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Race de chien :

Evolution et effets de la domestication du chien

Par familier, nous entendons le chien reconnu comme membre de la famille avec un rôle à jouer dans le système dans lequel il est impliqué. Le chien est regardé avec son vécu émotionnel, ses affects, ses pensées… Un système de communication spécifique va se mettre en place et tenir compte de la « personnalité » du chien.

Le chien a la capacité d’une double imprégnation qui se réalise dans l’intervalle de temps qui correspond à la période sensible. Ainsi, le chiot mis en présence de l’homme avant la sixième semaine d’âge rentre en contact facilement avec ce dernier et pourra développer un attachement lors de contacts répétés. Le chiot ne va alors pouvoir s’imprégner à l’espèce humaine que s’il a noué un attachement avec un humain particulier.

L’attachement à la mère et à la fratrie d’une part et à l’homme d’autre part est la base du développement des relations sociales. La proximité nécessaire avec les figures d’attachement permet au chiot d’observer puis d’imiter les comportements sociaux inculqués. Il apprend ainsi un certain nombre de rituels sociaux, base d’une communication sociale saine. Cette position d’animal familier est donc indispensable par rapport à un simple animal domestique.

Il faut garder à l’esprit les spécificités de la communication de chacun pour une bonne relation et ne pas céder à l’envie de ne faire qu’un avec son animal. Ce n’est que dans la reconnaissance de la différence que l’identité de chacun sera reconnue.

Les animaux de compagnie sont des animaux domestiques. La différence fondamentale entre les animaux de rente et les animaux de compagnie est la notion de territorialité. Les herbivores ne sont pas attachés à un territoire. Ils restent uniquement si la nourriture est suffisante sinon, ils se déplacent. Ces animaux tolèrent une grande concentration à l’intérieur de leur espace vital tant que la nourriture est suffisante.

Les carnivores comme l’homme sont des animaux territoriaux, ils ont besoin d’un territoire défini où les entrées sont contrôlées par un système de signaux et de marquage. Ce territoire se compose de plusieurs zones axées sur une zone centrale dont l’entrée n’est permise qu’aux individus « dominants ». On trouve ensuite une zone intermédiaire qui comprend les mâles autres que le dominant et enfin la zone plus éloignée qui contient les individus marginaux et les mâles adolescents.

Ces animaux territoriaux ne supporteront donc pas facilement la promiscuité avec d’autres congénères. Cette spécificité est fondamentale dans la mise en place d’une communication respectant la position de chacun. L’alimentation des carnivores est qualifiée d’alimentation « catholique », c’est-à-dire proche de la nôtre.

Les animaux de rente ne possèdent pas de contraintes fixes au niveau du comportement sexuel et du comportement maternel. Il n’existe pas chez ces animaux des liens de couple permanent. Alors que, chez les loups, on sait que le couple dominant dans une meute est un couple stable. De plus, on constate chez les chiens l’existence de préférences dans le choix de leur partenaire.

En ce qui concerne les liens mère-jeunes, ils sont très forts chez les carnivores. Il est très difficile de séparer une chienne de ses chiots non sevrés. Par contre, il est assez simple de séparer des porcelets d’une truie ou de lui en faire adopter. La cellule familiale des carnivores est assez similaire à celle des hommes avec un couple formé selon des préférences individuelles et une fibre maternelle développée, les similitudes, sans confondre l’homme et le chien, permettant d’établir un système de communication assez développé.

Les chiens ont une forte tendance à obéir à un animal dominant, ce qui permettra la coordination des activités dans la meute. Cela facilitera aussi l’intégration dans une famille lors de l’adoption d’un chien.

La domestication entraîne un développement plus précoce des glandes endocriniennes liées à la reproduction. Ainsi la maturité sexuelle apparaît entre 6 à 12 mois chez la chienne et aux environs de 2 ans chez la louve. De plus, les chiens présentent une capacité reproductrice plus importante : la chienne présente deux périodes de chaleurs par an tandis que la louve n’en présente qu’une.

Le comportement de prédation comprend plusieurs phases successives : l’approche, la capture, la mise à mort, la préparation et l’ingestion. Cette succession de séquences est incomplète chez les chiens. Chez les différentes races de chiens, on observe la suppression de certains éléments, par exemple la morsure mortelle est totalement inhibée. Par contre d’autres séquences du comportement de prédation sont intensifiées. Ainsi, le Border Collie ne présente que la première partie de la séquence prédatrice : observation, approche et poursuite. Quant aux retrievers, ils ne font que le rapport et on voit chez les chiens de sang la séquence de pistage s’intensifier.

