ? Comment être certain que l'adoption est responsable et n'est pas une occupation le temps du confinement ? Ce sont autant de questions que se posent les associations et grandes fondations de protection animale. 

S'imposant pourtant comme une necessité pour certains refuges qui débordent et pour lutter contre les euthanasies de masse à venir, cette mesure soulève tout de même des interrogations majeures sur le devenir des animaux qui profiteront de cette dérogation. 

Actuellement, tous les animaux ne semblent pas pouvoir bénéficier de cette procédure : les annonces des animaux candidats à une adoption dématérialisée sont identifiées par le mot "Solidaire" sur le site de la SPA et de fait, sur notre plateforme d'adoption

Nous pouvons supposer qu'il s'agit d'animaux aux profils "faciles", qui n'ont pas de traumatismes ou de problèmes d'éducation peu aisés à canaliser, et qu'il s'agit donc ici d'agir avec prudence et de limiter les potentiels retours. 

L'association Beagles en Nord, spécialisée en adoption de chiens, nous a par ailleurs exprimé son inquiétude : "À titre personnel, je suis inquiète de ce "click and collect" en quelque sorte pour des animaux, surtout dans cette période où les demandes d'adoptions sont nombreuses parce que beaucoup de ces personnes s'ennuient ou cherchent un moyen de sortir plus en ayant un chien à promener... Je ne me leurre pas sur les intentions peu louables de nombre de nos concitoyens.

Pour nous, l'adoption est un acte sérieux qui engage pour de nombreuses années. Nous nous battons depuis 5 ans pour offrir une belle vie à des chiens abandonnés, parfois maltraités et nous avons une procédure d'adoption solide à laquelle nous ne dérogerons pas.

Espérons que ces chiens adoptés en un clic ou presque ne seront pas ensuite abandonnés une nouvelle fois quand leur nouveau propriétaire reprendra le travail au moment du déconfinement ou avant de partir en vacances..."

Pour d'autres associations, cette dérogation est vécue comme l'occasion d'une véritable avancée pour la cause de l'adoption des animaux, comme nous en a fait part le Dr Thierry Bedossa, vétérinaire, Président de l'association Agir pour la Vie Animale : "Il y a près d'un an, lorsque j'étais candidat à la présidence de la SPA, j'avais encouragé le développement d'une SPA 2.0, une SPA qui mettrait le digital au service des animaux. Cette idée n'était pas toujours bien accueillie. 
Aujourd'hui, je me réjouis que cette terrible crise du Covid-19 ait contribué à la "Pet Revolution" numérique de la protection animale en France. Cette crise sanitaire sans précédent a les conséquences dramatiques que l'on sait, et je tiens d'ailleurs à apporter mon plus sincère soutien aux personnes qui en sont, de près ou de loin, les victimes. Mais de toute crise naissent aussi des opportunités : la transition digitale pour les associations de protection animale en est une, à condition, bien sûr, qu'elle soit bien pensée, et que les motivations des adoptants soient fondées. Depuis sa création, l'association AVA - Agir pour la Vie Animale que j'ai fondée et que je préside, a recours a un processus dématérialisé d'adoption : après avoir consulté les fiches de nos animaux sur Internet, les candidats à l'adoption échangent d'abord par email puis par téléphone avec les responsables du Refuge. Ce n'est qu'après, si les conditions sont réunies, que nous les invitons à venir rencontrer le(s) animal(aux) pré-choisis au Refuge. Ce système a permis de nombreuses adoptions en 30 ans, avec un taux de retour très faible. L'exemple d'AVA, qui est une réussite, peut servir de modèle, et me rend optimiste quant à l'avenir de la protection animale."

Adoption responsable

Face aux dérives constatées dans certains pays voisins (adoptions ou locations de chiens pour profiter de promenades pendant le confinement) il est primordial de vérifier les motivations des adoptants avec une vigilance particulièrement renforcée. 

Le confinement peut sembler une période idéale pour une adoption, notamment pour les jeunes animaux qui ont besoin d'une présence accrue, pour l'apprentissage de la propreté chez le chiot par exemple. Mais il est primordial de songer à la reprise de la vie active et de l'impact d'un animal sur le quotidien et sur la durée, en particulier pour un chien. Impact financier annuel, promenades quotidienne d'au moins 1 heure minimum par jour... et même quand l'hiver et le froid reviendront. Il faut également penser aux vacances qui se présenteront peut-être cet été !

Un animal est un engagement pour 15 ans en moyenne, et un contrat moral sur une vie qui dépend de vous. Un chien, un chat, ce n'est pas un objet de loisir dont on dispose pour casser l'ennui, c'est un être sensible qu'il faut aimer et respecter.

Et si vous avez bien réfléchi à la question, peut-être bien avant le confinement d'ailleurs, et que vous êtes sûr de vous... voici quelques animaux qui attendent actuellement d'être adoptés et peuvent profiter de la dérogation : 

Orphée, croisée Jack Russell de 1 an - Refuge de Brugheas (03)

Adoption pendant le confinement : entre bénéfices et inquiétudes

Orphée est une jeune chienne pleine de vie qui n'a pas connu grand chose de la vie. Elle est dynamique, caline et a besoin de présence. Elle est sociable avec ses congénères. Orphée adore faire des roulades dans l'herbe et se balader.

Ricoré, type siamois de 8 ans - Refuge de Gennevilliers (92)

Adoption pendant le confinement : entre bénéfices et inquiétudes

Ricoré est un très beau siamois FIV+ qui a tous les critères du siamois, chat-chien, très demandeur de câlins et très bavard ! En revanche, Ricoré sait aussi nous montrer quand il veut sa tranquillité ! Ricoré est porteur d'un souffle cardiaque et d'une légère gingivite.

Laia, type Bulldog américain de 2 ans - Refuge de Millau (12)

Adoption pendant le confinement : entre bénéfices et inquiétudes

Laia est une chienne proche de l'homme, toujours à la recherche de câlins. Elle est sociable avec ses congénères mais ne supporte pas du tout les chats. Elle connait la voiture, la laisse. Le reste de son éducation est à faire !

Tigrou, chat tigré de 1 an - Refuge de Flayosc (83)

Adoption pendant le confinement : entre bénéfices et inquiétudes

Tigrou est un chat plutôt tranquille et câlin, il aimera avoir un accès exterieur pour se prélasser au soleil.

Vous pouvez également parcourir directement notre rubrique adoption afin de rechercher les animaux portant la mention "Solidaire" sur leurs annonces ! 

 

Crédits photo :

Shutterstock

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