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Elle achète un chien chez un éleveur et doit l’euthanasier par amour : un texte bouleversant

Lundi 20 Juillet 2020 | Par Elise Petter

Encore une fois, la justice ne s’est pas montrée à la hauteur…

Je suis né chez un éleveur, objet parmi d’autres objets de consommation, dont la mise au monde  a pour seul but la finance, le rapport. Mais je suis né pour mourir, j’étais trop malade. Ma maman humaine a fait des sacrifices pour m’avoir, je le sais, elle n’a pas de gros moyens, et a du faire un crédit. J’ai coûté près de 1 000 €. J’ai peu vécu, mais j’ai connu l’amour, car ma famille m’a entouré de tous les soins. Mais je souffrais trop, je ne tenais pas sur mes pattes, je vacillais, et le bonheur, le projet de vie envisagé par ma famille s’est envolé, volatilisé …

Une euthanasie obligatoire

Par amour il a fallu m’euthanasier, j’avais un shunt hépatique, une atteinte sévère, et le juge qui me considère peu ou prou comme un meuble a dit que « ma tare limitait l’usage que ma maîtresse pouvait faire de moi, que je présentais un défaut de conformité.» C’est comme ça, je vous raconte tout ça depuis les étoiles, moi le chien malade, poussif, je suis mieux au paradis.

Un procès pour ne pas oublier

Ma famille a fait un procès en ma mémoire, car au lieu de la joie, ils ont connu de moi que la misère, les selles liquides, mes yeux qui tournaient, le pauvre souffle de vie qui m’habitait, un souffle qui devait s’arrêter. Je suis parti. Il reste une urne, et un jugement où on parle de moi, où on dissèque qui a raison et qui a tort, et combien ça coûte …

Elle achète un chien chez un éleveur et doit l’euthanasier par amour : un texte bouleversant

Ma maman va être remboursée du prix de mon achat, la vente est résolue comme dit le juge, et aussi des frais de vétérinaire, et c’est normal. Mais là où c’est vraiment terrible, c’est le montant des dommages et intérêts pour préjudice moral, affectif. 250 €, cette somme ridicule, misérable, effroyablement minuscule, est le prix de ma vie, de mes souffrances, et de celles qui ont été infligées à ma famille. 250 € pour toute la douleur de mes proches qui m’ont vu jour après jour péricliter et me rapprocher inéluctablement du royaume des ombres. Je ne valais pas plus.

Vivant je coutais 1 000 €, et ma souffrance et ma mort, c’est 250 €. On ne fera pas appel. Ma maman n’a pas assez d’argent pour ça. J’ai vécu peu, et je repose en paix. Un juge m’a connu, mon nom est inscrit dans un jugement, post mortem, ma famille a fait ça comme un hommage, pour dire, que non je n’étais pas un objet, que j’étais unique, que ma vie était précieuse.

Maître Isabelle Terrin 
Avocate

# avocat pour animaux, justice, relation homme-animal, élevage
Crédits photo :

Isabelle Terrin

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