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"Les animaux vont malheureusement rester dehors", l'association Nos chats sans toit alerte sur l’afflux de chatons cet été

Samedi 07 Août 2021 | Par Elodie Carpentier

Exclusif - Célia Gaudefroy, présidente de « Nos chats sans toit » évoque pour Wamiz, un été particulièrement compliqué pour son association qui croule sous l’afflux de chatons et de chats adultes.

Cette année 2021 n’aura pas épargné les refuges et associations qui sont au bord de la saturation. 

Depuis le mois de mai, ce sont 11 335 animaux qui ont été recueillis par la SPA dont les deux tiers sont des chats. 

Pour la journée nationale du chat qui a lieu le 8 août, Wamiz est parti à la rencontre de Célia Gaudefroy, présidente de l’association « Nos chats sans toit »

Elle nous explique les raisons de cet afflux de chatons, pourquoi les animaux peuvent arriver en mauvaise santé et l’importance de la stérilisation chez les femelles

Quelle est la situation de « Nos chats sans toit » en ce mois d’août 2021 ? 

Notre association qui se trouve à Corbeil-Essonnes (Essonne) prend principalement en charge les chats de la commune. À titre exceptionnel et lorsque la situation est compliquée, nous accueillons des animaux provenant de villes limitrophes. 

La situation de « Nos chats sans toit » est assez semblable à celle de l’année 2020. Nous avons énormément de portées de chatons mais aussi des chats adultes. La seule différence par rapport à l’année dernière, c’est que ces chats adultes sont en « mauvais état ».  

C’est d’ailleurs l’une de nos principales préoccupations, les adultes sont non soignés et mis dehors. 

Quelles sont les raisons qui pourraient expliquer ce phénomène ?

On suppose que le confinement et les pertes d’emploi ont provoqué cette situation. Les propriétaires n’ont plus forcément les moyens de subvenir aux besoins des animaux et décident de les mettre dehors. 

Dans beaucoup de cas d’abandons, les gens ont pris un animal sur un coup de tête, comme on consomme un objet et ils n’ont pas mesurė les conséquences et la responsabilité qu’implique l’adoption d’un animal.

Il faut quand même savoir que 95% des chats que nous allons prendre en charge dans la rue ne sont pas identifiés. Évidemment, il est impossible de retrouver les propriétaires alors même que l’identification est obligatoire depuis le 1er janvier 2021. Les gens ne sont pas sensibilisés à cette problématique. 

L’autre problème concerne la stérilisation. Comme cet acte n’est pas obligatoire, les propriétaires ne le font pas car cela a également un coût. 

Il y a aussi les personnes qui se dirigent vers le Bon Coin ou les groupes Facebook. Elles vont récupérer un chat gratuitement qui ne sera ni stérilisé ni identifié. Certaines vont le garder quelques semaines ou mois et le mettre dehors par la suite pour les raisons évoquées plus haut. 

En ce début août, combien de chats avez-vous pris en charge ? 

Depuis le 1er janvier 2021, nous avons pris en charge 154 chats et nous avons 136 chats en famille d’accueil. 

Nous avons explosé les compteurs par rapport à 2020. L’année dernière à cette même période, nous ne dépassions pas les 110 félins en famille d’accueil. 

L’afflux est si important qu’il y a encore des familles avec chatons dans la rue pour qui nous n’avons pas de solution. Certains chatons sont déjà morts renversés ou ont disparu. Nos familles d’accueil ont poussé les murs au maximum. Malheureusement, nous n’avons plus de places et nous lançons sans cesse des appels à l’aide sur notre page Facebook. 

Que se passe-t-il quand il n’y a plus de places ? 

Les animaux vont malheureusement rester dehors. Nous avons d’ailleurs dû mettre en place une liste d’attente. 

J’ai, par exemple, un monsieur qui a contacté l’association pour une maman qui a mis bas trois chatons. Cela fait trois ans que cette maman a des petits. L’ensemble des bébés ont été écrasés, ont disparu ou ont été récupérés par des passants. 

J’ai dû lui dire que j’allais intervenir dès que je le pouvais. Et là, je viens d’apprendre que deux chatons ont disparu et que la mère est à nouveau gestante. 

Il faut aussi se rendre compte du budget conséquent de ces sauvetages. Quand nous prenons en charge un chat, il passe obligatoirement par un rendez-vous vétérinaire pour être (en fonction de son âge) vermifugé, identifié et aura aussi une primo-injection vaccinale et son rappel un mois plus tard. Pour une femelle adulte, nous rajoutons la stérilisation et le test FIV/FELV. 

À titre d'exemple, une puce va nous coûter 40 euros, une stérilisation c’est 70 euros, une vaccination est facturée 35 euros,  le rappel également. Au 31 juillet, nous étions déjà à 29 000 euros de frais vétérinaires.

Pouvez-vous nous rappeler combien de petits peut faire une chatte ? 

En temps normal, une portée peut compter entre 4 et 6 chatons. Cela peut être moins mais aussi aller jusqu’à 9 chatons. Et elle peut faire deux portées dans une année en sachant que dès l’âge de 6 mois, les petits peuvent se reproduire. 

Il est donc très important de stériliser les femelles comme les mâles qui participent également à cet afflux de chatons. 

Avec la hausse des animaux dans votre association, comment arrivez-vous à maintenir votre budget ? Percevez-vous des aides ? 

Les frais d’adoption vont rembourser les actes classiques (stérilisation, identification, vaccination) mais pas forcément les soins parfois importants comme les opérations .

C’est déjà arrivé que nous fassions adopter un chat qui avait été opéré du coeur. Bien entendu, l’adoptant n’a pas réglé les frais de cette opération. 

Cette année, nous avons été aidés par la commune de Corbeil-Essonnes. Nous avons vraiment beaucoup de chance, la municipalité est très concernée par la cause animale. Nous avons perçu une subvention de 2 500 euros. 

Nous avons aussi fait une demande de subvention auprès du conseil départemental et nous avons reçu 3 000 euros. 

Nous sommes plutôt actifs et imaginatifs pour essayer de trouver de l’argent et de nouvelles idées ! Nous récupérons des dons de vêtements, objets déco, vaisselle… en bon état et propre. Une bénévole gère notre page Vinted et les ventes qui en découlent et nous organisons des vides maisons au siège social qui fonctionnent bien. D’ailleurs le prochain sera les 11 et 12 septembre !

Nous pouvons surtout compter sur le soutien financier de particuliers qui nous suivent sur les réseaux sociaux. Sans eux nous ferions beaucoup moins !

Nous avons enfin mis en place un système de parrainage de nos chats. Pour 10€ par mois le parrain ou la marraine reçoit des nouvelles de son filleul avec une photo. 

Les dons faits en faveur de notre association peuvent être défiscalisés à hauteur de 66%. Grâce à tout ceci on arrive à maintenir la tête hors de l’eau et poursuivre nos actions.

Et concernant le gouvernement ? Aimeriez-vous qu’il débloque un budget pour venir en aide aux associations ? 

Je préférerais des lois et des peines beaucoup plus importantes au niveau de la maltraitance, de l’abandon, de l’identification et une loi sur la stérilisation obligatoire des animaux de compagnie.

J’aimerais vraiment des peines strictes et appliquées plutôt que des aides financières avec un encadrement des adoptions et surtout cesser les dons de chatons sur le Bon Coin et les groupes Facebook.

Merci à Célia Gaudefroy pour cette interview. Si vous souhaitez aider l'association, rendez-vous sur son site web

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# abandon, sauvetage, relation homme-animal, interview
Par Elodie Carpentier Crédits photo :

Association " Nos chats sans toit "

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