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Problèmes digestifs du chinchilla

Chinchilla
Chinchilla
Poids :
400 à 600 g
Longeur :
25 à 30 cm
Espérance de vie :
10 à 12 ans

Ce sont les pathologies les plus fréquentes chez les chinchillas. La fragilité du système digestif d’Eryomis (voir le chapitre relatif à l’alimentation) peut être aggravée par deux facteurs : d’une part, le stress, causé par n’importe quelle modification de l’environnement de l’animal, d’autre part, une alimentation perturbée.

Il importe donc de déployer d’importants efforts de prévention, puisque, rappelons-le, les problèmes digestifs constituent la première cause de mortalité chez les chinchillas de compagnie. Les pathologies du système digestif peuvent prendre deux formes principales : les diarrhées et les constipations.

Les diarrhées

Ce type d’affection est assez fréquent – et sans conséquences – sous une forme bénigne. Vous observerez dans ce cas des déjections molles et collantes, pouvant être causées par une brusque modification de la température, de la pression atmosphérique, du degré d’hygrométrie... Il faut alors être attentif à l’évolution de la situation, supprimer les aliments verts éventuels (friandises), éventuellement donner à ronger un petit morceau de charbon de bois (remède de grand-mère assez efficace) ; mais ne vous alarmez pas outre mesure, car il s’agit en principe d’un problème mineur.

La situation est nettement plus grave si la diarrhée est totalement liquide. Il s’agit alors en général d’un empoisonnement, qui peut être dû à toutes sortes d’aliments (voir le chapitre « L’alimentation ») : plante toxique, eau polluée ou stagnante, foin ou granulés moisis, excès de produits verts... Il faut alors imposer une diète sévère uniquement à base de foin, et cela pendant plusieurs jours. La durée du régime est à adapter à l’évolution de la maladie.

Les constipations

Elles sont beaucoup plus graves que les diarrhées, car elles peuvent entraîner plus souvent la mort de l’animal (mais cela reste rare). Il faut intervenir dès que le problème est détecté : commencez par faire boire le chinchilla, car celui-ci cesse généralement de s’abreuver dès qu’il est malade, et, en l’occurrence, cela aggrave le problème (vous pouvez utiliser une seringue ou un compte-gouttes).

Nous vous conseillons de lui donner de l’eau légèrement salée, ou du jus d’orange également salé. En même temps (et avec les mêmes instruments), forcez le malade à absorber un peu d’huile de paraffine (un demi-comptegouttes 2 ou 3 fois par jour) et pratiquez un lavement en injectant doucement, par l’anus, une vingtaine de gouttes du même produit. Il vaut mieux, pendant cette période, laisser le chinchilla en « liberté surveillée », hors de sa cage, car les déplacements et les mouvements favorisent le transit intestinal. Si la constipation persiste malgré vos efforts, l’issue sera en général fatale au chinchilla.

La mort peut survenir de deux manières : soit par occlusion intestinale – la paroi de l’intestin éclate –, soit par prolapsus du rectum, c’est-à-dire par un renversement du rectum hors de l’anus (notez que ce problème peut aussi être provoqué par un simple stress).

Alors qu’il n’y a pas de remède à l’occlusion intestinale, il existe de très rares cas où l’on peut réduire le prolapsus, s’il a été détecté suffisamment tôt (le rectum ne dépasse de l’anus que de quelques millimètres). Il faut alors lubrifier la partie d’intestin visible avec de l’huile de paraffine (ou avec une pommade antibiotique) et rentrer délicatement l’intestin avec un thermomètre médical.

Dans le même temps, vous injecterez très doucement une vingtaine de gouttes d’huile de paraffine pour réduire l’invagination du côlon. En tout cas, n’interrompez vos efforts pour sauver l’animal qu’une fois celui-ci vraiment mort, car la vitalité de certains chinchillas est étonnante. Des amis éleveurs possédaient une femelle qu’ils avaient baptisée Doudou, et qui fut victime d’une constipation totale.

On lui fit boire de l’huile de paraffine, du jus d’orange, elle subit des lavements, mais rien n’y fit. Alors qu’en général quatre ou cinq jours suffisent pour dire si l’animal sera sauvé ou perdu, au bout de huit jours, Doudou était toujours là, et elle se remit à se déplacer et à manger le quatorzième jour, faisant ses premières crottes le lendemain matin... Elle était sauvée. Depuis, elle a eu des petits à plusieurs reprises et elle semble toute disposée à continuer !

Les entérites infectieuses

Cette famille de maladies a pour caractéristique d’être très difficile à diagnostiquer, et donc à soigner ; en général, la pathologie est trop développée, ne laissant plus de temps pour réagir avant même que l’on ait observé des symptômes suffisamment significatifs.

Les germes qui en sont la cause proviennent en général de l’alimentation ; les plus fréquents sont les salmonelles, tristement célèbres, mais on trouve également Pseudomonas aeruginosa, Listeria, Proteus vulgaris... Escherichia coli pose aussi parfois des problèmes, ce qu’il faut savoir, car, normalement, elle est présente dans le tube digestif des chinchillas, et c’est seulement sa prolifération au-delà d’un certain seuil qui constitue un danger.

Il est impossible d’utiliser un antibiotique spécifique, car la recherche en laboratoire de la bonne molécule (par la technique de l’antibiogramme) dure beaucoup trop longtemps pour permettre d’intervenir dans les délais. Il faut donc utiliser un médicament à large spectre.

Nous déconseillons, une fois de plus, l’ingestion d’antibiotiques par la bouche, car ils causent trop de ravages dans la flore intestinale. On leur préférera des médicaments associant la sulfadiméthoxine (très efficace sur le plan anti-infectieux), le sorbitol et la méthionine (dont la fonction est de protéger le foie). Il est très utile, en même temps, de faire absorber à l’animal malade des bactéries intestinales provenant d’un animal sain, en diluant les excréments de ce dernier dans un peu d’eau (cela compense en partie l’appauvrissement intestinal qui résulte du médicament).

En élevage, le problème est aggravé par le risque très important de contagion (risque qui existe aussi chez le particulier possédant plusieurs animaux). Il faut alors faire au plus vite une analyse en laboratoire vétérinaire, avec recherche de germes et antibiogramme, de façon à intervenir le plus rapidement possible sur l’ensemble des animaux, au cas où la contagion se produirait (l’isolement du ou des malades reste une nécessité).

Heureusement, ces maladies sont rares chez les éleveurs, car elles résultent souvent de fautes dans l’alimentation ou dans l’hygiène, que les professionnels ne commettent pas.

 
Masiac
  • Journaliste scientifique, spécialiste des rongeurs et auteur de nombreux ouvrages de référence en la matière

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