Le site des animaux de compagnie
  • Se connecter
  • Devenir membre
Race de chat :

Histoire extraordinaire de Noël : Emily, la chatte globe-trotter

chat globe trotter histoire noel barlerin

Laetitia Barlerin est vétérinaire et passionnée d’animaux. Chroniqueuse sur RMC, où elle relate des histoires insolites concernant les animaux, elle a eu l’idée de réunir ces nouvelles dans un livre.

« Histoires incroyables d’animaux pas comme les autres » vous fera découvrir les talents cachés des animaux du monde entier : chien héros, chien surdoué, miraculé ou encore gaffeur, tous sauront vous étonner !
A l'occasion des fêtes de Noël, Wamiz.com vous offre l’une des plus belles nouvelles du livre : Emily la globe-trotter.

 

L'histoire extraordinaire d'Emily la globe-trotter

Appleton, Wisconsin. Emily est une chatte tigrée. Elle partage depuis un an une petite maison avec Nick, un garçonnet de 9 ans, et ses parents, les McElhiney, à proximité de la Fox River, un fleuve qui va se jeter dans le lac Michigan, 70 km plus loin.

Pour Emily, les abords de cette « rivière du renard » sont un terrain de jeux idéal. La petite chatte ne se contente pas de parcourir les friches environnantes, elle s’aventure souvent sur les entrepôts de la Fox River Paper Co, une fabrique de pâte à papier qui occupe un territoire immense. Elle n’est pas la seule d’ailleurs et, en compagnie de quelques dizaines d’autres chats plus ou moins sauvages, ne se lasse pas d’en explorer le moindre recoin à la recherche de ses friandises préférées, les souris, qui pullulent dans le secteur.

Un jour, l’une d’elles vient narguer Emily en sautant d’une poubelle à quelques centimètres de ses moustaches. La petite chatte se lance alors à sa poursuite… jusque dans un énorme conteneur rempli de monstrueuses bobines de papier entre lesquelles la bestiole réussit à se faufiler. Impossible de la suivre, le passage est trop étroit mais Emily, qui sent bien que d’autres souris sont tapies là, tout au fond, a flairé l’aubaine. Poussées par la soif, les proies sortiront à un moment ou à un autre de leur cachette. Emily est patiente, et la seule issue de secours passe… entre ses griffes !

Ce dont elle ne se doute pas, c’est que ces grosses bobines sont en partance pour le bout du monde. Au petit matin, le conteneur est scellé, soulevé par une grue et déposé sur un wagon de chemin de fer. Emily n’a pu sortir à temps.

Dès le lendemain, sa prison est embarquée sur le City of Luxemburg, un cargo porte-conteneurs de 250 m de long à destination de l’Europe. Rotterdam, Bruxelles, puis enfin Pompey, une petite bourgade à une dizaine de kilomètres au nord de Nancy.

Le périple va durer 3 semaines… deux ou trois souris, compagnes de cellule d’Emily, ne sortiront pas vivantes de l’aventure, mais lui permettront d’en réchapper.

À Appleton, le soir de la disparition d’Emily, Nick n’a pas perdu de temps. Il a filé au refuge pour animaux, là où il a l’habitude de récupérer sa fugueuse de chatte. En vain. Emily n’est pas là. Les jours passent et l’inquiétude s’installe. Chaque jour, le garçon sillonne à vélo le quartier et les terrains vagues environnants. Chaque jour il pose des affiches avec la photo d’Emily sur tous les supports possibles, murs, poteaux, voitures… aucune nouvelle.

C’est en semaines, désormais, que Nick compte le temps qui s’écoule depuis la disparition. Une… deux… trois semaines. Le découragement commence à s’installer quand, un jour, le téléphone sonne. Au bout du fil, une voix féminine explique avec un fort accent français qu’elle est chargée de l’export dans la société Raflatac SA, fabricant d’étiquettes adhésives près de Nancy. Elle a une bonne et une mauvaise nouvelle à annoncer : Emily est vivante, amaigrie mais en bonne santé (cris de joie et soupirs de soulagement chez les McElhiney !). Le seul problème est qu’elle est en France, à plus de 7 000 km d’Appleton ! C’est en ouvrant l’un des conteneurs en provenance du Wisconsin que les employés de son entreprise ont découvert la chatte. « Elle s’est précipitée dans leurs bras », continue la jeune femme, « elle n’avait plus que la peau sur les os mais, visiblement, elle manquait aussi de câlins. Elle est restée sur leurs genoux jusqu’à ce qu’un vétérinaire la prenne en charge. Comme elle portait un collier avec son numéro d’identification et le numéro de téléphone de son vétérinaire aux États-Unis, nous avons pu l’appeler. C’est lui qui nous a donné votre numéro de téléphone… ».

