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Tout savoir sur l'élevage d'octodons

Octodon
Octodon
Poids :
200 à 300 g
Longeur :
12 à 20 cm
Espérance de vie :
5 à 10 ans

Nous n’envisagerons pas l’élevage professionnel, qui doit répondre à des critères sanitaires très stricts et exige une déclaration auprès des services vétérinaires. Notre objectif se limite à donner des conseils à l’amateur qui souhaite reconstituer chez lui au mieux le mode de vie naturel de plusieurs animaux et obtenir ainsi quelques naissances. Pour réussir un élevage, il est indispensable de fournir aux animaux des conditions de vie plus proches encore des conditions naturelles que lorsqu’on élève un animal seul.

L’installation

L’élément clé de la vie de l’octodon en liberté est son système de galeries. Il vous faut donc le reconstituer. Pour cela, le meilleur moyen consiste à prendre plusieurs terrariums en plastique, qui représenteront les diverses « pièces », et à les relier entre eux au moyen de tubes, qui formeront les galeries. Un peu de bricolage s’avère nécessaire. Pour un couple d’octodons, réunissez au moins trois terrariums (la chambre de mise bas, la resserre à provisions, la salle de repos). Vous pouvez choisir différentes tailles ou les construire vous-même.

Certains terrariums possèdent un couvercle grillagé percé de deux trous pour placer des biberons. Ces trous vous serviront à fixer les « galeries » d’accès aux trois chambres. Si vous souhaitez voir vos animaux évoluer pendant leurs trajets d’une pièce à l’autre – et avouons que c’est un peu le but de l’installation –, choisissez pour constituer ces tunnels des tubes transparents en plastique solide.

Dès la conception de votre terrier artificiel, pensez qu’il faudra également pouvoir le nettoyer ; prévoyez un système de fixation ou d’encastrement des différents segments aisément démontable. Ce type d’installation est facile à réaliser si vous êtes bricoleur. Dans le cas contraire, profitez des éléments tout prêts proposés en animalerie (tubes de formes et de diamètres très variés…).

Pour finir, reconstituez le sol. Les octodons vivent sur des terrains secs et sablonneux ; le fond du terrier sera généreusement recouvert de sable.

Reconstitution des conditions ambiantes naturelles

Parvenir à simuler les conditions ambiantes naturelles – c’est-à-dire la température de l’air, son degré d’humidité et le rythme de l’alternance jour-nuit – est fondamental pour obtenir des animaux équilibrés et… des naissances.

Votre réseau de terrariums doit être placé dans une pièce lumineuse, mais le soleil ne doit pas le frapper de manière directe. À l’intérieur des éléments « vitrés », la hausse rapide de la température pourrait être néfaste pour vos animaux.

La pièce choisie doit être sèche – évitez les caves ou les garages, à l’atmosphère souvent humide ou moite –, bien aérée mais sans courants d’air. Une chaleur légère doit y régner en permanence (entre 20 et 22 °C). Contrôlez-la à l’aide d’un thermomètre, la sensation humaine de « température agréable » est trop subjective.

À certaines périodes de l’année, il faudra chauffer la pièce. Aménager une sorte de sas à l’entrée évitera que la fraîcheur de la pièce ou du couloir attenant ne s’engouffre dans l’espace des octodons chaque fois que quelqu’un entre ou sort.

Vous pouvez envisager un élevage externe, dans une véranda par exemple, mais à condition de pouvoir la chauffer durant la saison froide et la protéger du soleil et de la chaleur excessive en été. Le taux d’humidité de l’air doit tourner autour de 50 %. De petites coupelles remplies d’eau réparties dans la pièce peuvent renforcer ce taux si l’atmosphère est trop sèche. Pour vérifier leur efficacité, installez un hygromètre (loin des coupelles pour ne pas fausser la mesure !).

Suivi du groupe d’octodons

Grosso modo, pour élever des octodons de façon qu’ils se reproduisent, il faut les installer ensemble dans une même cage. Malheureusement, les choses ne sont pas aussi simples que cela : étant donné les combats sporadiques des mâles, les rebuffades des femelles non réceptives au mâle et l’agitation parfois agressive de celles qui acceptent l’accouplement (sans compter les risques de mortalité des petits), il est plus judicieux de surveiller les comportements et d’agir en conséquence.

Pour un élevage calme et sans disputes, il est tout d’abord conseillé de mettre les octodons ensemble avant l’âge de 2 mois. Surveillez ensuite leurs comportements et les signes d’activité sexuelle.

Il n’existe pas de saison ponctuelle de reproduction, aussi devez-vous vous montrer vigilant pour détecter quand survient la période d’oestrus (moment de la ponte ovulaire de la femelle).

Cette période entraîne des manoeuvres de chevauchements de la part des mâles. Les femelles réceptives acceptent cette attitude, les autres la refusent – parfois de façon brutale. C’est à ce stade qu’il vous faut intervenir pour former les couples et les séparer, afin d’optimiser votre élevage.

De la naissance au sevrage

C’est la phase la plus délicate, celle où la mortalité des jeunes est la plus importante. Il semblerait que les mâles soient plus fragiles durant cette période.

Pour trier les mâles et les femelles d’une portée, il est préférable de déterminer leur sexe dès leur naissance. En effet, le sexage des nouveau-nés est très facile ; la tâche est plus difficile au moment du sevrage. Retournez les petits sur le dos et observez l’aire ano-génitale : elle est plus grande chez le mâle que chez la femelle ; vous remarquerez de plus chez le mâle une très grande papille génitale.

Le sevrage intervient entre 4 et 6 semaines. À ce stade, veillez à laisser les petits en groupe assez important, car ils sont encore très sensibles au froid – le refroidissement corporel est une des principales causes de mortalité – et d’autant plus fragiles que c’est à cet âge qu’ils commencent à muer.

La stérilisation

Vous pouvez être forcé d’y recourir si vos animaux tendent à se reproduire au-delà de vos souhaits ou de vos capacités d’hébergement.

La castration du mâle
Si vous ne possédez qu’un couple, il n’est pas nécessaire de stériliser les deux animaux. Optez, de préférence, pour la castration du mâle, plus facile à réaliser que l’ovariectomie.

L’opération consiste à empêcher toute émission de sperme, en ligaturant et en sectionnant l’ensemble du canal déférent et des veines et artères spermatiques. Une petite incision verticale de 2 cm dans la région inguinale permet l’accès aux organes concernés et est soigneusement suturée une fois le travail accompli. Cette intervention ne donne lieu à aucun traitement antibiotique.

L’ovariectomie
L’opération consiste à retirer, pour une stérilisation efficace, les deux ovaires de la femelle. Elle est probablement aussi délicate à réaliser que celle de la ratte, et comporte davantage de risques que la castration du mâle. Si vous désirez empêcher définitivement une femelle de mettre bas, demandez conseil à votre vétérinaire.

 
Florence Desachy
  • Docteur vétérinaire comportementaliste, enseignante et directrice d'une collection d'ouvrages animaliers

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