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Race de chien :

Comment éviter d'être mordu par son chien ?

L'avis de l'éducateur Antonio Ruiz
Je crois que la chose la plus importante dans ce domaine a trait à mon métier. Pour éviter une morsure il faut un chien bien socialisé et bien éduqué. Bien socialisé signifie que, dès son plus jeune âge, on profite de toutes les occasions pour que le chiot (ou le chien adulte adopté) ait un maximum d’expériences (sans aller jusqu’à la lassitude ou l’abrutissement, attention !) et il est bien entendu que ces expériences doivent être positives.

Une expérience négative marquera plus durablement que dix expériences positives. D’où le ratio : quand on travaille avec son chien, au moins dix récompenses pour une sanction ! Sinon il y a déséquilibre. Cette sociabilité doit être mise en place et entretenue vis-à-vis des humains bien sûr, en prenant garde d’alterner entre les femmes, les hommes et les enfants (parfois plus difficiles à supporter par les chiens) mais aussi par rapport aux autres chiens et même à d’autres espèces comme les chats, les chevaux…

Par « généralisation », on entend que ces expériences doivent se dérouler dans des lieux divers et variés : village, jardin, forêt, ville, centres commerciaux… L’élément qui rend cette socialisation facile à mettre en place est bien évidemment l’éducation du chien qui permet d’en garder le contrôle quelles que soient les circonstances.

Apprendre au chien à ne pas tirer, à se fixer (« assis » ou « couché »), à revenir quand on l’appelle constitue autant de moyens de contrôle fiables qui seront utiles toute la vie. Ils garantissent la sécurité du chien et en permettant cette socialisation, ils garantissent la sécurité de tous ceux que le chien croisera.

Dans un premier temps, pour des chiens au caractère particulièrement affirmé, l’usage d’une laisse mais aussi d’une longe voire d’une muselière peut être conseillé. En gardant le chien sous contrôle et en l’empêchant de mordre quoi qu’il arrive, ces outils permettent de conduire le programme de socialisation en toute sécurité et donc en toute sérénité.

Paradoxalement, il n’est pas rare de voir des parents interdire à leur enfant de s’approcher d’un chien muselé parce qu’il est « méchant » mais le laisser toucher un chien inconnu par-derrière parce qu’il leur semble inoffensif.

Ces mêmes parents seront souvent outrés si vous osez leur faire remarquer que l’on ne fait pas cela sans demander l’accord du maître. La phrase revenant le plus étant alors « s’il est méchant, vous n’avez qu’à le museler ». Bêtise quand tu nous tiens, le bon sens et la logique s’en vont loin de nous !

Petite anecdote

J’ai durant des années travaillé avec mon rottweiler sur la région parisienne, en ville. Le plus souvent, mon rott était détaché et non muselé, comme les autres chiens, résultat : pas de réaction de la part des gens croisés. Si je mettais à mon chien une « chasuble » ou un sac à dos, des familles entières venaient en disant « regarde comme il est mignon ».

Et si je lui mettais un collier à pointes et sa muselière, j’étais sûr de voir le trottoir se vider au fur et à mesure de notre progression. Je vous laisse réfléchir là-dessus !

La peur du chien

Un grand nombre d’agressions sont à mettre sur le compte de la peur du chien. Nous avons vu comment on pouvait rendre son chien si ce n’est gaillard, du moins stable émotionnellement (ce que les spécialistes appellent homéostasie émotionnelle).

L’astuce consiste à associer ce qui fait peur à votre chien : les autres chiens, la rue, les gens… à quelque chose d’agréable : une friandise ou son jouet préféré.

Petite anecdote

Je travaillais un york sur Versailles et dans la rue il voulait « bouffer » tout le monde : homme, femme, enfants, cyclistes, joggers, accessoirement voiture et camion. Pas à chaque fois mais très souvent. En fait, ce chien était effrayé par ce qui l’entourait. Nous avons commencé par lui apprendre les rudiments d’obéissance puis nous lui avons proposé à chaque « démarrage » une friandise.

Après un quart d’heure de balade, le chien a vu venir un vélo et plutôt que de se mettre à aboyer dessus, il nous a regardés avec un air réellement interrogatif : « Euh, j’ai pas droit à une croquette là ? »

Bien sûr la réponse fut oui, croquette et papouille. Bingo ! Le chien avait associé un élément de sa peur à quelque chose de positif, donc plus besoin de l’agresser. L’autre grande idée en la matière est presque une lapalissade : si vous évitez de lui faire peur (ou de le placer en situation d’avoir peur), aucune conséquence fâcheuse ne sera à redouter.

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Florence Desachy
  • Docteur vétérinaire comportementaliste, enseignante et directrice d'une collection d'ouvrages animaliers

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