Emily est retrouvée, mais l’aventure n’est pas terminée. Son rapatriement ne s’avère ni très rapide ni très simple à mettre en oeuvre. Il est impossible d’envoyer aux États-Unis un animal vivant sans de multiples formalités, même pour une star ! La presse, de part et d’autre de l’Atlantique, a fait ses choux gras des pérégrinations de la chatte globe-trotter. C’est maintenant une célébrité aux yeux du public. « De toute façon, si un rapatriement n’avait pas été possible, nous l’aurions adoptée », assurent les employés de Raflatac.

Mais tout va bien, Nick va donc récupérer Emily, même si sa patience est mise à rude épreuve. Ce n’est qu’après trente jours passés à la fourrière de Nancy qu’elle sera réellement libre de regagner Appleton. Le temps pour les responsables du refuge de la vacciner et de prendre contact avec les autorités américaines pour faire en sorte que l’animal soit accueilli sans souci dans son pays.

De leur côté, les McElhiney s’inquiètent du moyen de transport. Pas de bateau cette fois-ci, la chatte prendra l’avion mais peut-elle rentrer seule, en soute, ou doit-elle être accompagnée ? Et qui va payer le billet ? Les employés de Raflatac, eux, se déclarent prêts à se cotiser.

Une autre solution est rapidement trouvée : Continental Airlines offre un billet en Business First. « C’est une histoire si merveilleuse que nous voulions en être », explique le porte-parole de la compagnie aérienne qui s’offre une excellente publicité en prenant en charge le transfert.

Les vacances lorraines d’Emily touchent à leur fin. Elle s’est refait un poil brillant au chenil de Velaine-en-Haye. L’établissement, flatté d’avoir recueilli une vedette internationale, ne facturera pas son séjour, lui non plus. Quant aux employés de l’entreprise Raflatac, ce n’est pas sans un pincement au coeur qu’ils voient partir celle qui est devenue la mascotte de l’usine.

Contrairement au voyage aller, le retour est des plus confortables : en voiture jusqu’à l’aéroport de Roissy-Charles-de- Gaulle. Puis sur les genoux de George, un agent de la Continental rentrant de vacances et devenu son accompagnateur d’un jour sur le vol CO57 à destination de New York. Après une escale de quelques jours, Emily peut enfin s’envoler pour Milwaukee et reprendre une vie « normale ».

« Elle a l’air plus tranquille. Elle a mûri », commentent les parents de Nick en reprenant possession d’Emily devant les nombreux journalistes venus l’accueillir à l’aéroport.
Heureux qui, comme Emily, a fait un beau voyage…

L’avis du véto

Survivre à un jeûne – forcé – de 2 à 3 semaines, serait-il de l’ordre du miracle ? Selon les médecins, l’organisme humain peut très bien survivre à une diète d’environ 2 mois, avec toutefois des risques importants sur la santé – en particulier cardiaques – dès la troisième semaine. Deux conditions à cette survie : être en bonne santé au départ et surtout boire ! Car bien avant la dénutrition, c’est la déshydratation qui met rapidement en jeu la vie de l’individu. Les grévistes de la faim ne font pas la grève de l’eau et pour cause : leur organisme ne « tiendrait » pas longtemps !

De l’eau, de l’eau !

L’eau est l’essence de la vie. Emily, elle, n’est pas un chameau, la chatte Molly non plus : comment ces chattes ont-elles survécu, enfermées dans un conteneur ou derrière un mur sans une gamelle d’eau ou de lait à laper ? Une performance qu’elles doivent en partie à leurs origines. Savez-vous que votre matou qui se prélasse près du radiateur entre deux picorages de croquettes est originaire du désert ? En effet, le chat domestique descendrait du chat sauvage d’Afrique, ou chat ganté, qui vit aujourd’hui encore dans les déserts et savanes d’Afrique du Nord et d’Arabie ; et peut-être du chat sauvage du désert (ou chat orné), originaire d’Asie. Il aurait conservé de ses ancêtres la particularité de boire peu, de pouvoir concentrer ses urines et de ne quasiment pas suer. C’est pourquoi certains propriétaires ont l’impression que leur félin ne boit jamais. En fait, tout dépend de son type d’alimentation : s’il mange des boîtes, il se révélera être un piètre buveur mais s’il est amateur de croquettes, il ira s’abreuver par quelques lapées une vingtaine de fois par jour. Car dans la nature, le chat puise l’essentiel de l’eau dont il a besoin en consommant ses proies : un organisme de rongeur contient 65 % d’eau contre 5 % dans une croquette.

