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« Le Dompteur de maux » : le Dr vétérinaire Yves Lahiani raconte comment les animaux ont dompté ses mots

Samedi 26 Mai 2018 | Par Elisa Gorins

Dans Le Dompteur de maux – Comment le silence des bêtes a libéré ma parole, Yves Lahiani, docteur vétérinaire et chroniqueur pour l’émission C’est au Programme (France 2) livre le récit poignant de sa propre existence. Un magnifique témoignage sur l’histoire d’un vétérinaire « muet » que l’amour des animaux a réussi à soigner.

Docteur vétérinaire de renom, Yves Lahiani est aussi le célèbre chroniqueur animalier de l’émission C’est au programme (France 2), présenté par Sophie Davant. Passionné par son métier, il parle des animaux, de l’ostéopathie animalière ou encore des chiens guides d’aveugles – une cause qui lui est chère - avec professionnalisme et bienveillance, ainsi qu’avec une aisance déconcertante.

Pourtant, Yves Lahiani n’a pas toujours su si bien s’exprimer. Enfant « muet », il a souvent eu l’impression de subir les choix des autres, sans pouvoir émettre le moindre avis. Mais son métier, c’est bien lui qui l’a choisi. Malgré les difficultés rencontrées, Yves Lahiani s’est toujours accroché pour atteindre son objectif.

Et, contre toute attente, ce sont finalement les animaux, ces êtres dénués de parole, qui ont libéré la sienne. Rencontre. 

Le dompteur de maux

Wamiz : Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Yves Lahiani : Je ne cherchais pas spécialement à raconter une histoire, mais je me disais que si mon parcours pouvait intéresser du monde, et surtout mes enfants, eh bien pourquoi pas ? Mais le but, ce n’était pas le public. C’était mes enfants. Pour qu’ils comprennent pourquoi j’étais un père un peu particulier.

Wamiz : Dans votre livre, vous évoquez votre difficulté à vous exprimer avec des mots. Les animaux ne peuvent pas parler, ce qui est bien pratique quand on est « muet »... Mais en tant que vétérinaire, vous avez pourtant bien dû échanger avec leurs propriétaires... N'était-ce pas compliqué pour vous ?

Yves Lahiani : J’étais content de soigner des animaux, mais c’est vrai que les maîtres, c’est parfois problématique. Ça pouvait être dur à supporter pour moi. « Le bonheur, ce serait que les chiens viennent avec un porte-monnaie autour du cou et sans leur maître », disait ma première associée. J’ai toujours eu cette phrase en tête ! Mais malgré tout, le bonheur de soigner les animaux a fait que, par la force des choses, j’étais amené à rentrer en contact avec les maîtres, et petit à petit, j’ai plus accepté de parler aux humains. Et puis, j’avais tellement la volonté de bien soigner les animaux – qui pour moi étaient des êtres de très grande valeur -  que ça permettait indirectement à leurs maîtres d’être heureux. 

yves lahiani
Yves Lahiani et son fils - Crédits : Frédéric Lhonoré

Wamiz : Y a-t-il eu un élément déclencheur qui a fait que votre parole s'est libérée, ou est-ce venu au fil du temps ?

Yves Lahiani :  Je crois que c’est la télé qui a libéré ma parole. Au début, quand j’ai commencé à travailler à IDF1, et que je ne pensais pas du tout pouvoir tenir ce rôle, finalement toutes les personnes qui m’entouraient étaient bienveillantes avec moi. Elles adoraient mes chroniques animalières, et le public était content. J’ai appris à me rendre compte que ma parole sur les animaux était appréciable et appréciée, c’est ça qui a été l’élément déclencheur. Si je n’avais pas été à IDF1, je pense que jamais je n’aurai pu faire tout ça. 

Wamiz : Aujourd’hui, quand vous êtes face à une caméra, comment vous sentez-vous ?

Yves Lahiani : En réalité, je ne suis jamais face aux caméras car je ne les regarde pas. Je suis juste avec une petite équipe de chroniqueurs, avec Sophie Davant (l’animatrice de C’est au programme, sur France 2, Ndlr) et d’autres personnes, mais les caméras, je n’en tiens pas compte. Si je devais les regarder, ça me stresserait terriblement, donc pour moi, elles n’existent pas, et le public derrière existe encore moins. Je n’ai aucun regard sur ceux qui me regardent.

