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Colette, femme chatte et femme à chats

Dimanche 21 Janvier 2018 | Par Elise Petter

Chaque semaine, voici en exclusivité sur Wamiz.com une info extraite de l’Histoire du chat - 100 pages et 100 images qui résument 10 000 ans d’histoire, entre légende et vérité.

« Le temps passé avec un chat n'est jamais perdu », dit-elle.

Pour citer des auteurs fans de chat, on a l’embarras du choix. Ce sont en majorité des hommes, malgré la féminité de l’univers félin - une sensibilité féline (et féminine) fait partie de leur talent. Mais s’il fallait citer un seul nom dans la littérature française, le choix est simple. Le chat habite la vie (bien remplie) et l’œuvre de Mme Colette (1873-1954).

Surnommée « Minet-Chéri » par Sido sa mère, entourée de chats dans son village natal de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Bourgogne), ils se retrouvent en photo avec elle, dans la rue, au jardin, à sa table de travail. Fait d’autant plus significatif qu’elle contrôle parfaitement son image. Avec ses petits bouledogues français, elle prend la pose. Mais avec ses chats, Colette est elle-même, à la fois naturelle et féline.

« À fréquenter le chat, on ne risque que de s’enrichir. Serait-ce par calcul que depuis un demi-siècle, je recherche sa compagnie ? » Amours, Les Vrilles de la vigne (recueil de textes, 1908).

Dans ses années music-hall et un peu folles, Colette la scandaleuse incarne « La Chatte amoureuse » dans une pantomime au Ba-Ta-Clan (1912).

Elle célèbre le chat noir, le maudit, dans La Paix chez les bêtes (1916) : « Je suis le diable. Le diable ! Personne n’en doit douter. Il n’y a qu’à me voir d’ailleurs. Regardez-moi, si vous l’osez ! Noir, d’un noir roussi par les feux de la géhenne. Les yeux vert poison, veinés de brun, comme la fleur de la jusquiame. J’ai des cornes de poils blancs, raides, qui fusent hors de mes oreilles, et des griffes, des griffes, des griffes ! Combien de griffes ? Je ne sais pas. Cent mille, peut-être. J’ai une queue plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive - pour tout dire, diabolique. Je suis le diable, et non un simple chat. »

Elle invite le chat dans Claudine à l‘école (1900), fait converser son Angora gris, Kiki-la-doucette, et son bouledogue, Toby-chien dans Dialogues de Bêtes (1905).

Elle fut très attachée à un chat sauvage venu du Tchad, Bâ-Tou, petite panthère parfaitement apprivoisée dont elle dut se séparer, la vie en appartement se révélant incompatible avec la bête devenue adulte.

On retrouve Saha, héroïne de son plus court roman, La Chatte (1933).

Colette restera sans chat à la mort de Chatte Dernière, son Chartreux - sa race préférée, de si bonne compagnie. Mais à la fin de sa vie, on la voit quasi-infirme, assise sur le trottoir en bas de chez elle, jardin du Palais-Royal, entourée de chats errants, authentiques gouttières et clochards magnifiques (comme on n’en voit plus aujourd'hui à Paris). Colette l’a bien dit : « Il n'y a pas de chat ordinaire. »

Fini la coquetterie, reste l’amour du Chat dans tous ses états. « Je n’eus jamais à le chercher loin : il naît sous mes pas. Chat perdu, chat de ferme traqueur et traqué, maigri d’insomnie, chat de librairie embaumé d’encre, chats des crèmeries et des boucheries, bien nourris, mais transis, les plantes sur le carrelage ; chats poussifs de la petite bourgeoisie, enflés de mou ; heureux chats despotes qui régnez chez Claude Farrère, sur Paul Morand - et sur moi. » Les Vrilles de la vigne (1908).

 

Colette, femme chatte et femme à chatsPour plus d’anecdotes historiques et félines, découvrez Histoire du chat de Michèle Ressi, déjà disponible en livre numérique

# histoire
Crédits photo :

Shutterstock

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