Mais le trait principal qui distingue les animaux sauvages de leurs équivalents domestiques est la persistance de comportements infantiles. Ainsi, le respect du dominant et l’obéissance au chef sont présents chez le louveteau et chez le chien adulte alors que le loup adulte aura plus facilement tendance à remettre le pouvoir du dominant en cause. Ce phénomène est très important dans la relation qui s’établit entre l’homme et son chien et dans le système de communication qui va s’établir.

La domestication entraîne une dépendance à l’homme plus importante. Plus cette dépendance est forte, plus la capacité de dressage augmente. Il sera donc plus simple de dresser un chien d’agrément qu’un Malamute. L’étude de Zimen sur des loups d’Europe, des caniches et leurs hybrides montre que cette différence est liée au développement précoce d’une réaction de peur chez le loup qui empêche la socialisation secondaire du loup avec d’autres espèces. Cette réaction de peur n’est surmontée que si le loup est séparé de ses congénères et habitué à l’éleveur.

Chez le chien, ce comportement de peur face à d’autres espèces est plus tardif, seulement dans la deuxième partie de la période de socialisation. Dans tous les cas, même bien socialisé, un loup a beaucoup plus de risques qu’un chien d’être agressif envers l’homme. De plus les capacités à lier des relations sociales avec d’autres espèces sont plus importantes et persistent pendant une durée plus longue que chez les autres canidés.

Les principales évolutions et conséquences de la domestication du chien sont ces transformations comportementales et morphologiques, vecteurs de l’apparition de multiples races. Pour domestiquer le chien, l’homme a dû apprendre à maîtriser les techniques de son alimentation et de sa reproduction, à contrôler son environnement et son évolution. Il a ainsi développé de puissants moyens d’action sur le chien : en le nourrissant, il l’a dressé ; en le croisant ou en le sélectionnant, il l’a modifié ; en rassemblant des individus de même espèce mais de variété différente, en ignorant les barrières géographiques, morphologiques ou éthologiques, l’homme a accéléré le processus d’évolution naturelle et créé de nouvelles races.

Il a également « étudié » le comportement du chien, peut-être inconsciemment, il l’a observé, a appris à le connaître et donc établi un système de relation très spécifique, intégrant une connaissance parfaite du chien et de ses réactions. Le chien a par conséquent perdu ses capacités d’initiative et d’adaptation, ainsi que beaucoup des caractères fondamentaux à la survie et propres à ses ancêtres sauvages. Il a dû aussi modifier ses schémas comportementaux, et s’est rapproché de son maître. La communication avec l’homme s’est adaptée à sa nouvelle situation.

Le comportement alimentaire s’est également modifié : le loup, comme l’homme, tuait les proies ; le chien a perdu de la puissance face au gibier, et son comportement de prédation s’est altéré, avec en particulier la disparition de sa capacité à porter une morsure mortelle ; il est devenu omnivore comme son maître, et ses habitudes alimentaires devinrent étroitement liées à celles de l’homme. L’effet est un renforcement des aspects hiérarchiques autour des repas. Le chien s’adapta de mieux en mieux, devint plus docile, ce qui resserra le lien d’affection et de subordination qui l’unit à son maître. En particulier, une relation comme celle unissant le chiot à sa mère subsiste entre eux.

Cela se traduit par la persistance de comportements infantiles à l’âge adulte, avec pour conséquence :
- d’une part, une modification du comportement sexuel. La relation entre congénères est plus de proximité que de couple.
- d’autre part, une modification de l’aspect morphologique, avec la persistance de caractères « enfantins ».

L’homme a donc modelé le chien à son image, et le chien s’est adapté en modifiant son organisation hiérarchique et son comportement social autour de son nouveau maître. Leur relation s’est donc peu à peu transformée : en élevant le chien, l’homme a créé des liens proches de ceux qu’il entretient avec ses semblables, s’exprimant sous la forme de sentiments passionnés pour l’animal. De même les modifications d’aspect et de comportement ont-elles favorisé les réactions anthropomorphiques, entraînant l’assimilation du chien à un enfant, d’autant plus que l’homme favorisait l’élevage d’un tel type de chien.

Le chien s’est peu à peu intégré à la famille et a donc vu sa place et son statut évoluer : ainsi de commensal (partage de nourriture), le chien devint un animal familier et un animal de compagnie, pour finir par entrer dans un rapport d’intimité, de contact étroit avec l’homme. La domestication a permis un rapport très étroit entre l’homme et son chien mais ce lien, si fort soit il, ne doit pas abolir les différences et les spécificités de chacun.

La communication peut emprunter des chemins distincts mais menant au même lieu. La première étape de la communication avec son chien est l’éducation, dans le respect des capacités de chacun. L’éducation fait partie intégrante de la communication, ce n’est qu’en éduquant votre chien qu’il pourra vous comprendre.

 
Florence Desachy
  • Docteur vétérinaire comportementaliste, enseignante et directrice d'une collection d'ouvrages animaliers

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