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Yves Lahiani sur le plateau de C'est au programme - Crédits : Yoann Latouche

Wamiz : Votre mutisme vous a-t-il permis d’établir un lien avec les animaux que vous n’auriez pas eu si vous aviez parlé normalement ?

Yves Lahiani : Oui. Les animaux n’ont pas besoin de parler pour exprimer leur affection envers moi. Ils s'expriment  par leurs attitudes, leurs émotions… C’est bien la preuve que le langage verbal n’est pas indispensable à la communication. Le fait que les animaux n’aient pas les mots m’a permis d’entrer facilement en contact avec eux par les postures, l’analyse du regard… Le langage étouffe tous nos autres sens, qui permettraient pourtant de faciliter le contact avec les animaux. 

Wamiz : Qu’est-ce qui vous paraît le plus difficile dans votre métier ?

Yves Lahiani :  Le plus difficile, c’est d’arriver à une situation où l’animal est en fin de vie, et de devoir faire comprendre à son maître qu’il faut s’arrêter. C’est très dur parce que même s’ils sont vieux, nos animaux restent pour nous nos enfants, et c’est difficile d’accepter que leur vie s’arrête. Tout au long de leur vie, on les materne, on les chouchoute, et on finit par en oublier leur grand âge, et ça c’est terrible. Mais en pratiquant l’euthanasie, je suis convaincu que je fais du bien à l’animal parce que sa vie n’est plus une vie. C’est la fin d’une souffrance. Et en même temps, j’ai l’impression de faire un mal épouvantable à ses maîtres au moment où je le fais.

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Yves Lahiani, Dany Saval, Michel Drucker, Isia et Michel Klein - Crédits : Frédéric Lhonoré

Wamiz : Et le plus merveilleux ?

Yves Lahiani : Le plus merveilleux, c’est lorsque la vie animale te fait un pied de nez, quand elle te montre que c’est elle qui décide et pas toi. Par exemple, tu planifies la reproduction entre deux chiens, et finalement la chienne fugue et va trouver un autre mâle ailleurs… C’est elle qui choisit et pas toi, alors que tu avais tout calculé, tout préparé !

Wamiz : Vous soutenez depuis de nombreuses années l’Ecole des chiens guides de Paris. Vous étiez d'ailleurs présent à la Wamiz Run, en faveur de cette association. N’était-ce pas logique, finalement, de contribuer à aider des personnes qui n’ont pas l’usage de tous leurs sens ?

Yves Lahiani :  C’est parfaitement logique. Ces chiens occupent tellement de place dans la vie d’une personne aveugle ou malvoyante ! Pour moi, les chiens guides sont les animaux qui ont le plus de valeur parmi tous les animaux que je soigne.

Je trouve ça magique, tous ces animaux qui mettent leurs sens au profit des humains. Magique au même titre que les animaux de sauvetage, les équipes cynotechniques, les chiens de pompiers, de police, etc. C’est merveilleux, c’est une sorte de symbiose entre l’animal et l’humain. Alors que bien souvent, l’humain écrase tout, là on a une symbiose entre l’animal et l’humain. Je crois que cet état de symbiose, c’est le modèle de relation humain-animal qu’il faudrait privilégier, y compris avec les animaux non domestiques : on vit tous dans un même monde, on est en équilibre les uns avec les autres, et les uns grâce aux autres.

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Michel Klein, Yves Lahiani, Joachin Romero et deux chiens guides - Crédits : Yves Lahiani

Wamiz : Avez-vous de nouveaux projets ?

Yves Lahiani :  J’ai juste envie de développer mes partenariats avec l'Asie. Cet été, je vais aller faire une campagne de stérilisation des chats des rues à Taïwan, avec un autre vétérinaire local médiatique comme moi. Mon objectif, c’est de faire comprendre que la protection animale et la prise de conscience de la place de l’animal en ville doivent être planétaires, et pas seulement françaises. Les animaux n’ont pas de nationalité, pas de frontières. Le fait de regrouper des vétérinaires d’origines différentes pour contribuer ensemble au bien-être des chats des rues, entre autres, c’est justement avoir conscience que les animaux sont des citoyens du monde.

Le Dompteur de maux du Dr Yves Lahiani
Editions Michel Lafon
Prix : 18.95 euros.
Disponible dès maintenant dans tous les points de vente habituels. 

A lire aussi : Dans son livre « Chaleur de bête et froid de canard », une ex vétérinaire casse le mythe sur sa profession

Crédits photo :

DR

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