Je pense qu’Emily et Molly ont échappé à une déshydratation mortelle en ingérant les deux ou trois souris qui ont peut-être été enfermées avec elles et en léchant les quelques gouttes de condensation sur les parois de leur prison. Leurs reins se sont adaptés aux conditions extrêmes en palliant le manque d’apport d’eau par une économie d’eau filtrée d’où une très faible quantité d’urine. Et les deux chattes ont dû instinctivement diminuer leurs séances de toilettage, évitant ainsi une perte d’eau par la salive !

Se serrer la ceinture

Dans la nature, il n’est pas rare que des animaux passent des jours, voire des semaines, le ventre vide. En période de disette bien sûr, mais aussi si l’individu a dans sa vie d’autres priorités que de savoir de quoi sera fait son prochain repas : l’amour, la maladie, la lutte contre le froid, une migration, sont autant de raisons de jeûner. Par exemple, un morse amoureux qui défend jalousement son harem ne plonge plus dans l’eau pour se nourrir pendant plusieurs jours. Le manchot empereur peut rester sans s’alimenter sur la banquise plus de 100 jours, le temps de se reproduire et de couver son oeuf. Mais il peut « boire » de la neige. Un renard blessé ou malade ira se cacher le ventre vide dans sa tanière le temps d’aller mieux, s’abreuvant des gouttes de rosée à l’entrée de la galerie. Une hirondelle qui migre n’a pas beaucoup d’occasions de se nourrir pendant son voyage surtout lors du survol des montagnes, des mers et des déserts. Et n’oublions pas l’hibernation qui de facto est une période de jeûne courant sur plusieurs mois.

Comment l’organisme de ces animaux arrive à ne pas défaillir alors que le simple fait de sauter un repas provoque un malaise chez la majorité d’entre nous ? En fait le corps est comme une machine intelligente qui adapte son fonctionnement et ses dépenses en fonction des conditions. Ainsi, chez un mammifère comme le chat, l’adaptation au jeûne se fait en deux temps. Dans un premier temps, la machine répond au stress de la faim en carburant à haut régime : le but est de donner un maximum d’énergie à l’organisme, aux muscles, au cerveau, au coeur pour favoriser le comportement de chasse. L’énergie d’origine alimentaire faisant défaut, l’organisme va puiser dans son stock d’urgence : les réserves de glycogène, un précurseur du glucose, dans le foie. Le sucre est libéré dans le sang et permet de « ravitailler » les organes. Quand, au bout de 24 heures de jeûne, les réserves de glycogène sont épuisées, le corps commence à brûler ses graisses (lipolyse) pour obtenir de l’énergie et, comme il a aussi besoin d’acides aminés, il s’attaque aux protéines musculaires entraînant une fonte des muscles.

Les premiers jours, Emily et Molly sont naturellement dans un état d’excitation où elles cherchent un moyen de sortir de leur prison et en même temps de manger. Au bout de 7 jours, l’organisme entre dans une deuxième phase, celle des économies d’énergie pour limiter l’autodestruction : le corps, les métabolismes se mettent au ralenti. À ce moment, le chat entre dans un état qu’on pourrait qualifier de « pseudo-hibernation » : il bouge peu pour minimiser les dépenses musculaires, est souvent recroquevillé, somnole, miaule moins, son coeur bat lentement, sa respiration est probablement ralentie, sa température diminue, il n’urine plus depuis longtemps. Il se met en mode « pause » mais n’est pas dans le coma pour autant car il peut sortir facilement de sa torpeur. Comme Emily qui, à l’ouverture du conteneur, a sauté dans les bras de ses sauveteurs.

