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Origines du chinchilla

Chinchilla
Chinchilla
Poids :
400 à 600 g
Longeur :
25 à 30 cm
Espérance de vie :
10 à 12 ans
origines du chinchilla

Les chinchillas à l'état sauvage

Les chinchillas actuellement disponibles en France sont très différents des animaux qui vivaient ou vivent encore à l’état sauvage. En effet, ils sont le produit de plusieurs décennies d’élevage, de sélection et de croisements orientés. De plus, l’espèce vit depuis des dizaines de générations en captivité, donc dans un environnement très particulier.

À l’état sauvage, le chinchilla a pratiquement disparu à cause de la chasse, même si quelques rares colonies subsistent encore dans les endroits les plus reculés. Des tentatives de réimplantation sont cependant en cours à partir d’individus d’élevage. Leur succès signifierait que c’est l’élevage qui a permis de sauver l’espèce ! Mais il faut faire preuve de prudence pour l’instant, car ces tentatives doivent encore surmonter les difficultés classiques rencontrées dans la réacclimatation des espèces.

Le milieu naturel du chinchilla

Le milieu naturel du chinchilla n’est pas des plus accueillants : ce sont les hauts plateaux de la Cordillère des Andes, qui s’étendent principalement sur le territoire du Chili, du Pérou, de la Bolivie et de l’Argentine.

L’altitude de ces terres varie entre 3 000 et 6 000 mètres ! Ce sont des zones très sèches (la rosée est la seule source d’eau régulièrement disponible), d’aspect rocheux et désolé, avec une végétation clairsemée et pauvre (beaucoup de cactées, quelques buissons et quelques graminées).

L'adaptation du chinchilla à son milieu

L’appareil digestif du chinchilla s’est remarquablement adapté à ces conditions alimentaires difficiles, et il y a acquis une grande longueur (3 mètres) et une réelle complexité. 

Ce milieu fournissait de nombreuses cachettes aux chinchillas, dans les creux et les fissures des roches, et parfois dans les terriers d’autres espèces avec lesquelles ils cohabitaient occasionnellement (en particulier certains rats). Leur magnifique fourrure grise, dont l’épaisseur les protégeait du froid vif, offrait aussi un très bon camouflage, qu’ils amélioraient encore en se roulant dans la poussière de roche.

Pour se défendre, les chinchillas pouvaient aussi compter sur leur extraordinaire agilité, presque comparable à celle des écureuils, qui leur permettait de dévaler les parois rocheuses et de disparaître dans un trou à la moindre alerte.

Enfin, le dernier recours en cas de danger consistait à abandonner des touffes de poils dans les pattes ou le bec des poursuivants de manière à leur échapper... Aptitude dont le lecteur risque fort de faire l’expérience au moins une fois, en voulant faire réintégrer sa cage à son animal favori !

Le chinchilla traqué pour sa fourrure

À l’état sauvage, la population se répartissait en chinchillas d’altitude (Eryomis brevicaudata) et en chinchillas de plaine (Eryomis lanigera la plata, Eryomis lanigera costina et Eryomis lanigera raton). Elle était extraordinairement nombreuse, et, malgré la prédation du condor et du chat des Andes, nos petits animaux pullulaient dans ce milieu difficile, qu’ils avaient réussi à coloniser et où ils ne souffraient d’aucune concurrence. Mais c’est la prédation de l’homme qui a failli conduire à la disparition de l’espèce.

De tout temps, l’homme s’est intéressé à notre ami Eryomis pour sa fourrure magnifique et extraordinairement douce.

Il y a plusieurs millénaires, durant les cérémonies religieuses, les grands prêtres incas officiaient vêtus de magnifiques pelisses de chinchilla. Mais les prélèvements des tribus indiennes d’Amérique du Sud étaient de peu d’importance et ne mettaient pas l’espèce en péril. C’est en fait à la fin du XVIIIe siècle que les choses ont changé, avec le début de l’exportation des peaux vers l’Europe.

Cette activité devint rapidement très lucrative, et elle prit un tel essor qu’au début du XXe siècle on pouvait voir transiter par le seul port de Leipzig en Allemagne 200 000 peaux par an en provenance du Nouveau Monde.

Le piégeage des chinchillas décima donc l’espèce jusqu’à une extinction quasi complète, et les autorités des pays producteurs finirent par interdire totalement l’exportation de peaux en 1910.

 
Masiac
  • Journaliste scientifique, spécialiste des rongeurs et auteur de nombreux ouvrages de référence en la matière

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