La chasse les a sauvées

Leur goût marqué pour la chasse a failli coûter la vie à Emily et Molly, les chattes prisonnières et paradoxalement il les a aussi sauvées ! Si elles ont pu tenir aussi longtemps sans manger c’est qu’elles devaient avoir un physique de sportive (il en faut pour chasser les souris !). Obèses, elles seraient mortes très vite, par défaillance du foie. Les vétérinaires connaissent bien ce syndrome appelé lipidose hépatique ou, plus parlant, « syndrome du foie gras ». Il apparaît lors d’anorexie prolongé chez les chats à tendance « bonbonne » : les graisses mobilisées dans leurs « poignées d’amour » se retrouvent dans le sang et, particularité des félins, s’accumulent anormalement dans le foie. Si elles sont en trop grande quantité, on obtient littéralement un « foie gras » de palmipède, autrement dit une « surcharge graisseuse » hépatique qui en contrarie son bon fonctionnement. Un chat à embonpoint qui ne se nourrit plus, quelle qu’en soit la cause, est pour nous, vétérinaires, une urgence : non traitée à temps la lipidose hépatique est mortelle dans neuf cas sur dix ! C’est pour cela qu’il faut toujours s’inquiéter d’un manque d’appétit soudain chez son chat car, même si la cause n’est pas grave (stress lié à un déménagement par exemple), les conséquences peuvent être fatales.

Pour en savoir plus

Y a-t-il de l’eau dans la bosse du chameau ?
Tout d’abord, prévenons toute confusion : le chameau a deux bosses, c’est le dromadaire qui n’en a qu’une. Une autre idée reçue est celle selon laquelle les bosses de ces camélidés seraient des stocks d’eau. En fait ce sont des réserves de graisse et donc d’énergie, destinées à les « nourrir » pendant les périodes de disette. Mais comment font-ils pour tenir plus de 10 jours sans boire dans le désert ? Ils ont une méthode infaillible et originale : ils stockent l’eau dans leurs globules rouges ! Ceux-ci peuvent très rapidement doubler de volume après abreuvement sans risque d’éclater. C’est pourquoi le chameau peut boire jusqu’à 135 litres en 10 minutes. Impressionnant !

Le mystère de l’hibernation
Des animaux comme le hérisson ou la marmotte ont trouvé une solution originale pour passer la saison froide : l’hibernation. C’est un état particulier où la vie est au ralenti et seules sont assurées les fonctions indispensables à la survie. L’animal est en léthargie et sa température corporelle chute jusqu’à atteindre les 5 °C voire moins. Le métabolisme, lui, diminue de 98 %, les dépenses énergétiques sont limitées au strict minimum. Pour prendre l’exemple de la marmotte, celle-ci diminue sa consommation d’oxygène en se mettant en apnée entre deux cycles respiratoires pendant 1 à 15 minutes. Son coeur ne bat que 4 fois par minute (contre 140 en activité). Un sommeil très profond et qui justifie le proverbe « dormir comme une marmotte »…

Pour acheter le livre de Laetitia Barlerin : Histoires incroyables d’animaux pas comme les autres

9 commentaire(s)

il y a 4 ans
bonne annee a tous les membres
Crotal34 a écrit:
il y a 4 ans
Histoire impressionnante et un peu émouvante;)le livre que Laetitia Barlerin a écrit doit être très bien
il y a 4 ans
tres bien votre page
Margaux a écrit:
il y a 4 ans
Très jolie histoire, heureusement que tout ce fini bien.
il y a 4 ans
toutes les histoires sont tres belles
Coco127 a écrit:
il y a 4 ans
tres belle histoire sa fait chaud au coeur
Westie a écrit:
il y a 4 ans
bravo , les chattes !
Un ancien utilisateur a écrit:
il y a 4 ans
C'est une histoire incroyable qui se termine bien. Si le livre raconte de telles autres histoires, il doit être intéressant.
Bacri a écrit:
il y a 4 ans
Quel périple, Le Chat photographe savait que les Refuges avaient du cœur en voilà une nouvelle preuve
Les amis du chat en on jamais douté ,cela va avec l'esprit de Noël qui pour eux dure toute l'année

http://cat-spirit.eu/
Pour rédiger votre propre commentaire, vous devez vous connecter ou vous inscrire
Sélectionner une Race de chat :
b Partager sur Facebook
Wamiz est gratuit grâce à la publicité, si vous aimez Wamiz merci de ne pas bloquer les pubs ;-)